Corrigé bac HLP 2025 Nouvelle-Calédonie, jour 1

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, spécialité humanités, littérature et philosophie, 2025 Nouvelle-Calédonie, jour 1. Pièce 25-HLPJ1NC1 : les deux parties sont traitées.

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Interprétation philosophique : Quelle part, selon Rousseau, l’enfant prend-il dans sa propre éducation ?

L’enfant apprend en éprouvant les conséquences de ses actes et en participant à la formulation d’un accord. Mais cette activité est organisée par l’adulte : elle n’est pas une autonomie déjà complète.

Rousseau oppose d’abord les discours aux actions. Une leçon récitée peut être oubliée ; l’expérience de ce qu’on fait et de ce qu’on subit laisse une trace plus durable. L’élève n’est donc pas présenté comme un réceptacle de maximes. Son apprentissage engage ses gestes, ses sensations et sa mémoire.

L’exemple des fenêtres développe cette idée. L’enfant doit rencontrer un lien entre la destruction et la privation d’un usage. L’adulte évite la colère et les plaintes sur son propre désagrément : il cherche à déplacer l’attention vers les conséquences que l’élève peut comprendre lui-même.

Cependant, l’enfermement et les réponses du domestique montrent que cette expérience n’est pas spontanée. Le maître choisit la situation, ses contraintes et le moment où une proposition sera suggérée. Le paradoxe éducatif est là : l’enfant est conduit à prendre une initiative dans un dispositif qu’il ne maîtrise pas.

À la fin, il propose un accord qui lie respect des fenêtres et liberté. L’éducateur l’accepte immédiatement, sans multiplier les serments. L’élève devient une partie à une relation réciproque : sa parole et son intérêt sont reconnus. L’éducation vise ainsi un passage de la dépendance subie à une règle comprise et assumée.

Cette analyse ne vaut pas recommandation des traitements décrits. L’exposition au froid et l’isolement sont des éléments du texte historique dont on peut discuter la violence. La tension entre participation réelle et manipulation par l’adulte est précisément un enjeu de l’interprétation.

Essai littéraire : La littérature et les arts peuvent-ils nous apprendre autant que l’expérience vécue ?

Introduction proposée

L’expérience vécue engage le corps et les conséquences d’une action. Lire ou regarder une œuvre semble nous en tenir à distance. Pourtant, nous découvrons dans les œuvres des existences que nous ne pourrions pas toutes traverser. Leur enseignement est-il moins réel, ou d’une autre nature ?

Une expérience indirecte qui élargit la compréhension

Dans La Parure, Maupassant donne à suivre le désir de reconnaissance de Mathilde, puis le coût d’un remplacement ruineux. La chute oblige le lecteur à réévaluer les apparences et les décisions. Il peut comprendre les effets d’une illusion sans vivre lui-même dix années de privations. La forme du récit concentre et organise ce qu’une vie dispersée ne permet pas toujours de saisir.

Une mise à l’épreuve du jugement

Au chapitre III de Candide, Voltaire confronte l’ordre brillant des armées à la destruction des villages. L’ironie rend insuffisante une admiration abstraite de la gloire militaire. Le lecteur ne reçoit pas seulement une information : il est amené à changer de point de vue. L’œuvre peut ainsi former l’attention et la sensibilité.

Une limite qui fait aussi leur valeur

Ces rencontres ne donnent ni l’habileté d’un geste ni la responsabilité entière d’une situation vécue. Lire une peur n’est pas courir le même danger. Inversement, vivre un événement ne suffit pas à le comprendre : l’œuvre peut offrir des mots et une distance pour le penser. Les deux formes d’apprentissage se complètent sans être interchangeables.

Conclusion

La littérature et les arts peuvent apprendre autant, et parfois autrement, que certaines expériences personnelles. Leur force est d’élargir et de travailler l’expérience ; ils ne remplacent pas toutes les épreuves du réel.

Œuvres évoquées : La Parure, Maupassant ; Candide, chapitre III.