Assistant de conservation 2025 : corrigé archives

Proposition de corrigé — non officielle. Session 2025. Externe — archives. Durée : 3 heures. Coefficient : 3.

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Les réponses suivent les questions du PDF ci-dessus. Comparez votre raisonnement et vos calculs aux explications ; les réserves signalées font partie de la réponse proposée.

1. Numériser les collections — 8 points

La numérisation produit une représentation numérique d’un document matériel. Elle facilite la consultation à distance, limite certaines manipulations et permet de nouvelles recherches. Elle ne remplace ni la conservation des originaux ni l’archivage pérenne des fichiers : un disque dur seul ne constitue pas une politique de conservation.

Un projet commence par des objectifs et un périmètre. On peut privilégier un fonds très consulté ou fragile, à condition d’en connaître le classement, l’état matériel et les droits. La communicabilité d’une archive et la possibilité de la diffuser librement sur Internet sont deux questions différentes ; données personnelles et droits de tiers doivent être examinés.

Le chantier comprend préparation et éventuelle restauration, choix des caractéristiques de capture, nommage, métadonnées, suivi des lots et contrôle des images. Un exemplaire de conservation et des fichiers de diffusion répondent à des usages différents. Les liens entre image, cote et instrument de recherche doivent être conservés. Une reconnaissance de caractères facilite la recherche mais ses erreurs ne doivent pas être présentées comme la transcription certaine de l’original.

Enfin, il faut prévoir stockage redondant, contrôle d’intégrité, sauvegardes testées, migrations et budget de maintenance. Une interface de consultation accessible, des descriptions compréhensibles et des actions de médiation rendent le fonds utilisable. La réussite se mesure à la qualité de la restitution et aux usages, plutôt qu’au seul nombre de vues mises en ligne.

2. Fuite d’eau dans un magasin — 4 points

La priorité est la sécurité des personnes : interdire l’accès à une zone dangereuse, alerter les responsables et faire traiter l’origine de la fuite par les personnes compétentes, notamment en présence d’électricité. On déclenche le plan de sauvegarde ou la procédure d’urgence du service et on documente les zones touchées.

Après sécurisation, les documents menacés sont mis à l’abri selon les priorités définies, en gardant cotes et ordre des ensembles. Il faut distinguer documents humides, mouillés et contaminés, prévoir un espace de traitement et mobiliser les professionnels de conservation. Séchage ou congélation éventuelle dépendent des matériaux et du volume : aucune technique improvisée au sèche-cheveux, aucun empilement de feuilles détrempées. Le suivi de l’humidité et des moisissures se poursuit après l’arrêt de la fuite. L’incident donne lieu à un bilan et à une correction des causes.

3. Débuter une généalogie — 4 points

Partir de soi et des informations certaines : actes familiaux, livrets, noms, dates et communes. On remonte progressivement, génération par génération, en vérifiant chaque lien avec un acte. Les tables décennales orientent vers les registres d’état civil ; les registres paroissiaux prennent le relais pour les périodes antérieures. Recensements, registres matricules, minutes notariales et archives de l’enregistrement peuvent ensuite enrichir le parcours.

L’agent explique les instruments de recherche, les cotes, les règles de manipulation et les possibilités de reproduction. Il rappelle les délais de communicabilité et la différence entre consultation en salle et mise en ligne. Les homonymes, variantes orthographiques et limites territoriales anciennes imposent de croiser les indices. Un arbre trouvé sur Internet est une piste, pas une preuve suffisante ; chaque information doit conserver sa référence.

4. Rôle du SIAF — 4 points

Le Service interministériel des Archives de France participe à la définition et à la coordination de la politique nationale des archives. Il élabore le cadre réglementaire et les recommandations professionnelles, accompagne le réseau, soutient collecte, conservation, description, communication et valorisation, y compris pour les archives numériques. Il organise le contrôle scientifique et technique de l’État dans son champ de compétence.

Son rôle interministériel ne signifie pas qu’il conserve matériellement toutes les archives françaises. Il faut distinguer administration centrale, Archives nationales, services territoriaux et services d’archives relevant de régimes particuliers. Une collectivité reste responsable de ses archives ; elle ne peut les éliminer librement parce qu’elle dispose d’une copie numérisée.

Repère officiel

FranceArchives : apprendre à sauver les archives sinistrées. Code du patrimoine, livre II : collecte, conservation, contrôle et communication des archives.