Corrigé agent commun C finances 2026 : sujet zéro sur l’économie du livre

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Cette proposition de correction non officielle traite l’ensemble du sujet zéro officiel d’entraînement, voie externe et interne. Elle s’appuie sur les données et les documents fournis dans cette épreuve.

Le sujet officiel comporte 24 pages. Retrouvez les autres épreuves dans le catalogue du concours.

Partie 1 — Questions sur le dossier

1. Ventes de livres et production de nouveautés en 2024

Le document 1 indique un chiffre d’affaires des éditeurs de 2 901,6 millions d’euros en 2024, contre 2 944,7 millions en 2023 : le recul est de 1,5 %. Les ventes passent de 439,7 à 426 millions d’exemplaires, soit une baisse plus forte, de 3,1 %. Le nombre de livres vendus descend même sous les 435 millions observés en 2019. La littérature au sens large résiste mieux que les autres segments, mais elle n’inverse pas la tendance d’ensemble.

Les éditeurs ont réduit les nouveautés à 36 232 titres, contre 44 660 au sommet de 2019. La baisse d’environ 19 % limite les coûts, les retours et le risque d’invendus dans un marché plus tendu. La diminution des achats de papier confirme cette prudence, sans permettre à elle seule d’attribuer toute la baisse à l’année 2024 : le document compare ici 2023 à 2013. Une réponse solide distingue donc les ventes en valeur, les ventes en exemplaires et la production de titres nouveaux.

2. Apports et risques de l’intelligence artificielle générative

Les documents 8 et 9 décrivent des usages d’assistance : correction de textes, analyse, préparation éditoriale et création de voix de synthèse pour les livres audio. Ces outils peuvent accélérer certaines tâches et réduire des coûts. Ils peuvent aussi ouvrir la publication à des personnes qui n’empruntent pas la voie d’un éditeur traditionnel.

Leur emploi soulève trois difficultés. D’abord, les auteurs contestent l’utilisation de leurs œuvres pour entraîner des modèles sans autorisation ; le dossier présente cette contestation, sans établir qu’une décision de justice a tranché tous les litiges. Ensuite, l’automatisation peut fragiliser le travail des écrivains, narrateurs et professionnels de la correction. Enfin, la production massive de textes peu contrôlés rend les titres plus difficiles à distinguer pour le lecteur et accroît le problème de visibilité déjà rencontré dans l’autoédition. Le document 8 précise qu’une publication autoéditée imprimée se vend en moyenne à 22 exemplaires dans l’étude citée : une forte part de revenu par vente ne garantit donc pas un revenu total élevé.

3. Pratiques d’achat et de lecture, et défis pour l’édition

Proposition de réponse (15 lignes au maximum). En 2025, 63 % des personnes interrogées déclarent avoir lu au moins cinq livres dans l’année, six points de moins qu’en 2023. La lecture sur papier recule, tandis que les formats numériques et audio progressent. L’occasion gagne du terrain : parmi les 897 lecteurs interrogés, 39 % ont acheté des livres d’occasion au cours des douze derniers mois. Le prix motive souvent ces achats ; les données de 2022 lui attribuent déjà 20 % des exemplaires vendus. La filière doit donc financer la création et préserver des librairies diversifiées alors que les ventes de neuf fléchissent. Les plateformes, les usages numériques et l’autoédition accentuent la concurrence pour l’attention du lecteur et la visibilité des ouvrages.

Pour comprendre les chiffres. Les 39 % du baromètre 2025 concernent les lecteurs interrogés, non l’ensemble des 1 001 personnes de l’échantillon ; le rapport précise une base de 897 lecteurs. En 2022, le document 6 mesure un autre périmètre : neuf millions d’acheteurs d’occasion, 80 millions d’exemplaires et 20 % du marché en volume. On ne peut donc pas traiter les deux pourcentages comme une seule série chronologique. Le document 2 décrit, dans son panel de librairies en 2025, un léger gain du chiffre d’affaires mais un recul des volumes et des difficultés particulières pour les petites structures. Le document 7 indique aussi que 27 % des lecteurs déclarent faire autre chose pendant leur lecture ; ce fait éclaire la concurrence des activités en ligne, sans la chiffrer à lui seul pour tout le secteur.

4. Présentation structurée de l’industrie du livre

Introduction. La filière du livre unit création culturelle et activité commerciale. En 2024, les éditeurs ont vendu moins d’exemplaires et réalisé un chiffre d’affaires en léger recul. Son fonctionnement repose sur une chaîne de métiers et sur une réglementation des prix, tandis que les usages d’achat et de lecture évoluent. Comment préserver la diversité de l’offre et le réseau de vente dans ce contexte ?

I. Une chaîne de métiers soutenue par le prix unique et des segments actifs. L’auteur crée l’œuvre ; l’éditeur la sélectionne, l’accompagne et organise sa fabrication. Diffuseurs, distributeurs et points de vente la font parvenir au public. La répartition indicative du prix figurant au document 4 de 2008 donne 37 % au point de vente, 20 % à l’impression et au façonnage, 12 % à la distribution, 8 % à la diffusion, 8 % à l’édition, 8 % à l’auteur et 7 % aux relations presse et à la publicité. Ces parts varient selon les ouvrages : elles ne sont pas un tarif imposé à chaque livre.

La loi du 10 août 1981 charge l’éditeur ou l’importateur de fixer le prix public du livre neuf. Le détaillant peut en principe pratiquer une remise limitée à 5 %. Ce cadre évite que la seule puissance d’achat des grands vendeurs fixe les prix, et aide à maintenir un réseau de librairies et une offre variée. Le document 5 rappelle aussi les adaptations au commerce en ligne : depuis octobre 2023, les frais d’envoi d’une commande de livres neufs inférieure à 35 € sont d’au moins 3 € ; au-delà, la livraison ne peut être entièrement gratuite. Le prix du livre numérique est également encadré.

La filière n’est pas uniformément en recul. Le document 1 fait de la littérature au sens large l’exception à la baisse du chiffre d’affaires éditorial en 2024. Le panel de librairies du document 2 relève pour la littérature une hausse de 4,3 % en 2025, tout en soulignant la dépendance à quelques grands succès. Le document 3 décrit un marché jeunesse important, évalué à environ 780 millions d’euros en 2025. Il faut conserver les périmètres et dates de ces sources : le document 2 constate, pour son propre panel, un recul de 1,2 % de la jeunesse et de 7,7 % du manga en 2025. Le potentiel de long terme du segment jeunesse ne signifie donc pas que toutes ses ventes progressent cette année-là.

II. Des usages et des techniques qui déplacent l’équilibre. Le livre d’occasion répond à la recherche d’un prix moindre. L’étude de 2022 du document 6 lui attribue un cinquième des exemplaires achetés, mais seulement 9 % de la valeur du marché : le poids en volume et le poids en euros ne se confondent pas. Les plateformes numériques facilitent ces échanges, tandis que la distinction visible entre neuf et occasion devient essentielle. La vente à distance suscite aussi des débats sur les frais de livraison et les points de retrait. Le dossier présente ces controverses sans autoriser à conclure que toute pratique évoquée est illégale.

L’offre très abondante pèse sur les libraires, les auteurs et les ressources matérielles. La réduction de 19 % des nouveautés entre 2019 et 2024 indique une adaptation, mais ne règle pas à elle seule les retours, la mise au pilon et la fragilité des titres de faible diffusion. Le document 1 indique que les achats de papier des éditeurs ont diminué de 15 % entre 2013 et 2023 et que la part de papier non certifié est passée de 12 % à 1 %. Ces données décrivent une évolution mesurée, sans prouver que tous les ouvrages ont le même impact environnemental.

Enfin, l’autoédition et l’IA élargissent les moyens de produire un livre. L’autoédition représentait un quart des dépôts de livres cités dans le document 8, mais son chiffre d’affaires global n’y est pas connu. Elle donne davantage de contrôle à l’auteur, qui doit aussi financer ou assurer la fabrication, la correction et la promotion. L’IA peut assister ces tâches ; les questions de rémunération des œuvres utilisées pour l’entraînement, de qualité des textes et d’emploi appellent des réponses des professionnels et du droit.

Conclusion. Le prix unique, la diversité des métiers et la place des librairies donnent au livre français une structure solide. Le recul des ventes neuves en exemplaires, la progression de l’occasion et les nouvelles formes de production obligent néanmoins chaque acteur à adapter sa place dans la chaîne sans confondre vitesse de publication et valeur d’un ouvrage.

Partie 2 — Projet de support visuel pour les libraires

L’économie du livre en France : quatre repères (données 2022 à 2025)

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MarchéPrix d’un livre neuf : exemple indicatifJeunesse et littératureDéfis et règles
2024 : 426 millions d’exemplaires vendus par les éditeurs, soit −3,1 % sur un an. Chiffre d’affaires : 2,90 Md€, soit −1,5 % (document 1).Sur 100 € de prix public : 37 € au point de vente, 20 € à l’impression et au façonnage, 12 € à la distribution, 8 € à la diffusion, 8 € à l’édition, 8 € à l’auteur, 7 € aux relations presse et à la publicité. Répartition indicative du document 4 de 2008.La littérature est le seul grand rayon en hausse dans le panel de librairies en 2025 : +4,3 %. Le document 3 évalue la jeunesse à environ 780 M€ en 2025 ; le panel du document 2 mesure pourtant −1,2 % pour ce rayon cette année-là.Prix unique du livre neuf : remise en principe plafonnée à 5 %. Livraison : au moins 3 € de frais pour une commande de livres neufs de moins de 35 €. Occasion : 20 % des exemplaires achetés en 2022, selon le document 6.
36 232 nouveautés en 2024, soit environ −19 % par rapport à 2019 (document 1).La part de chaque métier change selon le format et les contrats ; ce schéma explique la chaîne du livre, pas la marge d’un libraire particulier.Le manga reste important pour le jeune public, mais les ventes du rayon manga du panel de librairies reculent de 7,7 % en 2025 (document 2).La seconde main, la visibilité des titres, l’autoédition et les contenus générés par IA modifient la concurrence. 76 % des acheteurs d’occasion de l’étude 2022 citent les économies (document 6).