Corrigé bac philosophie 2021 Antilles-Guyane, remplacement
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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, philosophie, session 2021 Antilles-Guyane, remplacement. Ce sujet comporte quatre choix, tous traités ci-dessous ; un seul était à rendre.
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Sujet 1 : Suis-je ce que mon inconscient fait de moi ?
L’inconscient désigne ici des processus ou des désirs qui agissent sans être directement présents à la conscience. Si une partie de mes conduites m’échappe, suis-je seulement leur produit ?
La conscience ne connaît pas toujours les motifs de l’action. Une réaction répétée ou un désir contradictoire montre que le récit que je fais de moi ne suffit pas à tout expliquer. Reconnaître cette limite évite de confondre identité et image volontairement construite.
Mais dire qu’un processus agit en moi ne signifie pas qu’il constitue une personne étrangère qui déciderait de tout. L’inconscient appartient à mon histoire ; il ne supprime pas d’un coup la réflexion, les relations ou les apprentissages. Le sujet ne se réduit pas davantage à ce qu’il ignore qu’à ce qu’il sait de lui.
Un travail de compréhension peut transformer certaines déterminations en possibilités d’action. Il ne promet ni transparence totale ni maîtrise absolue. Je suis aussi constitué par ce qui m’échappe, mais je ne suis pas nécessairement condamné à le répéter sans le comprendre. L’identité est une histoire susceptible de reprise, non un résultat entièrement fixé hors de toute action.
Sujet 2 : La technique nuit-elle nécessairement à la nature ?
Toute technique transforme un milieu ou une matière. Or transformer n’est pas forcément nuire. La question porte sur la nécessité du dommage, pas seulement sur l’existence de dommages réels.
La technique peut détruire des milieux lorsqu’elle traite la nature comme une réserve sans limite. La puissance et l’échelle des interventions rendent parfois les effets durables. Il serait donc faux de réduire tous les dommages à de simples accidents étrangers aux choix techniques.
Cependant, une transformation peut aussi préserver ou réparer : traiter une eau polluée, réduire un gaspillage ou restaurer un habitat suppose des moyens techniques. Une nature totalement soustraite à toute intervention n’est pas l’unique critère possible de protection. Il faut préciser les vivants et les équilibres concernés.
L’évaluation doit porter sur les usages, les fins et les conséquences, y compris éloignées. Une innovation utile en un sens peut déplacer un coût ailleurs. La technique ne nuit pas par une nécessité logique, mais sa puissance exige des choix et des limites ; l’absence de fatalité ne vaut pas absence de responsabilité.
Sujet 3 : Sans les mots, que serait la réalité ?
La réalité paraît exister indépendamment du langage. Pourtant, nous la distinguons et la pensons à l’aide de mots. Il faut examiner ce qui subsisterait et ce qui deviendrait impossible sans eux.
Les choses ne disparaîtraient pas si nous cessions de les nommer. Une douleur, une couleur ou une résistance peuvent être éprouvées avant leur formulation. Réduire la réalité aux mots confondrait l’existence des choses et leur représentation.
Cependant, le langage permet de stabiliser des distinctions et de partager une expérience. Nommer une relation ou une injustice peut rendre visible ce qui restait confus. Les mots donnent accès à des objets abstraits et à une mémoire commune ; ils transforment la réalité vécue et sociale.
Ils peuvent aussi masquer ou déformer. Un classement trop rigide fait oublier les différences ; un euphémisme dissimule une violence. Il faut donc confronter le langage à l’expérience et l’enrichir. Sans les mots, le réel ne serait pas rien, mais notre monde commun et notre capacité à le comprendre seraient profondément réduits.
Sujet 4 : explication du texte de Démocrite
Démocrite relie la vie heureuse à la mesure des désirs et à la stabilité de l’âme. Son propos est pratique : comment éviter que la comparaison aux plus riches ne transforme le désir en agitation sans fin ?
Le début oppose la modération aux passages entre manque et excès. Le bonheur n’est pas une accumulation illimitée de plaisirs, car l’instabilité des attentes trouble l’âme. La réflexion doit porter sur ce qui est possible et sur les biens déjà présents.
La comparaison avec les personnes malheureuses a une fonction précise : changer l’évaluation de sa propre condition. Il ne s’agit pas de prendre plaisir à leur souffrance, mais de reconnaître ce dont on dispose au lieu de le tenir pour négligeable.
L’admiration obsédée des riches produit l’effet inverse. Elle fait paraître nécessaire ce qui ne l’est pas et pousse à chercher sans cesse de nouveaux moyens, éventuellement illégaux. Le désir devient alors une dépendance qui menace à la fois la tranquillité et la justice de la conduite.
La conclusion reprend la comparaison comme exercice de jugement. En mesurant autrement son sort, on réduit l’envie, la jalousie et le ressentiment. L’argument ne prouve pas qu’il faudrait accepter toute misère ou toute injustice ; il porte sur les troubles nés d’un désir comparatif insatiable. La satisfaction proposée dépend de la manière de juger les biens, pas seulement de leur quantité.