Adjoint administratif 2020 : corrigé du français sur le chef Raoni
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Proposition de corrigé — non officielle. Le sujet régional 2020 des centres de gestion des Hauts-de-France, commun aux concours externe, interne et troisième concours, utilise un entretien publié en 2019 avec le chef Raoni et son conseiller Megaron Txucarramae. Les réponses portent sur le texte fourni à l’épreuve et sur son contexte de 2019. Retrouver les annales d’adjoint administratif.
Question 1 — Compréhension de l’entretien
1.A — Le titre. Raoni affirme que la forêt amazonienne joue un rôle majeur dans la régulation du climat à l’échelle de la planète. Sa protection concerne donc les peuples qui y vivent et, au-delà, les habitants du monde entier. L’entretien relie la déforestation, les incendies et le dérèglement climatique.
1.B — Le résultat de la tournée avec Sting. La tournée de 1989 a recueilli des fonds et donné une forte visibilité internationale à la cause des Kayapos. Selon Raoni, elle a contribué à délimiter une réserve protégée d’environ trois millions d’hectares.
1.C — Les griefs envers le président brésilien. Raoni lui reproche de démanteler les protections de la forêt et des territoires autochtones, ainsi que de favoriser l’exploitation minière, le commerce du bois et l’extension des cultures de soja. Son conseiller Megaron Txucarramae ajoute que la réponse aux incendies traite les flammes sans agir sur les causes durables de la déforestation.
1.D — Les craintes des peuples autochtones. Ils redoutent la remise en cause des droits territoriaux reconnus par la Constitution brésilienne de 1988. L’examen des réserves déjà délimitées pourrait, selon les interlocuteurs de l’entretien, leur retirer la responsabilité de ces terres et permettre leur invasion ou leur exploitation.
1.E — La protection la plus efficace. Megaron Txucarramae estime que les peuples autochtones doivent pouvoir continuer à préserver la nature sur leurs territoires. Leur présence et leur capacité à protéger les réserves constituent, à ses yeux, une réponse durable à la destruction de la forêt.
1.F — Le besoin de soutien international. Les communautés demandent une aide pour défendre les réserves existantes, en créer d’autres et surveiller leurs limites. Elles sollicitent également des fonds qui leur parviennent effectivement et des changements dans les achats et les projets d’infrastructure des pays industrialisés, afin de réduire les activités qui alimentent la déforestation.
1.G — Les effets de l’occupation. L’entretien cite la prise de terres ancestrales, le déplacement de familles vers un parc protégé et la fragilisation des communautés. Raoni évoque aussi des changements dans les habitudes et les rituels, ainsi que l’abandon progressif de la langue et de certaines coutumes par les jeunes.
Question 2 — Vocabulaire
2.A — Définitions. Dans l’entretien, l’extractivisme désigne l’exploitation des ressources naturelles, en particulier l’activité minière et la coupe du bois mentionnées à proximité du mot. Une présence ancestrale remonte aux générations anciennes : elle existe depuis longtemps sur les terres concernées.
2.B — Synonymes. Les peuples autochtones sont les peuples originaires de ces territoires. Un monde hypnotisé par les incendies est fasciné ou captivé par les images au point de concentrer son attention sur elles.
Question 3 — Grammaire
3.A — Nature et fonction. Dans « les peuples autochtones », autochtones est un adjectif qualificatif, épithète du nom peuples. Dans « notre culture et nos coutumes auraient été préservées », préservées est le participe passé du verbe préserver. Il forme avec les auxiliaires le groupe verbal passif « auraient été préservées » : dans cette analyse verbale, le participe n’a pas de fonction autonome ; le groupe verbal constitue le prédicat de la proposition. Il s’accorde au féminin pluriel avec le sujet composé culture et coutumes. Une lecture adjectivale lui donnerait la fonction d’attribut du sujet, mais elle décrirait un état plutôt que l’action passive exprimée ici. Le guide de terminologie grammaticale de l’Éducation nationale distingue ces deux emplois du participe passé.
3.B — Formes verbales. N’avait pas envahi vient du verbe envahir, deuxième groupe ; la forme est au plus-que-parfait de l’indicatif, troisième personne du singulier. N’aurions pas vient du verbe avoir, troisième groupe ; elle est au présent du conditionnel, première personne du pluriel. Le plus-que-parfait exprime ici une hypothèse irréelle du passé, suivie d’une conséquence envisagée au conditionnel présent.
3.C — Propositions. La phrase en compte trois :
- « Nous avons peur » : proposition principale ;
- « qu’il change la Constitution de 1988 » : proposition subordonnée conjonctive complétive, complément du nom peur dans la construction « avoir peur que » ;
- « qui nous donne le droit à des territoires par notre seule présence ancestrale sur ces terres » : proposition subordonnée relative, complément de l’antécédent Constitution de 1988.
La relative rappelle les droits reconnus par la Constitution de 1988, déjà nommée ; la complétive précise ce que redoutent les interlocuteurs.
Question 4 — Orthographe
4.A — Trois corrections. Dans « il incite […] et soutien l’extractivisme », il faut écrire soutient, forme du verbe soutenir à la troisième personne du singulier. Dans « Ce sont ces mots », le possessif ses renvoie aux mots de Bolsonaro. Pour des infrastructures de transport ferroviaire, il faut écrire voies ferrées, et non voix ferrées. Utilisé est correctement orthographié et reste inchangé.