Corrigé — Agent de maîtrise 2025 : cas pratique bâtiment, TP et VRD
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Proposition de corrigé — non officielle. Session 2025. Externe, interne et troisième concours — bâtiment, travaux publics, voirie et réseaux divers. Durée : 2 heures ; coefficient 3.
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Le sujet place le candidat à la tête d’une équipe d’Auraville : branchement d’assainissement, terrassement puis remplacement de tuiles. Les calculs ci-dessous utilisent les données et plans du dossier. Les réponses réglementaires se placent à la date de l’épreuve, le 23 janvier 2025.
Question 1 — Branchement d’assainissement
a) Préparer les travaux à proximité des réseaux
Le responsable du projet réalise la déclaration de projet de travaux (DT) et l’exécutant la déclaration d’intention de commencement de travaux (DICT) auprès des exploitants concernés, après consultation du guichet unique. La commune pouvant cumuler ces deux rôles, une DT-DICT conjointe est possible dans les conditions prévues.
J’examine les réponses, les plans et leurs incertitudes ; je fais réaliser les investigations et le marquage-piquetage nécessaires avant de creuser. J’adapte les méthodes à la proximité des réseaux et présente les consignes à l’équipe. Un réseau découvert ou une situation différente des plans impose l’arrêt et le signalement selon la procédure, plutôt qu’une poursuite à l’aveugle.
b) AIPR et équipe
AIPR : autorisation d’intervention à proximité des réseaux, délivrée par l’employeur sur justificatif des compétences. Pour le chantier, il faut notamment un encadrant compétent et les opérateurs concernés, dont les conducteurs des engins visés par la réglementation. Pour un justificatif fondé sur l’examen QCM, la durée de validité ne dépasse pas cinq ans.
Il faut vérifier le rôle réel de chacun : l’AIPR ne se déduit ni du grade d’agent de maîtrise ni d’un simple permis de conduire. Elle ne doit pas non plus être présentée comme identiquement obligatoire pour tout agent manuel, sans examen de ses fonctions et des travaux. L’INRS distingue AIPR et autorisation de conduite.
c) Intervention sur la chaussée
Obtenir l’arrêté temporaire de circulation, signé pour cette voie communale par le maire, sous réserve d’un transfert de compétence applicable, pour réglementer la circulation et le stationnement. Prévoir la signalisation, les cheminements protégés et les accès de secours. Selon le statut de la voie et l’intervention, les autorisations de voirie doivent aussi être vérifiées : elles ne se confondent pas avec l’arrêté de circulation.
d) Sécuriser la tranchée
La fouille mesure 1,40 m de profondeur et 0,80 m de largeur. Elle dépasse 1,30 m et sa largeur est inférieure aux deux tiers de sa profondeur : 2 × 1,40/3 ≈ 0,93 m. Si les parois sont verticales ou sensiblement verticales, elle doit donc être blindée, étrésillonnée ou étayée avant toute descente.
Le blindage maintient les parois par des panneaux ou caissons soutenus et contreventés, notamment par des étrésillons : il reprend les poussées des terres et empêche leur effondrement sur les agents. Il est mis en place à l’avancement avec une méthode qui ne nécessite pas d’entrer préalablement dans une fouille non protégée.
Le dispositif, l’accès, la tenue des bords et l’éloignement des déblais et engins sont à organiser en fonction du terrain et des charges. Élargir sommairement la fouille ne dispense pas d’évaluer sa stabilité. Voir le rappel de l’OPPBTP sur les fouilles en tranchées.
e) Autorisation de conduite
Pour le conducteur de l’engin, l’employeur délivre une autorisation de conduite après formation adéquate et vérification de trois conditions : aptitude médicale requise à la date de l’épreuve ; connaissances et savoir-faire pour conduire en sécurité ; connaissance des lieux et instructions du chantier. Un CACES peut attester les compétences, mais n’est pas à lui seul l’autorisation de conduite.
Le suivi médical a évolué au 1er octobre 2025. Il faut donc distinguer la réponse attendue en janvier 2025 des règles médicales appliquées depuis cette réforme.
f) Sable d’enrobage et remblai
Le détail de l’annexe 1 prévoit un lit de sable de 10 cm, la canalisation, puis 5 cm de sable au-dessus. Pour le calcul d’exercice, on assimile le diamètre extérieur à 0,20 m : le DN est un diamètre nominal ; en chantier, on reprendrait le diamètre extérieur réel du fabricant.
Hauteur de l’enveloppe : 0,10 + 0,20 + 0,05 = 0,35 m.
- Volume brut de l’enveloppe : 15 × 0,80 × 0,35 = 4,20 m³.
- Volume occupé par le tuyau : π × 0,10² × 15 ≈ 0,471 m³.
- Sable à prévoir géométriquement : 4,20 − 0,471 ≈ 3,73 m³.
- Remblai au-dessus : 15 × 0,80 × (1,40 − 0,35) = 12,60 m³.
Ces volumes sont sans marge de commande ni coefficient de compactage non fourni. Le « H mini » du dessin est une couverture mesurée au-dessus de la canalisation : il ne faut pas le confondre avec les 1,40 m de profondeur totale donnés par la question.
g) Grillage avertisseur
Le réseau d’assainissement est signalé par un grillage marron, posé à 20 cm au-dessus de la génératrice supérieure de la canalisation, conformément à la cote de l’annexe 1. Il est déroulé de façon continue au-dessus du réseau. Le grillage complète la protection et le repérage ; il ne remplace pas les déclarations ni les plans de récolement.
h) Endommagement de la canalisation par un tiers
Si un tiers endommage la canalisation pendant des travaux, la non-conformité du dispositif avertisseur peut engager la responsabilité de la collectivité propriétaire du réseau et conduire à lui faire supporter tout ou partie des réparations et conséquences du dommage. Le tiers pourrait invoquer ce défaut pour contester sa propre responsabilité.
Il faut toutefois examiner son rôle réel dans la casse, les déclarations et plans disponibles, les méthodes employées et les fautes éventuelles de chacun. Le défaut d’avertisseur n’efface pas automatiquement toutes les obligations de l’exécutant et ne suffit pas à attribuer la totalité du dommage à la commune.
i) Agent présentant des signes d’ivresse
J’arrête immédiatement les tâches à risque et empêche l’accès à l’engin, sans laisser l’agent seul ni le laisser conduire pour rentrer. Je le place en sécurité, préviens la hiérarchie et sollicite une aide médicale selon les signes, notamment le 15 en cas de doute ou de malaise. Une démarche instable peut avoir une autre cause médicale que l’alcool : je décris les faits observés sans poser de diagnostic.
J’organise la prise en charge selon le protocole de la collectivité et assure la continuité du chantier avec une équipe apte. Ensuite : entretien à froid, relais RH et médecine préventive, analyse du risque et rappel des règles applicables. La prévention et le suivi ne se réduisent pas à une menace de sanction.
Question 2 — Plate-forme et transport des déblais
a) et b) NGF et intervenant
NGF : nivellement général de la France, référence des altitudes. L’intervenant est un géomètre-topographe, qui effectue les mesures et implantations nécessaires. L’altitude NGF n’est pas simplement la hauteur au-dessus du terrain voisin.
c) Hauteur du terrassement
Entre les points cotés 517,00 m et 515,00 m, la différence est 2,00 m.
d) et e) Talus et emprise
Une pente courante de 3 horizontal pour 2 vertical, soit 3H/2V, donnerait, sur 2 m de hauteur, 3 m de recul horizontal. C’est une hypothèse de calcul à annoncer, pas une garantie de stabilité pour tous les terrains : eau, nature des sols, surcharges et voisinage peuvent imposer une autre pente ou un soutènement.
Le plan joint porte une pente de 1/1 : si l’on applique ce dessin plutôt que l’hypothèse 3H/2V, le recul est alors 2 m. La copie doit rendre cohérents la pente choisie et le décalage calculé ; mélanger 3H/2V et 2 m de recul serait une erreur.
f) Pente de 1/1
Un mètre vertical pour un mètre horizontal : 100 %, soit un angle de 45° avec l’horizontale. Un pourcentage se calcule par dénivelé ÷ distance horizontale × 100.
g) Foisonnement
Après excavation, les terres occupent généralement un volume plus grand qu’en place : c’est le foisonnement. Il faut l’intégrer aux volumes transportés, sans l’appliquer une seconde fois à une donnée déjà foisonnée.
h) Nombre de rotations
650 m³ en place × 1,25 = 812,5 m³ foisonnés. Avec une benne de 9 m³ : 812,5 ÷ 9 ≈ 90,28, soit 91 rotations, la dernière partiellement chargée.
i) Masse de terre par benne
9 m³ × 1 800 kg/m³ = 16 200 kg, soit 16,2 tonnes.
j) Vérifier le poids du camion
La plaque indique un poids à vide de 15,390 t et un PTAC de 32 t. Avec 16,2 t de terre et un conducteur de 0,080 t :
15,390 + 16,200 + 0,080 = 31,670 t.
Le total reste sous 32 t, avec 0,330 t de marge, dans les hypothèses du sujet et sans autre chargement. Le PTRA de 44 t concerne un ensemble routier ; il n’autorise pas le camion seul à dépasser son PTAC. Les charges par essieu restent également à respecter.
k) Vérifier le support
Un essai de portance à la plaque, réalisé et interprété par un laboratoire géotechnique, permet d’apprécier la déformabilité de la plate-forme. On mesure les tassements sous chargement et l’on détermine notamment un module de portance.
Le sujet parle de « compacité minimale de 0,1 MPa » : cette formulation est imprécise, car la compacité n’est pas une pression en MPa. Il faut faire préciser le critère de réception et la méthode avant de déclarer le support conforme. Un essai de plaque et une mesure de densité rapportée au Proctor ne donnent pas le même indicateur.
Question 3 — Remplacement des tuiles et intervention en toiture
a), b) et c) Les dossiers
- DIUO : dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage, constitué par le coordonnateur SPS, avec les éléments utiles pour organiser les interventions futures en sécurité.
- DCE : dossier de consultation des entreprises, pour définir les travaux et permettre les offres.
- DOE : dossier des ouvrages exécutés, décrivant ce qui a été effectivement réalisé, avec plans de récolement et notices utiles à l’exploitation.
d) Ligne de vie
Dispositif d’ancrage flexible ou rigide auquel se raccorde un système individuel de protection contre les chutes, compatible avec son usage. Sa présence ne supprime ni le risque de chute ni le besoin de formation et de vérification. La protection collective reste prioritaire lorsqu’elle est possible.
e) Équipement et organisation
Le système comporte un harnais antichute, une liaison adaptée avec dispositif antichute ou absorbeur selon la configuration, des connecteurs et un ancrage compatibles et vérifiés. Il faut aussi contrôler le tirant d’air, le risque de chute pendulaire, les accès, la météo et la possibilité de secours rapide. On n’improvise pas l’accrochage à une cheminée et on n’organise pas une intervention isolée sans secours possible.
f) Plan de prévention
Il organise la prévention des risques liés à la coactivité, après inspection commune avec l’entreprise extérieure et analyse des interférences. Il précise travaux, zones, accès, responsabilités et consignes. Son régime doit être vérifié selon l’opération ; ce n’est pas un autre nom pour le PGC ou le PPSPS d’un chantier soumis à coordination SPS.
g) Protéger les personnes au sol
Fermer et baliser la zone exposée aux chutes de tuiles ou d’outils, dévier le public vers un passage sûr et prévoir les protections collectives adaptées. Interdire le passage et le stockage sous la zone de travail ; ne pas se contenter d’un panneau pendant que les usagers continuent à circuler dessous.
h) Retrouver la référence des tuiles
Consulter le DOE, notamment la fiche technique du produit effectivement posé, pour retrouver la référence, le fabricant et les caractéristiques permettant la commande. Le DIUO joint mentionne « CF DCE » pour les documents et plans ; ce renvoi ne garantit pas que le produit prévu au stade de la consultation est exactement celui qui a été exécuté. En cas de doute, vérifier la référence sur place et auprès du fournisseur avant commande.
i) Manutention des tuiles
Une palette de 50 tuiles de 2,8 kg représente 140 kg de tuiles, hors palette : aucun port manuel de l’ensemble. Prévoir un moyen mécanique adapté pour approcher et élever les matériaux, stabiliser leur stockage et limiter les quantités manutentionnées à la main.
Charge maximale demandée. Le repère réglementaire est 55 kg pour le port habituel sans reconnaissance médicale spécifique d’aptitude au-delà de ce poids. Au-delà de 55 kg, le port habituel n’est admis qu’après reconnaissance d’aptitude par le médecin du travail, sans dépasser 105 kg. Ce plafond ne constitue pas une charge recommandée : la prévention peut imposer une limite bien inférieure selon la répétition, la posture et le parcours. Il ne justifie jamais le port de la palette de 140 kg.
Succession des gestes pour un petit lot de tuiles : vérifier sa masse et dégager le parcours ; se rapprocher, placer les pieds de façon stable, fléchir les jambes en conservant les courbures naturelles du dos ; assurer une prise des deux mains ; se relever progressivement par l’action des jambes, charge près du corps, sans à-coup ; marcher sans masquer sa vue et tourner en déplaçant les pieds ; à la dépose, se rapprocher du support, fléchir les jambes, poser sans coincer les doigts puis relâcher la prise. Fractionner la charge et demander une aide lorsque la situation l’exige.
EPI : gants de manutention adaptés aux arêtes des tuiles et chaussures de sécurité adaptées au risque de chute d’objets et au sol. Les vêtements ne doivent pas gêner les mouvements ; les protections supplémentaires dépendent du poste. Ces EPI ne rendent pas acceptable un port excessif.
Document de prévention : transcrire l’évaluation des risques dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et formaliser les mesures associées dans le programme ou plan d’actions applicable, avec leur suivi. Voir l’aide-mémoire de l’INRS sur la manutention manuelle.