Bac HLP 2025 : corrigé remplacement, jour 1

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, HLP, 9 septembre 2025, code 25-HLPJ1ME3. Les deux parties sont traitées.

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Première partie — Bachelard et les rêveries d’enfance

Proposition d’interprétation philosophique

Les rêveries d’enfance laissent une disposition durable à la solitude et à la poésie. Bachelard les distingue de l’histoire unifiée par les récits d’autrui : elles font retrouver une pluralité et une relation au monde qui ne se réduisent pas au nom social de la personne.

Le début présente plusieurs visages d’enfant dans une même existence. La vie primitive apparaît comme essayée et diverse. Le récit des autres rassemble ensuite ces êtres autour d’une histoire et d’un nom. Cette unité est construite par une narration progressive, plutôt que donnée comme un contenu parfaitement stable dès l’origine.

La rêverie offre un autre mouvement. Elle ne déroule pas simplement les événements ; elle peut descendre vers une expérience plus profonde et desserrer l’identité racontée. Être libéré du nom ne signifie pas matériellement l’oublier : c’est ne plus se limiter aux repères qui définissent la personne dans le monde social.

Les solitudes premières sont alors décrites comme laissant, dans certaines âmes, des traces ineffaçables. Cette restriction est importante : l’extrait n’énonce pas une même expérience pour tous les enfants. Lorsque le monde humain cesse de troubler l’enfant, la solitude permet de détendre ses peines et de se sentir lié au cosmos.

La fin établit une communication entre cette enfance et le rêveur adulte. Le bonheur de rêver prépare celui du poète ; une rêverie tranquille retrouve la pente de ces premières solitudes. Leur inscription n’est donc pas seulement un souvenir factuel que l’on raconte. Elle forme une sensibilité et une possibilité de rapport au monde qui traversent la durée.

Deuxième partie — La littérature et l’unité du moi

Problème

Le récit peut rassembler des moments dispersés et permettre de se reconnaître. Le rôle accordé à la littérature doit cependant être discuté : rend-elle seule possible l’unité, ou peut-elle aussi montrer que cette unité reste construite et incomplète ?

Développement proposé

1. Le récit relie des expériences dans une histoire. Dans Le Roman d’un enfant, Loti rapproche un rayon de soleil de l’enfance et un autre observé à l’âge adulte. Une émotion donne un fil entre deux situations éloignées. La littérature rend cette relation perceptible et partageable, alors qu’elle pourrait rester une impression isolée.

2. Les œuvres montrent aussi les limites d’une unité trop simple. Dans l’extrait de Madame Bovary, Emma apparaît estimée par les autres tout en étant traversée par désir, colère et tristesse. La narration compare plusieurs dimensions qui ne coïncident pas. Une personne ne se réduit donc pas à l’histoire rassurante que l’entourage pourrait raconter sur elle.

3. La littérature fournit des formes d’unification sans épuiser le moi. Un récit peut être repris, contesté et complété. La mémoire, les relations et les engagements contribuent aussi à la continuité d’une personne. On peut donc reconnaître le rôle puissant de la littérature pour organiser et interroger l’expérience sans affirmer qu’elle serait l’unique origine de toute unité personnelle. Elle aide à comprendre comment une histoire se construit, et pourquoi cette construction doit rester ouverte.