Bac HLP 2026 : corrigé Métropole, jour 2
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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, HLP, 17 juin 2026, Métropole, jour 2, code 26-HLPJ2ME1. Les deux parties sont traitées.
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Première partie — Aron : une connaissance de soi qui n’est pas passive
Proposition d’interprétation philosophique
Aron critique un idéal de sincérité qui consisterait à enregistrer les impressions immédiates sans les juger. Selon l’extrait, cette passivité ne permet pas de se connaître authentiquement : elle confond des données différentes et construit malgré elle une identité instable. La connaissance de soi doit reconnaître son propre effet sur le sujet.
Les questions initiales exposent l’idéal discuté. Une coïncidence constamment renouvelée avec ce que l’on éprouve semble promettre une fidélité absolue. Mais l’auteur retourne cette promesse : croire se découvrir sans se modifier est déjà une illusion sur le rapport entre connaissance et existence.
La critique précise ensuite un défaut de discernement. Une impression passagère et une tendance profonde ne possèdent pas la même portée. De même, éprouver un sentiment et croire l’éprouver doivent pouvoir être distingués. Une sincérité qui accepte tout au même niveau ne permet pas ce travail ; elle défigure l’expérience en prétendant ne pas y toucher.
Le texte montre alors le paradoxe de la construction. L’idée que l’on se fait de soi contribue, au moins partiellement, à ce que l’on devient. Refuser de construire n’abolit donc pas cette action. Choisir d’obéir à chaque variation immédiate forme un certain sujet, même si l’on présente ce choix comme une simple réception.
La fin oppose une unité construite et un renouvellement perpétuel où le devenir serait la valeur suprême. Aron n’affirme pas ici qu’une personne ne pourrait jamais changer. Il conteste la valorisation indifférenciée de tout état instantané. Se connaître authentiquement exige donc de juger les données et de reconnaître que leur interprétation participe à la détermination de soi ; le passage ne fournit pas pour autant une recette d’accès à un moi entièrement transparent.
Deuxième partie — La littérature aide-t-elle à discerner les sentiments ?
Problème
La littérature représente des affects et des points de vue. Elle peut rendre visible une illusion sur soi, mais aussi séduire par une image dans laquelle le lecteur se reconnaît trop vite. Son pouvoir de discernement dépend de la manière de lire.
Développement proposé
1. Le récit peut séparer parole, conduite et regard extérieur. Dans l’extrait de La Planète des singes de Boulle, la dompteuse présente sa captivité comme satisfaisante. Pourtant, le dressage et les réactions du narrateur révèlent ce que son discours minimise. Le lecteur compare ce qu’elle affirme ressentir et ce que la situation permet d’interroger. La forme narrative ouvre ainsi une distance critique.
2. Une œuvre ne garantit pas une explication définitive de l’affect. Dans Le Roman d’un enfant, Loti retrouve une tristesse liée à un rayon de soleil sans parvenir à en expliquer entièrement la cause. Le récit distingue ce qui est éprouvé et les interprétations possibles. Il aide à reconnaître une limite de la connaissance de soi plutôt qu’à supprimer artificiellement le mystère.
3. Le lecteur doit exercer le jugement que l’œuvre rend possible. S’identifier automatiquement à un personnage peut nourrir une illusion ; observer les contradictions et les procédés permet au contraire de réfléchir à ses propres représentations. La littérature peut donc aider à discerner sentiments éprouvés et sentiments supposés. Elle le fait par des perspectives et des situations, sans remplacer l’examen personnel par une vérité psychologique prête à appliquer.