Adjoint administratif territorial 2024 : corrigé de français, harcèlement de rue

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Proposition de corrigé — non officielle. Adjoint administratif territorial principal de 2e classe, session 2024, français, sujet régional des Hauts-de-France commun aux concours externe, interne et troisième concours. Durée : 1 h 30. Coefficient : 3.

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Le texte fourni contient des erreurs historiques et un état du droit déjà dépassé en 2024. Les réponses ci-dessous distinguent donc ce que dit le document de ce qui était exact à la date de l’épreuve. Cette distinction est nécessaire pour travailler la compréhension sans apprendre une information fausse.

Compréhension

1. La source

Le texte provient du site du collectif Stop harcèlement de rue, indiqué à la fin du document. Il ne s’agit pas d’un texte rédigé par le législateur ou d’une publication du Journal officiel.

2. Définir le harcèlement de rue

Il s’agit de comportements imposés dans l’espace public ou semi-public, qui intimident, humilient ou menacent une personne, notamment en lien avec son genre ou une caractéristique personnelle. Ils peuvent être verbaux ou physiques. L’absence de consentement et l’atteinte à la liberté de la personne les distinguent d’une rencontre respectueuse.

3. La responsable politique citée

Le texte présente Marlène Schiappa, en 2017, comme favorable à une définition juridique spécifique, afin de reconnaître et sanctionner ces comportements.

Le passage précédent comporte une erreur : Pascale Boistard était secrétaire d’État chargée des droits des femmes dans le gouvernement de Manuel Valls, sous la présidence de François Hollande, comme le confirme le décret de composition du gouvernement du 26 août 2014. Elle n’exerçait donc pas cette fonction sous un « gouvernement Sarkozy » en 2014.

4. Le rôle de la loi

Selon le collectif, la reconnaissance pénale a une portée utile, mais la répression ne suffit pas à faire disparaître les comportements. La réponse attendue est donc non : la loi ne peut, à elle seule, stopper le phénomène.

5. L’infraction et la sanction

Le document présente la création de l’outrage sexiste et évoque une amende ainsi qu’un possible stage de sensibilisation. C’est la réponse de compréhension attendue à partir du texte.

Deux précisions évitent d’en faire une fiche juridique erronée. La loi qui a créé cette infraction est celle du 3 août 2018, et non du 8 août, comme l’atteste son texte officiel. En outre, depuis le 1er avril 2023, l’outrage non aggravé relève de la cinquième classe et l’outrage aggravé peut constituer un délit : la présentation en quatrième classe du document n’est donc plus l’état du droit en 2024. Voir le décret du 30 mars 2023.

6. Constater ou déposer plainte

D’après le texte, des gendarmes présents peuvent constater les faits et verbaliser dans le cadre de leurs compétences. En leur absence, la victime peut déposer plainte auprès d’un commissariat, d’une gendarmerie ou du procureur compétent. L’absence de constat immédiat n’interdit donc pas une démarche ultérieure.

7. Le bilan et un autre exemple

Le document juge le bilan peu concluant : le nombre annoncé de sanctions ne permet pas d’apprécier précisément leur origine ni leur adéquation à la gravité des faits. Une autre forme est le harcèlement scolaire, qui vise un élève par des comportements répétés de domination, d’humiliation ou d’agression. Il ne faut pas présenter le décompte ancien de l’article comme un bilan actuel.

Vocabulaire

1. Un synonyme d’« infraction »

Violation, au sens de violation d’une règle de droit.

« Délit » ne serait pas un synonyme exact dans ce passage, puisque le document décrit précisément une contravention : toutes les infractions ne sont pas des délits.

2. Un antonyme de « collectif »

Individuel.

3. Un environnement hostile

C’est un cadre dans lequel une personne subit des attitudes menaçantes, intimidantes ou dégradantes et ne se sent ni respectée ni en sécurité. Le mot « hostile » ne désigne pas ici une difficulté matérielle du lieu, mais les comportements qui y sont imposés.

Orthographe : la phrase corrigée

Le harcèlement de rue est un acte individuel ou collectif qui consiste à se comporter de manière dégradante vis-à-vis des femmes sans prendre en compte leurs sentiments réels. Il est puni par une loi qui lutte contre toute forme de violence sexiste faite aux femmes. Les harceleurs sont punis d’une amende substantielle.

Les accords et graphies à retrouver sont notamment : harcèlement, individuel, vis-à-vis, femmes, leurs, toute forme, violence sexiste faite, aux, substantielle. Dans la construction retenue, « toute forme de violence sexiste faite » est au singulier. La dernière proposition est conservée pour l’exercice d’orthographe, sans constituer une définition exhaustive de toutes les sanctions possibles.

Grammaire

5. La transposition au futur

L’enjeu majeur sera d’interpeller les pouvoirs publics sur cette violence ordinaire dans la rue et les transports. Les premières actions permettront des rencontres avec des élus.

« Était » devient « sera » et le passé composé « ont permis » devient le futur simple « permettront ». Le participe ne reste pas isolé après un auxiliaire au futur : « auront permis » serait un futur antérieur, exprimant une action achevée par rapport à un repère futur et ne correspondant pas à la transposition simple demandée.

6. Les noms communs et adjectifs

Noms communs : enjeu, pouvoirs, violence, rue.
Adjectifs : majeur, publics, ordinaire, déserte.

Les articles et déterminants « l’ », « les » et « cette » ne sont pas ajoutés aux noms. « Interpeller » est un infinitif : sa présence ne le transforme pas en nom commun. Chaque adjectif est rattaché à son nom : enjeu majeur, pouvoirs publics, violence ordinaire, rue déserte.

7. Phrases simples ou complexes

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Phrase, repérée par son débutClassementExplication
« Les agents n’ont pas le droit… »SimpleUne seule proposition construite autour du verbe conjugué « ont ». « Refuser » est un infinitif sans sujet propre.
« Il est aussi à craindre que… »ComplexeUne principale et une subordonnée introduite par « que ». La forme passive composée ne constitue pas plusieurs propositions.
« Notre point de vue… a toujours été que… »ComplexeUne proposition principale et une subordonnée contenant « suffira ».
« La loi votée crée donc… »Simple« Crée » est le seul noyau conjugué. « Votée » est un participe employé pour caractériser la loi.

Compter mécaniquement tous les mots qui ressemblent à des verbes conduirait à une erreur : un infinitif ou un participe isolé ne crée pas automatiquement une proposition supplémentaire.