AAH 2025 : corrigé des questions à réponse courte

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Proposition de corrigé — non officielle. Session 2025. Externe, interne et troisième concours — attaché d’administration hospitalière. Durée : 2 heures. Coefficient : 3.

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Les réponses expliquent les raisonnements et les calculs. Pour les compositions et les analyses, plusieurs réponses argumentées sont possibles ; cette proposition n’est pas validée par le jury.

1. Droits des usagers : contours, garanties et contreparties

À l’hôpital, l’usager est une personne titulaire de droits, et non seulement le destinataire d’une prestation. Le respect de sa dignité, de sa vie privée et du secret des informations le concernant s’impose aux professionnels. L’accès aux soins doit être assuré sans discrimination. L’information sur l’état de santé, les investigations, les traitements et leurs risques permet un consentement libre et éclairé ; la personne peut retirer son consentement. L’urgence et l’impossibilité d’exprimer sa volonté appellent les règles particulières prévues par le Code de la santé publique, et non une suppression générale des droits.

La personne peut accéder à son dossier médical, désigner une personne de confiance et exprimer des directives anticipées dans les conditions légales. Le libre choix trouve des limites dans les capacités techniques, l’organisation de l’établissement et les exigences de sécurité. La prise en charge de la douleur et l’accès aux soins palliatifs appartiennent également à ces droits.

Leur effectivité repose sur une information compréhensible, adaptée au handicap ou à la langue, la traçabilité du consentement, la confidentialité des échanges et l’organisation de voies de réclamation. La commission des usagers et les représentants des usagers contribuent à leur respect ; médiation, recours juridictionnel et dispositifs d’indemnisation répondent à des situations différentes.

Les contreparties sont le respect des autres patients, des personnels et du règlement intérieur, ainsi que la transmission des informations utiles à la prise en charge. Elles ne permettent ni de conditionner un soin urgent à une docilité attendue ni de supprimer le droit de refus. Un attaché doit traduire ces principes dans l’accueil, les procédures et les conditions matérielles de confidentialité.

2. Déconcentration et décentralisation

La déconcentration répartit les compétences à l’intérieur de la même personne morale, l’État. Des autorités territoriales exercent localement des attributions étatiques sous l’autorité hiérarchique compétente : le préfet en est l’exemple principal. La décision se rapproche du terrain sans transfert à une collectivité autonome.

La décentralisation confie des compétences à des personnes morales distinctes de l’État. Les communes, départements et régions disposent d’organes élus, de budgets et d’une autonomie encadrée par la loi. Le préfet exerce un contrôle de légalité, non une autorité hiérarchique sur leurs décisions. Un département mettant en œuvre l’aide sociale agit dans ce cadre.

Une décentralisation fonctionnelle existe également au profit d’établissements publics spécialisés. Il faut donc éviter de présenter l’hôpital public comme un simple service déconcentré du préfet : c’est un établissement public de santé doté de la personnalité morale et de l’autonomie administrative et financière. De même, une ARS est un établissement public de l’État, et non une collectivité territoriale. La distinction dépend de la personne morale et du régime de contrôle, pas seulement de l’implantation géographique.

3. Annualité budgétaire

L’annualité signifie que les prévisions et autorisations budgétaires portent sur un exercice, normalement du 1er janvier au 31 décembre, et doivent être renouvelées. Elle donne à l’autorité qui vote ou approuve le budget un rendez-vous régulier pour examiner les ressources, les charges et les résultats. Elle se distingue de l’unité, de l’universalité et de la spécialité budgétaires.

Dans un établissement public de santé, l’état des prévisions de recettes et de dépenses — EPRD — traduit annuellement l’activité attendue et ses conséquences financières. Le compte financier rend compte de l’exécution. L’annualité n’interdit pas les engagements durables : le plan global de financement pluriannuel inscrit les investissements et leur financement dans une trajectoire dépassant l’année.

Il convient aussi de distinguer l’engagement, le service fait et le paiement. Le rattachement des charges et produits à l’exercice vise à représenter la période à laquelle ils appartiennent ; un paiement ultérieur ne suffit pas à déplacer économiquement une charge. Les reports ou mécanismes pluriannuels obéissent à des règles propres : ils ne constituent pas une reconduction automatique de tout crédit inutilisé.

4. Panne majeure des blocs opératoires : premières actions

L’objectif immédiat est de sécuriser les patients et maintenir une réponse aux urgences. En qualité de référent administratif, je ne décide pas de l’interruption clinique d’une intervention : je facilite une décision coordonnée entre responsables médicaux, soignants, techniques et direction.

Je fais préciser la nature de la panne, son périmètre, les salles touchées, les opérations en cours et les moyens de secours disponibles. J’alerte immédiatement la direction ou l’administrateur de garde, le responsable du bloc, l’anesthésie, la chirurgie et les services techniques ou biomédicaux concernés. Les équipes soignantes évaluent et protègent les patients déjà pris en charge ; aucun équipement n’est remis en service sans vérification technique.

Sous l’autorité de la direction, une coordination de crise centralise les informations et tient une main courante : heure, fait établi, décision, responsable et prochaine échéance. Le dispositif de gestion des tensions et situations sanitaires exceptionnelles est mobilisé au niveau adapté ; le déclenchement du plan blanc relève du directeur, il n’est pas décidé isolément par l’attaché.

Les responsables médicaux hiérarchisent urgences, interventions différables et besoins de transfert. Je contribue à recenser les capacités internes et celles des établissements partenaires, à organiser transports, lits et ressources matérielles avec les interlocuteurs compétents, en lien avec le SAMU et l’ARS selon la situation. Les patients programmés reçoivent une information validée et une solution de reprogrammation ; leurs proches sont informés dans le respect de la confidentialité.

Enfin, je consolide une estimation technique de rétablissement sans promettre de délai incertain. Le retour à l’activité repose sur une validation technique et médicale, puis sur un suivi des reports et un retour d’expérience. L’administration coordonne et trace ; elle ne substitue pas une décision financière à l’évaluation du risque clinique.

Références

Code de la santé publique, articles L1110-2, L1110-4, L1111-2, L1111-4, L1111-7 et L6141-1 ; guide ministériel de préparation et de gestion des tensions hospitalières et situations sanitaires exceptionnelles, édition 2024. Les réponses se placent à la session 2025.