Bac HLP 2026 : corrigé Polynésie, jour 2
Aller à un exercice ou une partie
Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, HLP, session 2026, Polynésie, jour 2, code 26-HLPJ2PO1. Les deux parties sont traitées.
Télécharger ce corrigé en PDF · Ouvrir le sujet officiel · Retrouver les annales
Première partie — Anders et la situation apocalyptique
Proposition d’interprétation philosophique
Pour Anders, le danger des armes atomiques tient moins à leur seule présence qu’à une capacité technique devenue durable. Détruire les objets n’efface pas le savoir-faire qui permet de les reconstruire. La maîtrise ouvre ainsi la possibilité pour l’humanité de s’anéantir elle-même.
Le début formule un paradoxe de puissance. L’homme peut apprendre beaucoup de choses, mais ne peut pas décider de supprimer de l’histoire une capacité collectivement acquise. Le contraste entre apprentissage et désapprentissage présente une limite interne de la maîtrise : on ne commande pas entièrement à ce que l’on est devenu capable de faire.
La distinction entre armes existantes et connaissance de fabrication précise l’argument. Un désarmement matériel peut éliminer un équipement ; il n’abolit pas nécessairement les savoirs. La situation technique doit donc être définie aussi par les capacités auxquelles l’humanité ne peut simplement renoncer par une décision de les oublier.
Anders rattache ensuite cette capacité à un ensemble de connaissances physiques et techniques. Il souligne une proximité de savoirs entre usages pacifiques et usages destructeurs. Le lien concerne des capacités scientifiques et techniques, pas l’identité des équipements : un réacteur civil n’est pas en lui-même une arme. Anders souligne que supprimer les objets dangereux ne suffit pas à effacer l’ensemble des connaissances auxquelles ils appartiennent.
Le dernier mouvement imagine l’élimination de tout l’équipement menaçant. Même dans cette hypothèse, la possibilité de reconstruction et la tentation de puissance restent. La situation apocalyptique désigne donc une possibilité permanente d’anéantissement, pas l’annonce d’une destruction certaine à une date donnée. Le texte ne dit pas que tout désarmement serait inutile ; il montre pourquoi la disparition d’objets ne suffit pas à supprimer l’ensemble du danger.
Deuxième partie — Les arts face à la tentation de toute-puissance
Problème
La littérature et les arts peuvent représenter les conséquences d’une domination et rendre sensible une limite humaine. Enseigner à résister ne signifie cependant pas imposer automatiquement une conduite vertueuse. Il faut distinguer une capacité de réflexion et une transformation morale garantie.
Développement proposé
1. La fiction peut déplacer le regard du dominateur vers les dominés. Dans l’extrait de La Planète des singes de Boulle proposé au bac HLP 2026, les humains deviennent objets de dressage. L’inversion rend sensible une humiliation que l’habitude d’occuper la position dominante pourrait laisser invisible. La nourriture et le confort ne compensent pas la perte d’autonomie. Ce renversement peut faire interroger la prétention à disposer librement d’autres êtres.
2. La force d’une représentation ne produit pas mécaniquement une résistance. Un lecteur peut apprécier un récit sans modifier sa conduite, ou admirer un personnage puissant que le texte rend pourtant inquiétant. L’œuvre peut aussi être utilisée pour glorifier une conquête. La valeur critique dépend de la forme et du travail d’interprétation.
3. Les arts peuvent former une attention aux limites et à autrui. Ils permettent d’explorer des conséquences que l’on ne peut pas toutes vivre personnellement. Leur enseignement prend alors la forme d’une expérience et d’une question, plutôt que d’un ordre. Ils peuvent donc contribuer à résister à la toute-puissance en rendant la vulnérabilité et les effets de la domination perceptibles. Cette contribution doit être reprise dans le jugement et l’action du destinataire.