Adjoint du patrimoine 2019 : questionnaire corrigé
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Proposition de corrigé — non officielle. Session 2019. Externe et troisième concours — principal de 2e classe. Durée : 1 heure. Coefficient : 2.
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Les réponses expliquent les raisonnements et les calculs. Pour les compositions et les analyses, plusieurs réponses argumentées sont possibles ; cette proposition n’est pas validée par le jury.
1. Accueillir des adolescents malentendants
a) Collections. Les goûts et l’âge guident le choix : bandes dessinées, mangas, romans, documentaires illustrés et films sous-titrés sont possibles. Des documents en langue des signes peuvent compléter l’offre si les adolescents la pratiquent. Une difficulté auditive ne signifie ni difficulté de lecture ni goût identique pour tous.
b) Dispositif technique. Une boucle à induction magnétique, fixe ou portable, facilite l’échange avec les personnes disposant d’un appareil auditif compatible et réglé correctement. Elle doit être signalée et son fonctionnement vérifié. Elle ne convient pas à toutes les situations : conserver un support écrit, un bon éclairage du visage et, selon le besoin, un interprète en langue des signes.
c) Animation proposée. Organiser un jeu de piste visuel en petits groupes : chaque équipe reçoit une carte illustrée, retrouve trois espaces et choisit un document à présenter par écrit, dessin ou signes. Les consignes sont montrées et reformulées sans parler dos au public. Un signal lumineux ou visuel annonce les étapes. L’animateur et l’accompagnateur vérifient la compréhension ; la visite finit par une mise en commun accessible à chacun.
2. Public empêché
Il s’agit de personnes qui ne peuvent accéder normalement à l’établissement en raison de leur situation physique, institutionnelle ou sociale. Une personne hospitalisée et une personne détenue en sont deux exemples. Le portage, des dépôts de documents ou des partenariats permettent de leur proposer un service. Cette notion ne désigne pas automatiquement toute personne qui ne fréquente pas la bibliothèque par choix.
3. Exposition sur l’histoire de la commune
Je précise avec le responsable le thème, la période, le public, le calendrier et le budget. Je repère les fonds disponibles auprès des archives, des associations et de la bibliothèque, puis je construis un parcours lisible : transformations d’un quartier, lieux de travail ou vie quotidienne, par exemple.
Un appel aux habitants sollicite photographies, objets et témoignages avec une fiche de contexte : auteur, date, lieu, histoire et droits connus. Des ateliers intergénérationnels peuvent comparer les souvenirs et identifier les vues anciennes. Chaque prêt fait l’objet d’un inventaire et de conditions de conservation et de restitution. Les témoignages sont croisés avec des sources datées ; un souvenir incertain est présenté comme tel.
La sélection doit représenter plusieurs expériences locales, pas seulement les contributeurs les plus disponibles. Les légendes restent courtes, sourcées et accessibles. Les autorisations de reproduction, de diffusion de témoignages et de données personnelles sont recueillies avant publication. Une rencontre de restitution valorise les habitants sans leur déléguer la validation scientifique de toute affirmation.
4. Dégradation dans un arboretum
a) Un arboretum est un espace présentant des collections d’arbres et souvent d’arbustes, à des fins de conservation, d’étude et de découverte.
b) J’interviens calmement, rappelle le règlement et demande l’arrêt du comportement sans me mettre en danger. Je préviens le responsable ou la sécurité, protège l’accès au massif si nécessaire et note les faits observés. Face à une menace, je me mets à distance et fais appeler les secours ou la police selon la situation. Je n’improvise ni sanction physique ni fouille. Un constat précis aide ensuite la hiérarchie à décider des suites.
5. Canicule et panne de climatisation aux archives
Je signale immédiatement la panne et fais relever la température et son évolution. Je propose de réduire l’exposition au soleil, de mobiliser une salle plus fraîche, d’adapter les horaires et de permettre l’accès à l’eau et à des pauses pour le public et les agents. Une ventilation n’est utile que si ses conditions d’emploi améliorent réellement la situation ; ouvrir en pleine chaleur peut l’aggraver.
La hiérarchie doit pouvoir décider d’une limitation de fréquentation, d’un transfert ou d’une fermeture temporaire si la sécurité ne peut être assurée. Le public reçoit une information claire sur les solutions de remplacement. Les équipes chargées des collections évaluent aussi les risques pour les documents : on ne déplace pas indistinctement les archives ni ne modifie brutalement leur ambiance de conservation. En cas de malaise, alerter les secours et appliquer le protocole de l’établissement.
6. Droit de retrait
Un agent qui a un motif raisonnable de penser que sa situation présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé alerte immédiatement l’autorité et peut se retirer de cette situation. Le retrait ne doit pas créer pour autrui un nouveau danger grave et imminent. Il ne nécessite pas une autorisation préalable, mais ne se confond ni avec une grève ni avec un droit de fermer collectivement un établissement pour tout désaccord.
Une menace violente et immédiate contre les agents, sans protection suffisante, peut justifier son examen dans une bibliothèque. Un simple mécontentement d’usager ne suffit pas automatiquement. Les circonstances concrètes doivent être établies. Référence : article 5-1 du décret du 10 juin 1985.
7. Sigles
- ISBN : International Standard Book Number, numéro international normalisé du livre.
- RGPD : règlement général sur la protection des données.
- EPCC : établissement public de coopération culturelle.
- DRAC : direction régionale des affaires culturelles.
8. Lieu estival, buvette, musique et photographies
Le projet requiert d’abord l’accord du gestionnaire et, selon le statut du patio, l’autorisation d’occupation et d’aménagement correspondante. L’accessibilité, les dégagements, la capacité d’accueil et la sécurité de l’établissement recevant du public doivent être vérifiés ; une autorisation de travaux peut être nécessaire.
La vente de cidre implique de vérifier le régime de débit de boissons et l’autorisation municipale éventuellement applicable à une buvette temporaire. La règle précise dépend de l’organisateur et du dispositif : on ne peut pas déduire une autorisation automatique du caractère estival. La diffusion de musique protégée exige les autorisations et droits correspondants, notamment auprès de la SACEM selon l’usage.
Pour publier dans le journal municipal des photographies d’enfants identifiables, recueillir une autorisation adaptée des titulaires de l’autorité parentale, précisant le support et l’usage, et respecter les règles de protection des données. Le simple fait d’entrer dans le patio ne vaut pas consentement à une publication.
9. Argumentaire de mécénat
Le musée peut proposer à l’entreprise de soutenir la conservation et la transmission d’un patrimoine local, d’associer ses salariés à une action culturelle et d’expliquer publiquement son engagement. Remerciements, mention discrète du mécène, visites ou invitations limitées peuvent constituer des contreparties, à condition de ne pas transformer le don en prestation publicitaire équivalente : le mécénat se distingue du parrainage commercial.
Un avantage fiscal peut être ouvert si l’organisme et le versement sont éligibles. À la session 2019, le taux de principe pour l’entreprise est de 60 %, sous plafonds et conditions ; le plafond alternatif de 10 000 euros concerne les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2019. Ne pas appliquer les seuils réformés ultérieurement. Une convention précise l’objet du soutien, les contreparties, leur valeur et la communication, tout en préservant l’indépendance du musée. Référence : article 238 bis, version issue de la réforme applicable aux exercices 2019.
10. Utilité des entretiens professionnels
L’entretien permet de faire le bilan des objectifs, des compétences et des difficultés, puis de convenir d’objectifs réalistes pour l’année suivante. Pour des agents de surveillance, on peut examiner l’accueil, la prévention, l’application des consignes et la coopération, sans réduire la qualité du travail au seul nombre d’incidents.
Il sert aussi à identifier les besoins de formation, les conditions de travail et les perspectives professionnelles. L’échange doit s’appuyer sur des faits et des critères connus, donner à l’agent la possibilité de s’exprimer et aboutir à un compte rendu selon la procédure applicable. Ce n’est ni une simple formalité administrative ni une sanction improvisée.