Corrigé bac HLP 2023 Métropole, jour 2
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Proposition de corrigé — non officielle. Bac général HLP 2023 Métropole, jour 2 (23-HLPJ2ME1). Texte de Nietzsche sur langage et connaissance du moi.
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Interprétation philosophique : pourquoi sommes-nous autre chose que ce que nous paraissons être ?
Nietzsche soutient que nous nous connaissons à partir d’états extrêmes que le langage nomme, alors que notre caractère se tisse surtout de variations discrètes qui restent mal observées. L’image du moi est donc construite sur un matériau déformant.
Le début met en cause la langue et ses préjugés. Les mots disponibles désignent les degrés les plus marqués des pulsions. Là où les nuances ne sont pas nommées, nous avons plus de difficulté à les penser et tendons à ne plus les observer précisément. Le manque de mots est pris à tort pour une absence de réalité.
La liste des passions montre ensuite ce privilège des états extrêmes. Colère, amour ou douleur attirent l’attention, tandis que les degrés faibles et intermédiaires composent la continuité de l’existence. La métaphore de la toile distingue ce tissu des déchirures spectaculaires.
Ces manifestations violentes égarent aussi bien l’observateur que celui qui agit. En jugeant une personne seulement sur les états dont elle a conscience et qu’elle peut nommer, on prend des exceptions pour la règle. L’éloge et le blâme risquent alors de porter sur une représentation trop grossière.
La fin ajoute un effet de retour. Cette opinion fausse de nous-mêmes participe malgré tout à notre caractère et à notre destin. Le moi n’est pas seulement une erreur sans conséquence : l’image que nous adoptons peut orienter nos conduites.
L’extrait ne dit donc pas que rien de soi ne serait connaissable. Il demande d’interroger l’alphabet avec lequel nous nous lisons et de ne pas confondre ce qui est facilement nommé avec la totalité de ce qui nous constitue.
Essai littéraire : La littérature permet-elle de déchiffrer l’alphabet de notre moi ?
Problème
Si le langage ordinaire simplifie les états intérieurs, la littérature peut-elle en rendre les nuances ? Son travail des mots promet une connaissance, mais peut aussi produire de nouvelles images séduisantes.
Diversifier les formes de l’attention
Dans Bourlinguer, Cendrars examine portraits, photographies et documents du corps avant de chercher une autre mesure de sa vie. Le récit ne livre pas une identité immédiatement évidente ; il met en scène les limites des outils qui prétendent la fixer. Lire ce mouvement peut rendre plus critique envers ses propres étiquettes.
Faire sentir les écarts du vécu
Demain, dès l’aube de Hugo donne une forme à une présence tournée vers l’absent. La progression, le paysage à peine regardé et la destination finale font comprendre une expérience qui ne se résume pas au mot tristesse. La littérature élargit ainsi les moyens de reconnaître ce qui est vécu.
Une lecture sans clé unique
Un texte organise et choisit. Il peut donner une cohérence trop parfaite à une vie ou favoriser une identification simplificatrice. Le déchiffrement exige donc comparaison, reprise et attention aux contradictions. Il ne doit pas devenir l’application d’un code qui expliquerait toute personne.
Conclusion
La littérature peut enrichir l’alphabet du moi en donnant des mots et des formes à ses nuances. Elle ne fournit pas une clé définitive : sa valeur est aussi de rendre nos lectures de nous-mêmes plus ouvertes et plus exigeantes.
Textes évoqués : Cendrars, extrait de Bourlinguer au bac HLP ; Hugo, Demain, dès l’aube.