Corrigé bac philosophie 2021 Asie

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, philosophie, session 2021 Asie. Ce sujet comporte quatre choix, tous traités ci-dessous ; un seul était à rendre.

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Sujet 1 : Existe-t-il des techniques pour être heureux ?

Une technique est un ensemble de moyens réglés en vue d’une fin. Le bonheur peut-il être produit comme un résultat, ou dépend-il de conditions qu’aucune méthode ne garantit ?

Des pratiques peuvent améliorer la manière de vivre : examiner ses désirs, organiser son temps, entretenir une relation ou apprendre à porter attention. Elles ne sont pas de simples souhaits ; leur répétition peut transformer les habitudes. Le bonheur ne dépend donc pas uniquement d’une chance extérieure.

Pourtant, une méthode ne contrôle ni tous les événements ni le sens qu’une existence prend pour chacun. Réduire le bonheur à une performance peut même accroître l’insatisfaction : on se reproche de ne pas obtenir le résultat annoncé. Une technique fournit des moyens, mais ne détermine pas à elle seule ce qui mérite d’être désiré.

Il faut donc distinguer les pratiques qui rendent une vie plus habitable et une recette qui garantirait le bonheur. Il existe des techniques favorables à certaines de ses conditions, mais pas nécessairement une fabrication certaine du bonheur. Le jugement sur les fins et l’ouverture aux événements restent indispensables.

Sujet 2 : Les résultats des sciences sont-ils indiscutables ?

Un résultat scientifique demande des preuves ; il ne devrait pas être contesté par une opinion sans examen. Mais « indiscutable » peut signifier solidement établi ou interdit à la critique, ce qui n’est pas la même chose.

Les résultats contrôlés ont une autorité rationnelle. La discussion doit tenir compte des méthodes et des données qui les fondent. Une préférence personnelle ne suffit pas à réfuter une expérience reproductible. Reconnaître la possibilité d’une erreur ne justifie donc pas de traiter toutes les affirmations comme équivalentes.

Cependant, les sciences vivent aussi de la critique. Une mesure, une interprétation ou une généralisation peut être reprise. La discussion n’est féconde que si elle précise ce qu’elle conteste et apporte des raisons susceptibles d’être contrôlées. Elle permet de corriger une erreur ou de mieux définir un domaine de validité.

Les résultats peuvent être fortement justifiés sans être soustraits par principe à tout débat. Leur force vient de leur résistance aux objections pertinentes, et non d’une interdiction d’en formuler.

Sujet 3 : Le droit peut-il être injuste ?

Le droit organise les rapports sociaux au moyen de règles. Si la justice consistait seulement à obéir à ces règles, un droit injuste serait contradictoire. Mais cette définition permettrait-elle encore de juger une loi discriminatoire ?

Le droit met d’abord fin à l’arbitraire privé en fixant des obligations communes. La régularité des procédures et la prévisibilité des décisions ont une valeur de justice. Une règle ne peut pas être écartée par chacun au seul motif qu’elle lui déplaît.

Pourtant, une règle peut protéger un privilège ou refuser à certains des droits reconnus aux autres. Sa validité juridique ne suffit pas à justifier son contenu. La distinction entre légalité et légitimité permet de critiquer le droit sans renoncer à toute vie réglée.

La réponse consiste à rendre possible la révision du droit par des raisons publiques, des recours et une délibération. Le droit peut être injuste ; c’est pourquoi une institution juste doit aussi permettre de contester ses règles. La critique a besoin de critères et ne se confond pas avec l’intérêt individuel.

Sujet 4 : explication du texte de Hegel

Hegel critique l’usage des circonstances comme excuse d’une conduite dont le sujet refuserait la responsabilité. Son idée centrale est que la volonté ne subit pas les motifs comme un effet subit mécaniquement sa cause : elle leur donne une valeur dans sa décision.

Le début analyse une manière de parler. Dire que des mobiles ont déterminé mon vouloir me présente comme passif. Hegel ne nie pas l’existence des circonstances ; il conteste qu’elles suffisent à expliquer l’action sans l’activité du sujet.

La différence avec la causalité précise ce point. Dans un rapport causal nécessaire, l’effet suit la cause. Or la réflexion permet de prendre distance avec une détermination et de la dépasser. Une circonstance devient un motif lorsque le vouloir la retient comme raison d’agir.

La fin examine l’enjeu moral de l’excuse. Rejeter sa conduite hors de soi revient à se présenter comme une chose naturelle non libre. Mais l’action reste celle du sujet. Les mobiles n’ont donc pas un pouvoir extérieur entièrement indépendant de la manière dont il les assume.

L’argument ne signifie pas que chacun maîtrise toutes les conditions de son existence ou que les contraintes matérielles seraient imaginaires. Il distingue l’influence des circonstances de la nécessité mécanique et défend, dans cette distinction, la possibilité d’une responsabilité réfléchie.