Bac HLP 2025 : corrigé Métropole juin, jour 2

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, HLP, 18 juin 2025, Métropole, jour 2, code 25-HLPJ2ME1. Les deux parties sont traitées.

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Première partie — Szymborska et les victimes de la guerre

Proposition d’interprétation littéraire

Le poème montre des personnes contraintes de fuir, privées de biens, de sécurité et d’avenir prévisible. La répétition d’une formule d’ignorance refuse pourtant de les réduire à une statistique : leur identité demeure inconnue, mais leurs pertes et leur vulnérabilité deviennent sensibles.

Le début laisse indéterminés les poursuivants, les victimes et le pays. Ce choix évite de fixer la scène à un seul conflit et souligne une distance entre le témoin et ceux dont il parle. Le ciel et les nuages contrastent avec la violence humaine, tandis que les objets abandonnés donnent une forme concrète à une vie défaite.

Les cruches et les balluchons rendent visible l’exil. Leur poids paradoxal augmente avec le vide : la perte et le manque pèsent autant que le contenu matériel. La privation de pain et la présence d’un enfant mort font ensuite apparaître des degrés de dépouillement qui dépassent la seule pauvreté.

L’espace n’offre aucune voie sûre. Route, pont, rivière, tirs et avion composent un milieu menaçant. Les lieux qui devraient permettre de passer deviennent interdits ou dangereux. Le souhait d’invisibilité et d’absence montre une survie réduite au désir de ne plus être repéré, même pour un instant.

La fin maintient l’incertitude sur l’accueil. L’identité, le nombre et les intentions de ceux qui pourraient aider restent inconnus. Ne pas devenir un ennemi apparaît déjà comme une possibilité décisive. La poésie fait ainsi percevoir une humanité dépendant de l’attitude d’autrui, sans lui retirer sa valeur ni attribuer une faute aux victimes de la guerre.

Deuxième partie — Conserver son humanité dans l’épreuve

Problème

L’humanité peut désigner l’appartenance à l’espèce et la valeur de la personne, ou des capacités de relation, de choix et de solidarité. Des circonstances peuvent menacer ces capacités ; cela signifie-t-il que la personne cesse d’être humaine ?

Plan développé

1. Des conditions extrêmes peuvent dégrader l’exercice des capacités humaines. La peur, la faim et la violence réduisent les possibilités de choix. Dans le poème, les personnes fuient et cherchent d’abord à ne pas être vues. Il serait injuste d’exiger d’elles la même disponibilité morale que dans une situation sûre, ou d’interpréter toute faiblesse comme un renoncement volontaire.

2. L’humanité de la personne ne disparaît pas avec sa puissance d’agir. Une victime humiliée ou dépendante conserve une valeur qui justifie protection et respect. La dignité ne doit pas être une récompense réservée au courage. Les circonstances peuvent porter atteinte à une existence humaine sans abolir ce qui rend cette atteinte injuste.

3. Des relations permettent parfois de préserver ou de retrouver des capacités. Une aide, un geste de solidarité ou un accueil ouvre une possibilité que l’individu isolé ne possède plus. Le poème insiste justement sur ce qui peut venir d’autrui. On peut donc conserver son humanité, mais pas toujours seul ni sans dommages. Il faut distinguer la valeur inconditionnelle de la personne et les conditions concrètes nécessaires à une vie où ses capacités peuvent s’exercer.