Corrigé bac HLP 2023 Liban, jour 1

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Proposition de corrigé — non officielle. Bac général HLP 2023 Liban, jour 1 (23-HLPJ1LI1). Texte de Blaise Cendrars sur images de soi et identité.

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Interprétation littéraire : Quelles réponses Cendrars explore-t-il face à la question « qui suis-je » ?

Cendrars écarte l’accumulation des portraits et des mesures comme réponse suffisante à l’identité, puis choisit d’examiner sa vie à travers des valeurs et des actes. Son écriture transforme l’inventaire de soi en interrogation sur ce qu’il est devenu.

La date de l’anniversaire fixe d’abord un moment de bilan. Mais les images produites au cours de la vie ne répondent pas à la question. Portraits peints, photographies et traces de cinéma multiplient les apparences et les rôles, sans donner leur unité.

La radiographie semble promettre un accès plus profond puisqu’elle montre l’intérieur du corps. La longue énumération anatomique pousse pourtant cette réponse jusqu’à sa limite : rendre visible un organe n’explique pas la vérité d’une existence. Ces documents sont situés dans un temps et un lieu ; ils enregistrent une image plutôt qu’ils ne résolvent l’identité.

Le second mouvement propose une autre mesure, celle des péchés capitaux. Le lexique des toises rapproche ironiquement cette démarche des tests et des fiches signalétiques. Mais Cendrars veut examiner ses pratiques, leur durée et leurs effets, non être réduit à une classification extérieure.

La critique de l’identification policière donne à cette opposition une dimension de liberté. Numéroter et ranger un individu permet de le saisir. Le jeu sur la main devient particulièrement fort dans un texte qui mentionne l’amputation du bras droit : la question de l’emprise s’inscrit dans une expérience corporelle singulière.

La fin déplace le jugement vers Dieu et vers les diables qui ont travaillé une vie. La réponse n’est pas un portrait moral flatteur ; l’auteur affirme avoir pratiqué tous les péchés. Se définir revient à reprendre une histoire de conduites et d’épreuves, sans croire qu’une image fixe en épuisera le sens.

Essai philosophique : Le moi n’est-il qu’un assemblage d’images fugitives ?

Problème

Nous nous reconnaissons dans des souvenirs, des portraits et des rôles changeants. Si ces images passent, faut-il en conclure qu’aucune unité de soi n’existe ? Le mot « que » impose d’examiner une réduction complète.

Une identité faite de représentations variables

L’image de soi dépend d’un moment, d’un regard et d’une situation. Une photographie ne montre pas la même chose qu’un souvenir ; un rôle professionnel ne résume pas une relation intime. Le moi ne se donne donc pas immédiatement comme une réalité transparente et immobile.

L’assemblage suppose aussi un travail de liaison

Pour reconnaître ces images comme miennes, je les relie à une histoire et à des engagements. Même si cette liaison peut être corrigée, elle ne se réduit pas à une juxtaposition. Le corps vécu, la mémoire et les actes donnent des continuités que chaque portrait isolé manque.

Une unité ouverte plutôt qu’une essence figée

Cendrars cherche une mesure dans sa manière d’avoir vécu. Cette démarche rappelle que l’identité se joue aussi dans les choix et leur reprise. Elle n’exige ni un noyau entièrement inchangé ni l’absence de contradiction. On peut devenir autre tout en ayant à répondre de son histoire.

Conclusion

Le moi passe par des images fugitives, mais il ne se réduit pas nécessairement à leur assemblage. Il est aussi une manière de les relier, d’agir et de se reconnaître dans une histoire qui reste interprétable.