Corrigé bac HLP 2023 centres étrangers, G11 jour 2
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Proposition de corrigé — non officielle. Bac général HLP 2023 centres étrangers, G11 jour 2 (23-HLPJ2G11). Texte de Jean-Marie Guyau sur moi, sociabilité et plaisir littéraire.
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Interprétation philosophique : Comment le texte confirme-t-il l’idée que le moi est une illusion ?
Guyau vise l’illusion d’une personnalité séparée, dont les plaisirs et les douleurs seraient entièrement privés. Il ne nie pas que chacun éprouve ; il montre que cette expérience est constituée dans des relations.
L’observation initiale porte sur les plaisirs ordinaires. Même ceux qui semblent les plus physiques gagnent du charme à être partagés. La sociabilité n’est donc pas un supplément réservé à quelques conduites généreuses : elle participe à ce qui paraît d’abord le plus personnel.
L’égoïsme pur devient alors doublement problématique. Il mutilerait une vie en retranchant ses relations ; il serait aussi impossible à réaliser complètement, puisque les affects portent déjà l’empreinte d’autrui.
L’image de l’agave développe cette idée. Les feuilles proches reçoivent les marques des épines voisines. Elles s’écartent ensuite, mais ces traces restent et grandissent. De même, les expériences partagées marquent la formation du cœur humain et continuent d’agir après la séparation. L’analogie illustre une intériorité relationnelle ; elle ne constitue pas une preuve biologique sur les sentiments.
La référence à la psychologie contemporaine appartient au contexte du texte. Guyau présente le moi comme composé d’une multiplicité d’états et de consciences, plutôt que comme une unité close. Il en déduit que le plaisir strictement égoïste est lui aussi une abstraction.
La fin élargit les cercles, de la famille à la société entière. Mon plaisir mobilise des conditions et des collaborations qui le dépassent. L’illusion n’est donc pas l’existence d’une expérience singulière, mais la croyance qu’elle pourrait être absolument indépendante des autres.
Essai littéraire : La littérature n’est-elle qu’un plaisir égoïste ?
Problème
La lecture peut être solitaire et recherchée pour le plaisir personnel. Mais la solitude de l’activité signifie-t-elle qu’elle soit fermée à toute relation ? La restriction « ne… que » invite à dépasser cette première apparence.
Un plaisir d’appropriation personnelle
Le lecteur choisit un rythme, un lieu et des œuvres. Il peut rechercher le divertissement ou un moment à l’abri des obligations. Ce plaisir ne doit pas être nié ni automatiquement condamné. Il ne suffit toutefois pas à définir tout ce que la littérature met en jeu.
Une relation à d’autres expériences
Le chapitre III de Candide donne à voir les victimes que la gloire des armées tend à masquer. Le plaisir de l’ironie peut s’accompagner d’un déplacement du jugement. Dans « Des cannibales », Montaigne amène le lecteur à examiner ses critères familiers. Même seul, celui-ci est mis en relation avec d’autres points de vue.
Une expérience partageable, sans garantie morale
Les livres circulent, suscitent des conversations et fournissent des mots communs. La lecture peut devenir une ressource pour mieux écouter autrui. Elle peut aussi rester une jouissance qui ne modifie rien : admirer une œuvre critique ne prouve pas la générosité du lecteur. Il faut donc distinguer ses possibilités de ses effets assurés.
Conclusion
La littérature procure un plaisir personnel, mais elle n’est pas seulement égoïste. Elle est faite de paroles reçues et peut ouvrir à d’autres existences. Sa portée dépend de la manière dont ce plaisir devient attention, réflexion ou échange.
Textes évoqués : Voltaire, Candide, chapitre III ; Montaigne, « Des cannibales ».