Corrigé bac HLP 2025 Polynésie, jour 1

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, spécialité humanités, littérature et philosophie, 2025 Polynésie, jour 1. Pièce 25-HLPJ1PO1 : les deux parties sont traitées.

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Interprétation littéraire : le regard de Perros sur lui-même

Le poète se représente comme un être à la fois aimé et solitaire, reconnu dans sa famille mais incertain de sa propre consistance. Son texte ne se réduit ni à un rejet des proches ni à une confession heureuse.

L’ouverture exprime la surprise devant l’amour reçu. Le retour du soir est accompagné par la crainte de ne plus retrouver la famille. Le verbe de possession appliqué à la femme et aux enfants est aussitôt interrogé : la formule habituelle semble étrange à celui qui se sent lui-même si peu assuré d’être.

L’anaphore qui suit fait du regard familial un moment de présence. Être vu, être époux et père, donner un sens vivant à sa vie : ces affirmations se soutiennent. Mais l’interrogation qui les interrompt montre qu’elles ne deviennent pas une évidence définitive.

Le poète prévient ensuite une lecture trop rapide. Il ne manque pas d’amour ; il s’étonne d’être pris au sérieux. L’écart oppose les lieux où les autres l’attendent et ceux vers lesquels son attention s’égare. Les jeux de sonorités et les images menaçantes donnent à cet ailleurs une inquiétude que l’appartenance familiale ne dissipe pas.

La fin fait de l’écriture une nouvelle exposition au regard. Les mots peuvent susciter un jugement hostile alors qu’ils étaient écrits dans une autre intention. Le souhait de s’effacer contredit pourtant le fait même de laisser une œuvre. La reprise finale associe amour des autres et solitude : l’identité ne se ferme pas dans un rôle social unique.

Le rythme proche de la parole, les relances et les objections adressées au lecteur rendent sensible ce mouvement. Le texte examine une vie ordinaire sans lui donner une unité artificiellement rassurante.

Essai philosophique : N’est-on soi-même que dans le regard des autres ?

Problème

Le regard d’autrui me reconnaît et m’attribue une place. Mais peut-il décider entièrement de ce que je suis ? La restriction « ne… que » oblige à examiner une dépendance exclusive, et pas seulement l’influence des autres.

La reconnaissance contribue à l’identité

Nous apprenons à nous nommer et à agir dans des relations. Un engagement ou un rôle prend sens parce qu’il est reconnu. Chez Perros, les proches rendent l’existence visible et lui donnent une portée qu’une conscience isolée ne suffirait pas à produire.

Le risque d’être enfermé dans une image

Autrui peut aussi se tromper, projeter une attente ou réduire une personne à un rôle. Si je ne suis que ce qui est reconnu, je ne pourrais jamais contester une réputation injuste. Le désir d’être approuvé peut alors éloigner de ses propres expériences au lieu de les éclairer.

Une identité relationnelle, mais critique

Être soi ne demande pas de supprimer tout regard extérieur. Cela suppose de pouvoir l’accueillir, le comparer et parfois lui résister. La réflexion et les actes introduisent un écart entre l’image reçue et la manière dont on se conduit. La reconnaissance reste importante sans devenir une définition souveraine.

Conclusion

On devient soi avec les autres, mais pas seulement comme leur reflet. L’identité se forme dans un échange où la reconnaissance et la possibilité de ne pas coïncider avec l’image donnée doivent rester ensemble.