Bac 2026 : corrigé de philosophie, Centres étrangers G1

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, session 2026, philosophie, Centres étrangers G1. Les trois choix du sujet sont traités : deux dissertations et une explication de texte.

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Sujet 1 — Peut-on être certain d’avoir bien agi ?

Problème

La certitude désigne un jugement qui ne laisse pas de place au doute. Bien agir peut renvoyer à une intention, au respect d’un devoir ou aux conséquences obtenues. Ces critères ne coïncident pas toujours : une aide bien intentionnée peut produire un résultat malheureux. Le sujet demande donc si la justification morale peut atteindre la certitude.

Plan développé

1. Des critères permettent de juger une action. Refuser de tromper une personne, respecter un engagement ou porter secours répond à des raisons que l’on peut expliquer. La moralité ne relève pas seulement d’une impression. Une décision peut être soutenue par des principes cohérents et par un examen des circonstances. Sans critères, toute critique d’une action serait arbitraire.

2. La certitude absolue reste difficile. Les conséquences lointaines échappent en partie à l’agent. Il peut aussi confondre une intention généreuse et un désir d’être admiré. Enfin, des devoirs peuvent entrer en conflit : dire une vérité peut exposer une personne à un danger. Une conscience satisfaite ne constitue donc pas à elle seule une preuve de justesse.

3. La responsabilité exige une assurance raisonnée plutôt que l’infaillibilité. Il faut recueillir les informations accessibles, considérer autrui et accepter de réviser son jugement. Attendre de connaître toutes les conséquences pourrait empêcher d’agir lorsqu’une action est nécessaire. On peut avoir des raisons fortes de penser avoir bien agi sans prétendre qu’aucune objection n’est possible. Reconnaître une erreur ensuite n’efface pas cet effort ; cela prolonge la responsabilité.

Sujet 2 — La nature a-t-elle besoin de nous ?

Le mot « nature » peut désigner l’ensemble du monde physique ou des milieux vivants transformés par les activités humaines. Le besoin implique un manque à satisfaire. On ne doit donc pas attribuer trop vite à la nature une intention semblable à celle d’une personne.

1. La nature n’a pas besoin de l’humanité pour exister. Des phénomènes physiques et des formes de vie ne dépendent pas de notre présence. Affirmer que la nature serait faite pour nous inverse la dépendance : nos besoins alimentaires et matériels reposent sur des milieux dont nous faisons partie. La disparition d’un usage humain ne signifie pas la disparition de toute valeur ou de toute existence.

2. Certains milieux ont désormais besoin d’interventions réparatrices. Une rivière polluée ou un habitat dégradé peut ne pas retrouver rapidement son état antérieur sans action. Mais ce besoin est lié à une situation précise, souvent produite par l’action humaine. Il ne prouve pas que le monde naturel aurait toujours eu besoin d’un gestionnaire humain. Une protection pertinente peut aussi consister à limiter l’intervention.

3. La question porte surtout sur notre responsabilité. Nous devons protéger les conditions de la vie et considérer les autres vivants, sans nous déclarer indispensables à tout ce qui existe. La capacité de détruire crée une obligation de retenue ; elle ne donne pas un droit illimité de transformer. La nature n’a pas besoin de nous en général, mais les dommages que nous causons peuvent rendre nécessaire notre action responsable.

Sujet 3 — Explication du texte de Simone Weil

Thèse

Même des conditions sociales équitables ne supprimeraient pas toute contrainte du travail d’exécution : celui-ci reste soumis à la nécessité de conserver les moyens de vivre. Weil montre ensuite pourquoi cette répétition entre en tension avec le désir, qui oriente l’effort vers ce que l’on n’a pas encore.

Les trois mouvements

La nécessité commande le travail. La distinction entre nécessité et finalité oppose ici l’effort accompli pour éviter une perte et l’effort dirigé vers un bien nouveau. Gagner sa vie oblige à recommencer une tâche pour maintenir sa situation. Le texte ne nie pas que ce travail produise un objet ou un service : il décrit ce que l’effort apporte à celui qui l’exécute dans la situation envisagée.

Le désir vise un déplacement. Pour mobiliser son énergie, l’être humain souhaite atteindre ce qu’il ne possède pas encore. Or l’effort de maintien le ramène au point de départ. Les images du mouvement enfermé donnent une forme sensible à cette contradiction : il y a dépense d’énergie, mais pas progression vécue vers une fin nouvelle. L’absence de progrès nourrit le dégoût de la répétition.

La lassitude ne se réduit pas à un défaut moral du travailleur. Des conditions inhumaines l’aggravent, mais la structure du travail décrit peut la faire naître même dans d’autres conditions. La remarque finale sur les meilleurs interdit de traiter toute fatigue comme une paresse. Celui qui attend beaucoup de son effort peut ressentir plus fortement encore l’écart entre sa capacité de désir et la répétition imposée.

Portée. Le passage distingue deux problèmes : l’injustice sociale et une contrainte liée à la nécessité. Il ne justifie pas l’injustice sous prétexte qu’une contrainte subsisterait ; il explique pourquoi une amélioration matérielle, nécessaire, ne résout pas à elle seule toute la question du sens du travail.