Bac 2025 : corrigé de philosophie, Antilles-Guyane

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, session 2025, philosophie, Antilles-Guyane, code 25-PHGEAG1. Les trois choix sont traités.

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Sujet 1 — La technique nous fait-elle gagner du temps ?

Problème

Un outil peut réduire la durée d’une opération sans rendre la vie moins occupée. Le gain de temps désigne-t-il une économie mesurable, un temps disponible pour d’autres activités ou une amélioration de notre rapport au temps ? Cette distinction permet d’éviter de confondre vitesse et liberté.

Plan développé

1. La technique économise effectivement certaines durées. Une machine accomplit des tâches répétitives plus vite qu’une exécution manuelle ; un moyen de communication évite un déplacement. Ce gain n’est pas imaginaire. Il peut permettre du repos, une formation ou une activité choisie. Il faut toutefois inclure le temps de préparation, d’entretien et d’apprentissage de l’outil pour comparer des situations complètes.

2. Le temps économisé peut être absorbé par de nouvelles exigences. Une communication accélérée peut multiplier les demandes et faire attendre des réponses immédiates. La possibilité de produire davantage peut se transformer en obligation de produire davantage. La durée gagnée sur chaque opération ne suffit alors pas à libérer la personne : le nombre d’opérations augmente.

3. Le bénéfice dépend de l’organisation des fins. Un outil ne décide pas à lui seul de ce que l’on fera du temps disponible. Une organisation peut consacrer une économie de durée au repos ou à une hausse de production. La question technique rencontre ainsi un choix social et personnel. La technique nous fait gagner du temps dans certains actes ; elle ne garantit pas que ce temps devienne un temps dont nous disposons librement.

Sujet 2 — Existe-t-il des vérités inutiles ?

Une proposition vraie décrit correctement ce dont elle parle ; son utilité dépend d’un besoin et d’un contexte. Connaître un détail sans rapport avec une décision peut sembler inutile. Cela signifie-t-il que cette connaissance ne possède aucune valeur ?

1. Certaines vérités ne servent aucun objectif immédiat. Un renseignement exact sur un objet éloigné peut ne modifier aucune action. L’accumulation de faits n’est pas toujours de la compréhension. Si l’utilité est définie par un service concret actuellement rendu, il existe donc des vérités inutiles.

2. L’utilité peut apparaître plus tard ou prendre une autre forme. Un résultat abstrait peut devenir la solution d’un problème encore inconnu. Une vérité peut aussi permettre de rectifier un préjugé, même sans application technique. On ne peut donc conclure de l’absence d’usage repéré à l’impossibilité de tout usage.

3. La vérité ne doit pas être évaluée seulement comme un moyen. Chercher à comprendre peut être une fin. Inversement, une connaissance exacte peut être employée contre autrui : utilité et valeur morale ne coïncident pas. Il existe des vérités sans utilité déterminée, mais cela ne les rend ni fausses ni nécessairement dépourvues d’intérêt. Le sujet invite à préciser pour qui et en vue de quoi une vérité serait utile.

Sujet 3 — Explication du texte d’Aristote

Thèse

Il faut examiner le plaisir avec justesse, car il joue un rôle central dans l’éducation et la conduite. Le condamner par stratégie, même sans croire cette condamnation vraie, risque de discréditer l’enseignement moral.

Progression du raisonnement

Aristote part de l’influence du plaisir et de la peine. Ils orientent les choix tout au long de la vie ; l’éducation ne peut donc s’en désintéresser. Former le caractère ne revient pas seulement à interdire : il s’agit de prendre plaisir à ce qui convient et de rejeter ce qui ne convient pas. Le passage ne soutient pas que tout plaisir soit bon.

L’auteur présente ensuite un débat. Certains identifient plaisir et bien ; d’autres condamnent le plaisir. Parmi ces derniers, il distingue une conviction réelle et une condamnation destinée à corriger l’inclination excessive des personnes. Dans ce second cas, l’enseignant espère atteindre une conduite mesurée en tirant volontairement dans le sens opposé.

Aristote objecte que les paroles portant sur les actions doivent rester crédibles face à l’expérience. Si celui qui condamne le plaisir manifeste lui-même un attrait pour lui, son discours paraît mensonger. Le destinataire peut alors rejeter non seulement l’exagération, mais aussi les raisons valables qu’elle devait protéger.

La dernière phrase décrit une inférence trompeuse du destinataire : constater le plaisir du moraliste semble autoriser la poursuite de tous les plaisirs. Aristote ne reprend pas cette conclusion à son compte. Il montre le danger d’une pédagogie qui, pour limiter une tendance, déforme la vérité et finit par produire l’effet contraire.