Corrigé bac HLP 2024 Métropole, remplacement jour 2

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, spécialité humanités, littérature et philosophie, 2024 Métropole, remplacement jour 2 (24-HLPJ2ME3). Jankélévitch, rythmes de l’existence ; essai sur les œuvres face aux limites de la vie.

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Interprétation philosophique : Pourquoi ce texte accorde-t-il une place centrale aux rythmes de l’existence ?

Jankélévitch distingue l’irréversibilité du temps et l’usure qualitative d’une vie. Les rythmes rendent sensible la manière dont une existence finie organise ses activités et ses affects. Le vieillissement n’est donc pas le seul fait que le temps passe.

Le premier mouvement explique l’irréversibilité : le devenir ne revient pas sur ses pas. Cette direction nourrit regrets et poésie. Mais elle ne suffit pas à rendre compte du vieillissement, car on pourrait imaginer un devenir qui avancerait tout en se renouvelant continuellement.

Il faut donc ajouter une transformation qualitative de l’existence. Le texte rapporte le tonus vital et l’organisation des activités à une durée moyenne. Les comparaisons avec d’autres espèces et avec une autre planète montrent que les rythmes ne sont pas de simples mesures extérieures ; ils structurent la manière de vivre une journée, une conversation ou un projet.

Jankélévitch précise toutefois que les individus ne vieillissent pas tous de façon identique et que le processus n’est pas régulier. Le rythme n’est donc pas une horloge uniforme qui permettrait de déduire la vie d’une personne de son âge. Les chiffres évoqués appartiennent au propos historique et ne constituent pas une donnée démographique actuelle.

L’allongement de la vie modifie ensuite les sentiments et les styles d’existence. La durée n’est pas seulement une quantité ajoutée : elle transforme les attentes. Mais cette extension ne supprime pas la finitude. À une époque donnée, la vie reste limitée.

La place centrale des rythmes permet ainsi de relier le temps à la qualité vécue de l’existence. On ne comprend pas le vieillissement en comptant seulement les années ni en confondant vie plus longue et vie infinie.

Essai littéraire : En quoi la littérature et les arts nous aident-ils à affronter les limites de l’existence ?

Problème

Les œuvres ne suppriment ni la mort ni la séparation. Elles peuvent pourtant donner une forme à ces limites et rendre leur expérience partageable. Leur aide doit être distinguée d’une promesse d’effacement.

Donner forme à l’absence

Dans Demain, dès l’aube, Hugo transforme un déplacement vers une tombe en adresse à un être absent. La marche et le bouquet ne rendent pas la personne à la vie ; ils rendent possible un geste de fidélité. La forme poétique inscrit une relation dans la limite même qu’elle rencontre.

Faire reconnaître la vulnérabilité

Le Dormeur du val de Rimbaud conduit à découvrir la mort derrière le repos apparent. La beauté du paysage ne la compense pas. Le poème empêche de laisser disparaître le soldat dans une abstraction héroïque et donne une présence à une vie interrompue.

Partager sans abolir la limite

Une œuvre peut fournir des mots à une expérience difficile à dire, mais elle ne produit pas une consolation identique pour tous. Elle peut aussi accentuer la douleur. Son aide tient à la possibilité d’élaborer et de partager, pas à une efficacité garantie.

Conclusion

La littérature et les arts aident à affronter les limites en les rendant pensables, sensibles et transmissibles. Ils ne les suppriment pas ; ils peuvent empêcher qu’elles condamnent chacun au silence et à l’isolement.

Textes évoqués : Hugo, Demain, dès l’aube ; Rimbaud, Le Dormeur du val.