Corrigé bac HGGSP 2026 centres étrangers groupe 1, jour 2

Aller à un exercice ou une partie

Proposition de corrigé — non officielle. Bac général, spécialité HGGSP, session 2026 centres étrangers groupe 1, jour 2 (26-HGGSPJ2G11). À l’épreuve, une dissertation est à choisir et l’étude critique reste obligatoire.

Télécharger ce corrigé en PDF · Ouvrir le sujet officiel · Retrouver les annales

Dissertation 1 — Les conflits du Moyen-Orient depuis 1948 remettent-ils en cause le modèle de Clausewitz ?

Problématique

Clausewitz pense la guerre comme un acte de violence lié à des objectifs politiques. Il faut distinguer cette relation fondamentale du modèle plus étroit d’une bataille entre armées étatiques. Les conflits du Moyen-Orient rendent-ils sa pensée inutile, ou obligent-ils à l’adapter ?

I. Des guerres où l’État et le calcul politique restent centraux

Depuis 1948, les guerres israélo-arabes mettent notamment en jeu la sécurité, les frontières et les rapports de puissance. Les affrontements de 1967 et de 1973 sont conduits par des armées régulières, même si leurs effets dépassent largement le champ militaire. La guerre Iran-Irak de 1980-1988 associe objectifs territoriaux, rivalités de régime et mobilisation massive.

Ces exemples montrent le lien entre action militaire et projet politique. Les soutiens des grandes puissances et les alliances régionales influencent aussi les moyens disponibles. La violence ne peut pas être comprise sans les décisions des gouvernements.

II. Des acteurs et des buts qui compliquent le modèle interétatique

Les organisations palestiniennes, les milices, les groupes insurgés et les organisations djihadistes introduisent d’autres modes d’action. Guerres civiles et interventions étrangères superposent plusieurs fronts. Le terrorisme vise des effets psychologiques et politiques qui ne passent pas toujours par la conquête d’un champ de bataille.

Daech combine violence terroriste, contrôle territorial et projet idéologique. La référence religieuse ne signifie pourtant pas absence de stratégie. Déclarer ces guerres entièrement irrationnelles empêcherait de comprendre recrutement, financement, alliances et objectifs de pouvoir.

III. Adapter les catégories sans effacer la politique

La distinction entre guerre régulière et irrégulière reste utile, mais les conflits peuvent mêler les deux. Les États soutiennent des acteurs intermédiaires ; les groupes non étatiques cherchent parfois à gouverner. L’économie, les identités et les interventions extérieures prolongent des affrontements dont les objectifs évoluent.

Les conflits du Moyen-Orient remettent donc en cause une lecture exclusivement étatique et linéaire de la guerre. Ils n’annulent pas l’intuition d’une relation entre violence et politique. Le modèle de Clausewitz doit être discuté et complété, plutôt que réduit à une formule ou rejeté dès qu’apparaît un acteur non étatique.

Dissertation 2 — La conquête de l’espace de la Guerre froide à nos jours : rivalités et coopérations

Problématique

L’espace permet de démontrer une supériorité et de développer des services stratégiques. Comment la coopération s’inscrit-elle dans une conquête marquée par la compétition ?

I. La compétition structure les débuts

La guerre froide donne une portée idéologique aux succès soviétiques et américains. Spoutnik en 1957 et Gagarine en 1961 provoquent une réponse américaine, symbolisée par l’objectif lunaire puis Apollo 11 en 1969. Les lancements montrent des capacités scientifiques, industrielles et militaires.

L’enjeu ne se limite pas au prestige : communications, observation et navigation font du spatial un élément d’autonomie. Les États investissent parce que les retombées concernent aussi leur économie et leur sécurité.

II. Des programmes coopératifs et un cadre commun

Le traité de 1967 encadre les activités et exclut l’appropriation nationale de l’espace. Apollo-Soyouz en 1975 traduit la détente par un travail technique conjoint. Plus tard, la station spatiale internationale réunit des partenaires qui partagent coûts, compétences et installations.

La coopération européenne permet également de réunir des moyens qu’un État isolé mobiliserait plus difficilement. Elle ne signifie pas l’absence d’intérêts nationaux : les partenaires négocient leurs contributions et leurs retombées.

III. Un paysage élargi et toujours stratégique

La Chine et l’Inde renforcent leurs capacités, tandis que des entreprises deviennent des acteurs majeurs. Leurs programmes restent souvent liés aux commandes et aux politiques publiques. La recherche de marchés se combine à celle d’une autonomie de lancement et de services.

Les risques de débris, les usages militaires et les dépendances techniques imposent de nouvelles coordinations. Rivalités et coopérations se développent donc ensemble : les puissances peuvent collaborer sur un programme et se concurrencer sur un autre. La conquête spatiale est moins un passage de la guerre à la paix qu’une recomposition permanente des intérêts.

Étude critique — L’environnement aux États-Unis, entre exploitation et protection

Présenter et confronter les sources

Le discours de Richard Nixon de février 1973 présente l’action du gouvernement fédéral. L’affiche d’Hannah Rothstein mobilise en faveur de la réserve arctique, des Gwich’in et du caribou. Le texte revendique un bilan ; l’image cherche à provoquer une réaction. Leur confrontation révèle une tension entre valorisation des ressources et protection des milieux, à plusieurs échelles.

Une prise en charge fédérale et internationale

Nixon oppose l’ancienne confiance dans la durabilité du territoire à la reconnaissance de ressources fragiles et endommagées. Il cite la création de l’EPA et de la NOAA en 1970. Le propos montre une institutionnalisation de l’environnement, confirmée par l’histoire officielle de l’EPA.

Il revendique aussi un leadership mondial, avec des dispositifs internationaux contre les pollutions marines. La protection ne peut donc pas se limiter aux frontières : air, eau et océans mettent les États en interdépendance. Le ton victorieux reste toutefois celui d’un président présentant favorablement son action.

Des conflits d’usages et de justice

L’affiche représente des installations d’extraction, des fumées et des caribous menacés, face à deux figures humaines. Son appel associe protection des animaux et défense des terres sacrées d’un peuple autochtone. L’environnement est aussi un milieu de vie et un enjeu culturel.

Le contraste entre paysage protégé et exploitation industrielle rend le conflit visible. L’échelle locale de la réserve se relie aux décisions fédérales sur les ressources et à des mobilisations plus larges. La notice du sujet rattache cette affiche à « National Parks 2050 », mais la page de l’artiste la présente dans « Protect Our Parks », campagne contre des projets de forage. L’image porte une référence à 2021. Il faut donc analyser une mobilisation contre l’extraction, et ne pas lui attribuer automatiquement un scénario situé en 2050.

Des États-Unis pluriels

Le gouvernement fédéral ne constitue pas le seul acteur : associations, artistes, peuples autochtones, entreprises, États fédérés et collectivités interviennent. Les documents portent sur deux moments et ne permettent pas de mesurer directement l’évolution de toutes les politiques entre eux.

Ils montrent surtout que la protection et l’exploitation ne se succèdent pas simplement. Elles coexistent dans les choix d’aménagement et les rapports de force. Le sérieux de l’analyse exige donc d’identifier les intentions de chaque source, au lieu de transformer le discours présidentiel en preuve d’une crise résolue ou l’affiche militante en relevé scientifique.