Corrigé bac HGGSP 2026 Asie, jour 2

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Proposition de corrigé — non officielle. Bac général, spécialité HGGSP, session 2026 Asie, jour 2 (26-HGGSPJ2JA1). À l’épreuve, une dissertation est à choisir et l’étude critique reste obligatoire.

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Dissertation 1 — Mers et océans : des espaces de conquêtes, de rivalités et de coopérations

Problématique

Les mers permettent de circuler et offrent des ressources, mais leur maîtrise est inégale. Comment l’appropriation des espaces maritimes nourrit-elle à la fois compétition et coopération ?

I. Connaître, exploiter et contrôler

Les ressources halieutiques, les hydrocarbures offshore et les perspectives ouvertes par les grands fonds encouragent l’exploration. Les ports, les routes et les câbles font des océans des supports essentiels de l’économie. Les moyens scientifiques et techniques déterminent la capacité à connaître et à utiliser ces espaces.

La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 encadre notamment les zones économiques exclusives, jusqu’à 200 milles marins. Les droits sur les ressources n’y constituent pas une souveraineté totale sur tous les usages : les libertés de navigation subsistent dans les conditions du droit international.

II. Des tensions territoriales et stratégiques

Les délimitations se heurtent lorsque les revendications se recouvrent. En mer de Chine méridionale, îlots, ressources et routes commerciales se combinent aux enjeux de puissance. Les marines et les bases permettent de surveiller, protéger ou exercer une pression.

Les détroits et canaux concentrent le trafic. Leur contrôle et leur vulnérabilité donnent une portée mondiale à certains incidents locaux. La compétition économique peut ainsi se doubler d’une rivalité militaire et diplomatique.

III. Des interdépendances qui exigent des règles

La sécurité de la navigation, la recherche et la protection des milieux nécessitent une coordination. Les États peuvent négocier des délimitations, participer à des opérations contre la piraterie ou partager des observations scientifiques. Des organisations internationales établissent des cadres, sans supprimer toutes les divergences.

La coopération environnementale est d’autant plus nécessaire que pollutions et écosystèmes dépassent les frontières. Elle doit aussi associer les usagers et les populations littorales. Mers et océans sont donc des espaces où la puissance se construit par la présence, mais aussi par la capacité à faire accepter des règles et des partenariats.

Dissertation 2 — Comment conserver, écrire et transmettre les mémoires des génocides des Juifs et des Tsiganes ?

Problématique

La disparition progressive des témoins rend indispensable la conservation des traces. Comment transmettre des mémoires plurielles sans les séparer de la connaissance historique ?

I. Conserver les traces et les témoignages

Archives des persécuteurs, documents personnels, photographies, objets et vestiges permettent de documenter les crimes nazis. Les institutions de mémoire et les chercheurs recueillent aussi les récits des survivants. Le témoignage est une source irremplaçable, à situer et à confronter, non une parole à mettre en concurrence avec une autre souffrance.

La conservation des lieux appelle des choix : restaurer, maintenir une ruine, expliquer les transformations. Il faut préserver les preuves tout en donnant au visiteur les moyens de comprendre ce qu’il regarde.

II. Écrire entre mémoire et histoire

Les survivants et leurs proches cherchent à raconter et à obtenir reconnaissance. Les historiens établissent les faits, les mécanismes et les responsabilités par une enquête critique. Les procès produisent des archives et rendent certaines voix publiques ; Eichmann en 1961 constitue une étape majeure pour l’écoute des survivants juifs.

Les trajectoires mémorielles ne sont pas identiques. Le génocide des Sinti et Roma a longtemps souffert d’une reconnaissance plus tardive. Les associations et les familles ont joué un rôle important ; le mémorial inauguré à Berlin en 2012 matérialise cette affirmation. Il faut traiter ces victimes explicitement, plutôt que les ajouter à la fin d’un développement uniquement consacré aux Juifs.

III. Transmettre avec exigence et sans banalisation

École, musées, œuvres, commémorations et outils numériques touchent des publics différents. Leur valeur dépend du contexte donné : identifier les victimes, les lieux, les acteurs et les décisions. L’émotion peut ouvrir l’attention, mais ne remplace pas l’explication.

La transmission combat aussi le négationnisme et les usages politiques qui déforment les faits. Elle doit éviter la simplification et la comparaison qui efface les spécificités. Conserver, écrire et transmettre se complètent : les traces rendent l’enquête possible, l’histoire éclaire les mémoires et la pédagogie permet leur passage aux générations suivantes.

Étude critique — La diversité des conflits armés

Deux sources de nature différente

Le discours d’Emmanuel Macron du 13 juillet 2025 s’adresse aux armées : c’est une parole politique qui présente des menaces et justifie une préparation collective. La photographie de 2023 montre une banderole de soutien à Wagner en République centrafricaine. Elle donne accès à une expression publique, pas à l’opinion de toute la population.

Problématique : comment les conflits contemporains associent-ils guerres entre États, acteurs armés non étatiques et nouveaux moyens d’action ?

Le maintien des affrontements entre puissances

L’invasion de l’Ukraine citée dans le discours rappelle que la guerre interétatique n’a pas disparu. Les questions de territoire, d’annexion, de dissuasion et d’alliances restent centrales. Le président relie la sécurité européenne aux décisions politiques et militaires.

Son propos exprime une position française et européenne. Il doit être analysé comme tel, sans prendre chaque formule de mobilisation pour une description neutre et exhaustive du monde.

Des acteurs et des formes imbriqués

Le terrorisme et les guerres civiles mettent en jeu des organisations qui ne sont pas des États. La banderole associe Wagner et la Russie : elle illustre, dans une guerre civile, la présence d’un groupe mercenaire étranger et la manière dont son image se lie à une puissance étatique.

L’opposition entre public et privé devient ainsi insuffisante. Le groupe peut avoir une organisation propre et servir des intérêts liés à un État. La photographie ne prouve cependant ni la nature de toutes ses opérations ni le consentement de l’ensemble des habitants.

Des moyens nouveaux, des fonctions à distinguer

Drones, guerre électronique, cyberespace, espace et fonds marins élargissent les moyens de confrontation. Le discours les rassemble dans une menace multiforme. Il faut néanmoins distinguer un combat armé, une opération d’influence et une cyberattaque : toute action hostile ne constitue pas automatiquement une guerre au même sens juridique.

Les documents montrent donc une combinaison plutôt qu’un remplacement des formes anciennes. Les États restent présents, les acteurs intermédiaires se multiplient et les affrontements touchent plusieurs milieux. Le croisement des sources permet de comprendre cette diversité, tout en gardant à l’esprit leurs intentions et leurs limites.