Bac HLP 2025 : corrigé Amérique du Nord, jour 1
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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, HLP, session 2025, Amérique du Nord, jour 1, code 25-HLPJ1AN1. Les deux parties sont traitées.
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Première partie — La métamorphose du sujet selon Claire Marin
Proposition d’interprétation philosophique
Le texte présente une transformation qui peut être nécessaire au sujet mais douloureuse pour ses proches. Une passion ou une souffrance bouleverse les rôles habituels ; l’entourage découvre alors qu’aimer ne signifie ni posséder ni connaître entièrement la personne.
Le premier mouvement insiste sur une force qui dépasse le sujet. Les images de capture et de dépossession font de la métamorphose autre chose qu’un caprice. Continuer à tenir son ancien rôle peut devenir impossible. Il faut changer pour répondre à un événement qui transforme l’existence.
Les proches sont ensuite placés devant une difficulté. Ils peuvent reconnaître une impuissance réelle, ou chercher à maintenir la personne dans son identité antérieure. La morale, l’émotion et la mémoire deviennent parfois des moyens de retenue. Le texte ne condamne pas tout engagement ; il montre qu’en invoquant seulement ce que l’autre était, on peut manquer ce qu’il traverse.
La série de questions exprime la violence de cette transformation pour l’entourage. Des comportements inattendus rendent une personne familière méconnaissable. Les exemples sont différents par leur valeur morale : les rapprocher comme surprises ne revient pas à les approuver tous. L’allusion à Gregor introduit une figure littéraire de l’étrangeté : l’apparence devenue méconnaissable rend visible la difficulté de reconnaître celui que l’on croyait connaître.
Enfin, le changement révèle les illusions de proximité et de transparence. La question se retourne vers celui qui croyait connaître : comment ai-je pu me tromper ? L’autre n’était pas une propriété stable et reste capable de surprendre. La métamorphose affecte ainsi deux identités en relation, celle du sujet qui change et celle du proche dont la compréhension doit aussi évoluer.
Deuxième partie — Saisir le moi sans le figer
Problème
Représenter un moi sélectionne des traits et des moments. Une image peut donner l’impression d’une identité définitive. Mais un récit et une forme artistique peuvent aussi montrer variations, contradictions et devenir. Saisir ne signifie pas nécessairement immobiliser.
Développement proposé
1. L’œuvre rend une expérience identifiable. Dans Le Roman d’un enfant de Loti, deux rayons de soleil relient enfance et âge adulte. Cette récurrence permet de reconnaître une continuité sensible. Le texte donne une forme à ce qui pourrait rester un souvenir dispersé.
2. Cette forme peut conserver le changement et l’incertitude. Loti ne prétend pas comprendre entièrement sa tristesse. L’interprétation demeure ouverte, tandis que les années et les aventures ont transformé sa situation. Le moi est saisi par une relation entre moments, pas par une étiquette qui expliquerait tout.
3. La littérature peut montrer la formation plutôt que l’essence définitive. Dans l’extrait des Cahiers de Malte Laurids Brigge, Rilke décrit des souvenirs qui deviennent perception et geste avant de nourrir un vers. L’expérience se transforme au lieu d’être simplement conservée comme archive. Une œuvre peut donc saisir le moi dans ses passages et ses tensions. Le risque de fixation demeure si le lecteur traite un portrait comme une définition exhaustive ; une lecture attentive à la durée peut au contraire préserver sa complexité.