Corrigé bac HLP 2025 Polynésie, remplacement jour 1

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, spécialité humanités, littérature et philosophie, 2025 Polynésie, remplacement jour 1. Pièce 25-HLPJ1PO3 : les deux parties sont traitées.

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Interprétation littéraire : le paradoxe du face-à-face entre l’homme et la machine

Dans cet incipit de BASQU.I.A.T, la machine affirme sa supériorité tout en butant sur l’émotion artistique de l’humain. La condition humaine apparaît à la fois dépendante et irréductible au calcul qui prétend la connaître entièrement.

L’adresse directe inverse d’abord les rôles habituels. La machine parle, raisonne et attribue à l’homme une incapacité. L’excuse initiale est condescendante. L’énumération des services qu’elle continuera à assurer étend son pouvoir de la santé aux transports, à la politique, à l’amour et à la création. La vie humaine paraît administrée par un interlocuteur devenu indispensable.

La langue de l’homme est ensuite dépréciée comme confuse et pauvre. Pourtant, le discours de la machine emploie une parole familière, des hésitations et des adresses affectives. Le texte lui donne ainsi des marques humaines au moment où elle prétend dépasser l’humain.

La description du tableau semble d’abord confirmer sa maîtrise. Dimensions, matériaux, détails anatomiques et symboliques sont répertoriés. Mais l’inventaire ne rend pas compte de la fascination éprouvée par le spectateur. Les interrogations se multiplient ; le savoir accumulé n’explique pas le surgissement d’un effet singulier.

La répétition de l’impossibilité et l’aveu de gêne fissurent alors l’assurance initiale. La machine peut compter les marques, reconnaître des formes et décrire des mécanismes cérébraux ; elle ne parvient pas à épuiser le sens de l’expérience. Le respect déclaré à la fin demeure ambigu, entre reconnaissance et réduction de l’émotion à des stimuli.

Il faut conserver le statut fictionnel de la scène. L’extrait n’établit pas expérimentalement ce que toute intelligence artificielle pourrait ou ne pourrait pas faire ; il construit un paradoxe qui interroge notre définition de l’humain.

Essai philosophique : L’art manifeste-t-il ce qui est proprement humain ?

Problème

L’art semble manifester une capacité à créer des formes et à leur donner du sens. Mais suffit-il à définir une propriété exclusive de l’humanité ? Il faut distinguer ce qui exprime notre expérience et ce qui prouverait une frontière absolue.

Une expérience mise en forme

Une œuvre n’est pas seulement une réponse efficace à un besoin. Elle peut exposer une manière singulière d’habiter le monde. Dans le poème de Hugo Demain, dès l’aube, le déplacement vers une tombe donne forme à l’absence et à l’attachement. La construction du poème transforme une expérience intime en possibilité de partage.

L’insuffisance de la seule performance

L’incipit de Soliane oppose la quantité d’informations disponibles à la compréhension d’un effet artistique. Produire ou décrire une forme ne règle pas entièrement la question de son sens. L’art engage aussi une interprétation, une histoire et une relation entre des personnes. Sa valeur ne se mesure donc pas uniquement à une difficulté technique.

Une manifestation plutôt qu’une preuve d’exclusivité

Il serait cependant circulaire de définir l’art comme humain pour conclure qu’il prouve l’humanité. Les techniques et les formes de création changent. L’usage d’un outil ne suffit ni à retirer toute responsabilité humaine ni à établir que l’outil éprouve ce qu’il produit. Il faut examiner les intentions, les pratiques et la réception, plutôt qu’une apparence de résultat.

Conclusion

L’art manifeste des dimensions importantes de l’existence humaine : sensibilité, invention, mémoire et partage. Il ne fournit pas à lui seul une démonstration définitive de ce qui serait exclusivement humain. Sa force est aussi de maintenir cette interrogation ouverte.

Exemple évoqué : Hugo, Demain, dès l’aube.