Bac HLP 2026 : corrigé centres étrangers, jour 1
Aller à un exercice ou une partie
Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, HLP, session 2026, centres étrangers groupe 1, jour 1, code 26-HLPJ1G11. Les deux parties sont traitées.
Télécharger ce corrigé en PDF · Ouvrir le sujet officiel · Retrouver les annales
Première partie — Les conditions de la création chez George Sand
Proposition d’interprétation littéraire
L’extrait présente la création comme favorisée par une solitude choisie, un temps disponible et une relation attentive à un lieu. Ces conditions ne sont pas celles d’un confort luxueux : un espace provisoire et dévasté devient précieux parce qu’il protège le travail et la rêverie.
Le premier mouvement explique une solution concrète à la chaleur de la mansarde. L’appartement en réparation offre air, ombre et fraîcheur. L’établi devient bureau et le matériel nécessaire reste modeste. L’opposition entre un chantier et un atelier d’écriture montre une capacité d’appropriation : le lieu convient par son usage, pas par son apparence achevée.
La solitude est précise et relative. Le portier et la femme de chambre permettent l’installation ; les lettres et le déjeuner arrivent ; l’écrivaine continue à voir ses enfants. Elle se retire du bruit social sans devenir un être sans relation. La dernière phrase confirme cette limite : une fois le roman fini, elle retrouve ses amis.
Le texte généralise ensuite le plaisir d’un calme extérieur qui permet de posséder son temps et de se retrouver. La formule de la prison volontaire associe fermeture et liberté : le retrait est désiré, et sa valeur tient à ce qu’il rend possible. Les futurs ornements de l’appartement sont opposés à cette jouissance singulière, que le luxe ne garantit pas.
Enfin, l’énumération des animaux et des végétaux montre une disponibilité à l’environnement. Les araignées, les souris et les oiseaux animent ce lieu apparemment vide. L’écriture alterne avec le repos et la rêverie du soir. Les bruits extérieurs, perçus depuis l’abri, font sentir le prix de la tranquillité. Créer demande ici du temps protégé, mais aussi une attention nourrie par le monde, plutôt qu’une séparation absolue d’avec lui.
Deuxième partie — Créer exige-t-il de rompre avec la société ?
Problème
Rompre peut signifier se retirer momentanément ou couper toute appartenance sociale. La création demande parfois une distance avec les habitudes et les sollicitations ; cette distance est-elle une condition universelle et définitive ?
Plan développé
1. Un retrait peut protéger un travail singulier. Le créateur a besoin de concentration et peut devoir résister aux attentes dominantes. Chez Sand, le lieu secret et le temps protégé permettent d’achever le roman. Une distance critique favorise une invention qui ne répète pas simplement les usages reçus.
2. Les ressources de création restent souvent sociales. Une langue, des formes apprises et des échanges fournissent des moyens de travail. Dans l’extrait, même la solitude dépend de l’aide du portier et de la femme de chambre. Une création collective, comme le travail de plusieurs interprètes, montre aussi qu’une collaboration peut produire des formes nouvelles sans rupture générale.
3. L’autonomie ne se confond pas avec la coupure. On peut choisir des moments de retrait tout en conservant des relations et en s’adressant à un public. Sand revient à ses amis une fois le roman terminé. La création n’exige donc pas nécessairement de rompre avec la société ; elle demande des conditions permettant de ne pas subir entièrement ses attentes. La distance peut être temporaire, critique ou organisée au sein même d’une relation collective.