Bac HLP 2025 : corrigé Asie, jour 2
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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, HLP, session 2025, Asie, jour 2, code 25-HLPJ2JA1. Les deux parties sont traitées.
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Première partie — Spencer et la transmission éducative
Proposition d’interprétation philosophique
Spencer interroge l’idée selon laquelle l’enfant serait naturellement passif et ne pourrait apprendre que par transmission. Il soutient que certaines méthodes produisent cette passivité, puis l’utilisent comme justification de leur maintien. Le raisonnement dénonce donc un cercle éducatif.
L’ouverture décrit une activité spontanée : observer, interroger et conclure. L’enfant exerce ses capacités sur des objets qui l’intéressent et sont à sa portée. La thèse ne dit pas qu’il pourrait apprendre instantanément toute chose sans accompagnement ; elle porte sur des études adaptées à ses facultés présentes.
Le deuxième mouvement décrit une intervention qui détourne l’enfant de ces objets. Des faits trop complexes sont imposés ; ils suscitent ennui et refus. Menaces et châtiments remplacent alors l’intérêt. L’éducation prive d’un apprentissage désiré tout en exigeant un contenu difficile à assimiler.
Les conséquences touchent l’activité intellectuelle. L’enfant finit par dépendre des explications et recevoir les idées d’autrui sans démarche personnelle. Le défaut est produit par la méthode, plutôt que démontré comme une incapacité naturelle. L’image du récipient souligne cette transformation d’un sujet actif en contenant.
La conclusion rend le cercle explicite : on observe la passivité créée, puis on s’en sert pour affirmer qu’il faut continuer à transmettre passivement. Une alternative se dessine par le choix d’objets accessibles et par l’organisation de l’activité de recherche. Le texte défend ainsi une éducation qui mobilise les facultés de l’enfant ; il ne permet pas d’en conclure que toute explication ou tout enseignement organisé serait inutile.
Deuxième partie — Les arts doivent-ils nous apprendre quelque chose ?
Problème
Apprendre peut signifier recevoir une information, acquérir une compréhension ou développer une sensibilité. Le verbe « devoir » interroge une obligation assignée aux œuvres. Une œuvre doit-elle être une leçon pour posséder de la valeur ?
Développement proposé
1. Les arts peuvent faire comprendre ce qu’un énoncé abstrait laisse de côté. L’inversion des rôles dans La Planète des singes de Boulle rend sensible la domination. Le lecteur peut comparer confort matériel et perte de liberté. Ce n’est pas une simple information : la forme du récit fait éprouver et interroger une relation.
2. L’apprentissage n’est pas l’unique fin possible. La Sieste d’Hérédia organise lumière, sensations et rêve dans un sonnet. Sa valeur ne dépend pas de la transmission d’une règle pratique ou d’un message moral. On peut apprécier cette forme pour l’expérience qu’elle ouvre, sans chercher une leçon à extraire de chaque vers.
3. Il faut reconnaître une puissance de formation sans imposer une fonction didactique. Une expérience esthétique peut apprendre à regarder ou à sentir autrement ; dans ce sens large, elle comporte souvent une découverte. Mais exiger un contenu instructif déterminé risquerait de réduire les arts à un instrument d’enseignement. La littérature et les arts peuvent nous apprendre beaucoup ; ils ne doivent pas nécessairement transmettre une leçon pour être légitimes. L’apprentissage peut naître de la rencontre, plutôt que d’une obligation préalable assignée à toute œuvre.