Bac HLP 2025 : corrigé remplacement, jour 2
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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, HLP, 10 septembre 2025, code 25-HLPJ2ME3. Les deux parties sont traitées.
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Première partie — Flaubert, Madame Bovary, II, V (1857)
Proposition d’interprétation littéraire
Emma est partagée entre désir amoureux, refoulement, satisfaction de paraître vertueuse et insatisfaction matérielle. Le passage oppose l’image sociale calme aux mouvements intérieurs, puis montre comment les différents manques se rassemblent dans une souffrance qu’elle entretient.
La première phrase présente trois regards favorables. Le paragraphe suivant les contredit immédiatement par colère et convoitise. Robe et lèvres dissimulent le bouleversement : la narration donne accès à ce que les observateurs ne voient pas. Le lecteur ne peut donc prendre la réputation d’Emma pour une description complète de son état.
L’amour d’Emma pour Léon se nourrit d’une image. La solitude permet une rêverie qui donne davantage de plaisir que la présence réelle, où l’émotion retombe. Le rythme entre attente, rencontre et tristesse révèle un décalage entre désir imaginé et expérience. Emma suit les signes de Léon et envie ceux qui partagent son toit.
Le refoulement coexiste ensuite avec le souhait d’être devinée. Elle attend des hasards ou des catastrophes qui rendraient l’aveu possible sans décision assumée. Plusieurs motifs sont proposés, paresse, peur et pudeur, sans qu’un seul explique tout. Se regarder comme vertueuse apporte une consolation et transforme le renoncement en image avantageuse de soi.
La suite mêle désir de la chair, argent et passion. Au lieu de détourner l’attention de la souffrance, Emma recherche ce qui l’accroît. Les détails domestiques deviennent insupportables. Enfin, Charles est jugé responsable de tout malheur parce qu’il croit la rendre heureuse. Les questions finales et l’image de la courroie rendent sensible son sentiment d’enfermement, sans obliger le lecteur à reprendre toutes ses accusations comme des faits objectifs.
Deuxième partie — Imagination et sensibilité
Problème
La sensibilité permet d’être affecté par ce qui arrive ; l’imagination représente aussi ce qui est absent ou possible. Elle peut amplifier un affect, ouvrir une découverte ou enfermer dans une attente. Il faut donc examiner son rôle, pas seulement l’opposer à la réalité.
Plan développé
1. L’imagination peut produire et intensifier des émotions. Une rencontre anticipée suscite désir ou peur avant d’avoir lieu. Emma éprouve un plaisir dans l’image de Léon qui diminue en sa présence. Le réel affecte le sujet à travers des représentations et des attentes, plutôt que de manière entièrement indépendante d’elles.
2. Elle peut déformer la perception de ce qui existe. Un idéal trop fixé rend une situation réelle décevante, même si elle possède des qualités. Une inquiétude imaginée peut faire interpréter chaque détail comme menace. Dans le passage, plusieurs insatisfactions se renforcent jusqu’à faire de Charles la cause de toute misère aux yeux d’Emma.
3. L’imagination peut aussi enrichir une sensibilité réfléchie. Se représenter le point de vue d’autrui permet de mieux comprendre une expérience ; inventer une forme artistique rend perceptible une nuance. L’enjeu est de confronter les représentations à la situation et de reconnaître leur rôle. L’imagination constitue donc une part importante de notre sensibilité : elle peut ouvrir et approfondir l’expérience autant que l’enfermer dans une attente illusoire.