Corrigé bac HLP 2023 Nouvelle-Calédonie, jour 2

Aller à un exercice ou une partie

Proposition de corrigé — non officielle. Bac général HLP 2023 Nouvelle-Calédonie, jour 2 (23-HLPJ2NC1). Texte de Alain sur expression de la joie et partage des œuvres.

Télécharger ce corrigé en PDF · Ouvrir le sujet officiel · Retrouver les annales

Interprétation philosophique : comment la joie se nourrit-elle de sa propre expression ?

Pour Alain, l’expression ne traduit pas seulement une joie déjà présente : elle peut l’éveiller et l’accroître. Dans l’amitié, la joie donnée revient à chacun par la perception de celle de l’autre.

Le premier mouvement décrit une circulation. Ma présence réjouit mon ami ; voir sa joie m’en donne à mon tour. Chacun découvre ainsi un bonheur qu’il portait sans l’exercer. Il ne s’agit pas d’un bien qui diminue quand on le partage.

Alain reconnaît ensuite une source intérieure, mais refuse d’en faire une réserve qui se suffirait à elle-même. Une gaieté forcée ne crée pas nécessairement une joie véritable. À l’inverse, un contentement isolé peut s’endormir faute de mouvement extérieur. L’expression devient un exercice, comme celui qui entretient une capacité corporelle.

L’image des branches sèches précise ce rapport entre puissance et actualisation. L’ardeur est présente, mais elle a besoin d’une flamme pour se manifester. Le déclenchement ne fabrique pas tout à partir de rien ; il réveille une possibilité.

Le dernier mouvement renverse alors le rapport habituel entre bonheur et rire. Dans l’exemple proposé, rire peut contribuer à devenir heureux. Il ne faut pas lire cette analyse comme une recette médicale universelle ou une injonction à rire malgré toute souffrance. Alain décrit une dynamique de l’expression.

L’analogie finale avec les paroles étend cette idée à la pensée : exprimer aide à reconnaître ce qu’on porte en soi. La relation aux autres ne vient donc pas seulement après un moi entièrement constitué ; elle participe à son actualisation.

Essai littéraire : arts, littérature et joie communicative

Le sujet demande de partir d’une expérience personnelle réelle. Une œuvre citée doit donc être connue et replacée dans les circonstances de sa découverte. Les analyses suivantes peuvent aider à construire l’argumentation ; elles ne constituent pas des souvenirs à s’attribuer.

Problème et idée directrice

Une œuvre peut réjouir une personne seule, mais cette joie devient communicative lorsqu’elle suscite une parole, un geste ou une écoute partagée. Le partage n’ajoute pas nécessairement un commentaire après l’expérience : il peut en faire partie et l’intensifier.

Le jeu théâtral fait circuler le plaisir

Dans l’acte II du Bourgeois gentilhomme, Monsieur Jourdain s’émerveille de découvrir la prose et les voyelles. Le décalage entre son enthousiasme et la banalité de certaines découvertes produit un comique qui peut se déployer dans la voix et les gestes. Une scène lue à plusieurs ou vue au théâtre permet d’examiner comment l’écoute des réactions transforme la réception. Pour en faire un exemple personnel, il faut préciser un passage effectivement rencontré et ce que la présence d’autres personnes a changé.

Comprendre ensemble peut aussi réjouir

À la fin de Candide, la petite société se met à exercer ses talents et le jardin devient le lieu d’une activité commune. La lecture ne donne pas seulement un spectacle plaisant ; elle peut ouvrir une discussion sur une manière de vivre. La joie de reconnaître une idée, de la reformuler et de la voir comprise par un autre relève d’un plaisir intellectuel partageable.

Le partage n’impose pas une émotion identique

Une même œuvre ne réjouit pas tout le monde de la même manière. L’échange peut enrichir la perception sans obliger à rire ou à aimer. La joie est communicative lorsqu’elle ouvre une relation, non lorsqu’elle devient une règle de conformité au groupe.

Conclusion proposée

Les arts et la littérature peuvent éveiller une joie qui grandit dans son expression et son partage. L’expérience personnelle doit montrer ce passage précisément : ce qui a été perçu, ce qui a été exprimé et ce que la réponse d’autrui a rendu possible.

Œuvres évoquées : Molière, Le Bourgeois gentilhomme, acte II ; Voltaire, Candide, chapitre XXX.