Corrigé bac HGGSP 2025 Amérique du Nord, jour 1

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Proposition de corrigé — non officielle. Bac général, spécialité HGGSP, session 2025 Amérique du Nord, jour 1 (25HGGSPJ1AN1). À l’épreuve, une dissertation est à choisir et l’étude critique reste obligatoire.

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Dissertation 1 — Les nouveaux espaces de conquête, des espaces de rivalités entre États ?

Problématique

L’espace extra-atmosphérique et les océans offrent des ressources, des services et des positions stratégiques. Leur conquête ne crée-t-elle que des affrontements, ou aussi des règles et des interdépendances ?

I. Conquérir permet de manifester une puissance

La course spatiale de la guerre froide transforme les réussites scientifiques en preuves de prestige national. Un lanceur, une mission habitée ou une sonde supposent des compétences industrielles et des moyens financiers. Les satellites ajoutent des fonctions économiques et militaires.

Dans les océans, explorer les fonds et maîtriser les routes soutient l’accès aux ressources et aux marchés. Les marines, bases et ports permettent d’affirmer une présence. Ces capacités sont inégalement réparties, ce qui crée une hiérarchie entre puissances.

II. Les revendications et les dépendances nourrissent les rivalités

Les délimitations maritimes et le contrôle d’îlots peuvent devenir conflictuels, notamment en mer de Chine méridionale. Les passages étroits et les câbles sont des points de vulnérabilité. L’espace connaît aussi des enjeux de surveillance et de protection de services essentiels.

Les entreprises privées jouent un rôle croissant, mais dépendent souvent de politiques et de commandes publiques. Il faut donc étudier les systèmes d’acteurs plutôt qu’opposer mécaniquement États et marché.

III. La coopération fait partie de la conquête

Les coûts et les contraintes techniques favorisent des programmes communs, comme Apollo-Soyouz puis la station spatiale internationale. Le traité spatial de 1967 et la Convention sur le droit de la mer de 1982 apportent des cadres, sans supprimer les désaccords.

Recherche, sécurité et protection environnementale exigent aussi le partage d’informations. Les nouveaux espaces sont donc des lieux de rivalité, mais pas seulement : coopérer peut être un moyen d’accéder à des capacités et de renforcer sa position. La conquête est à la fois compétition, négociation et construction de normes.

Dissertation 2 — La question environnementale aux États-Unis, une préoccupation ancienne et actuelle

Problématique

Comment un pays dont la puissance s’est appuyée sur l’exploitation des ressources a-t-il aussi développé une tradition de protection, et pourquoi celle-ci reste-t-elle conflictuelle ?

I. L’exploitation du territoire suscite des réactions précoces

La mise en valeur agricole, minière et industrielle transforme les paysages. Elle nourrit la croissance, mais provoque des pertes de milieux et des conflits d’usage. L’idée d’une nature disponible masque aussi l’occupation et les droits des populations autochtones.

Au XIXe siècle, des démarches de protection apparaissent. Yellowstone, créé en 1872, marque l’histoire des parcs nationaux. Les débats opposent notamment gestion durable des ressources et préservation de certains espaces. La préoccupation environnementale n’est donc pas née seulement avec le changement climatique.

II. Une action publique élargie au XXe siècle

Les pollutions industrielles et les alertes scientifiques rendent visible la fragilité des milieux ordinaires, au-delà des paysages remarquables. Les mobilisations des années 1960 et la création de l’EPA en 1970 structurent une politique fédérale.

La réglementation et la surveillance peuvent améliorer la protection, mais elles rencontrent des résistances économiques et politiques. Les entreprises, associations et autorités ne définissent pas toujours de la même manière les coûts acceptables et les priorités.

III. Des enjeux contemporains à toutes les échelles

Climat, biodiversité et justice environnementale mettent en jeu la production d’énergie, les transports et les modes de consommation. Les capacités et les expositions diffèrent entre territoires et groupes sociaux. Une décision nationale se traduit donc par des effets locaux inégaux.

Les États fédérés, villes et acteurs privés peuvent soutenir ou freiner les orientations fédérales. À l’échelle internationale, le poids des États-Unis rend leur participation importante, sans en faire un acteur homogène. La question est ancienne par ses débats et ses institutions, actuelle par l’ampleur des risques et par les choix de transition qu’elle impose.

Étude critique — Histoire et mémoires de la guerre d’Algérie

Une source à situer

Le texte est extrait du rapport de Benjamin Stora remis au président de la République en janvier 2021. L’auteur est historien ; il intervient ici aussi dans une mission publique sur les questions mémorielles. Il explique des tensions et propose une manière de les comprendre, sans remplacer toute l’histoire de la guerre.

Problématique : pourquoi la connaissance d’un même conflit s’accompagne-t-elle de mémoires différentes et parfois concurrentes ?

Des expériences et des mots opposés

Le contraste entre la désignation française d’« événements » et celle de guerre d’indépendance révèle des positions politiques. La première a longtemps évité de reconnaître le conflit comme une guerre ; la seconde fait de la libération nationale l’horizon principal. Le choix des mots participe donc à la mémoire publique.

Stora distingue appelés, pieds-noirs, harkis, immigrés et nationalistes. Leurs expériences de la violence, du départ, de la fidélité ou de la domination ne sont pas interchangeables. Les groupes sont eux-mêmes divers : l’analyse ne doit pas leur attribuer une opinion unique.

Reconnaissance, identité et concurrence

Le texte montre que la mémoire peut rechercher moins une compréhension globale que la confirmation d’une position passée. La demande de reconnaissance est liée à des blessures et à des transmissions familiales. Elle devient concurrentielle lorsque reconnaître une souffrance paraît menacer la place d’une autre.

En Algérie, le récit fondateur de la libération peut laisser dans l’ombre les divisions du nationalisme et les violences contre les harkis. En France, nostalgies, honte et silences compliquent aussi une commémoration partagée. Les omissions ne se limitent donc pas à un seul côté de la Méditerranée.

Le travail historique et ses limites

L’historien confronte archives, témoignages et chronologies pour établir les faits, y compris lorsqu’ils dérangent les récits collectifs. Il ne peut pas rendre toutes les mémoires identiques ni décider qu’une expérience individuelle résume la guerre. La reconnaissance de la dénomination de guerre par la loi française de 1999 constitue un jalon institutionnel, sans résoudre toutes les controverses.

Le rapport est une synthèse à un moment précis ; ses chiffres et ses jugements sur la place du conflit dans la culture doivent être rapportés à 2021. Il permet surtout de distinguer histoire critique et mémoire vécue, tout en montrant pourquoi elles restent en relation. Comprendre les mémoires ne demande ni de les additionner mécaniquement ni de renoncer à l’exigence de preuve.