Corrigé bac philosophie 2021 Métropole, juin
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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, philosophie, session 2021 Métropole, juin. Les quatre choix sont traités séparément ; un seul était à rendre.
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Sujet 1 : Discuter, est-ce renoncer à la violence ?
Discuter consiste à échanger des raisons. Cela semble substituer la parole à la force. Mais une parole peut aussi menacer, humilier ou masquer un rapport de domination.
Une véritable discussion reconnaît d’abord l’autre comme interlocuteur. Au lieu d’imposer immédiatement une décision, on accepte de justifier sa position et d’entendre une objection. Cette suspension de la force ouvre un espace commun où l’accord ne dépend pas seulement de la puissance de chacun.
Toutefois, parler ne suffit pas. Une négociation sous la menace ou une mise en scène où l’un ne peut jamais répondre peut conserver une violence dans ses conditions. Les mots eux-mêmes peuvent blesser ou rendre une personne inaudible. Le désaccord verbal n’est donc pas automatiquement pacifique au sens fort.
Il faut distinguer le simple échange de paroles et la discussion réglée par la reconnaissance, la possibilité de répondre et l’examen des raisons. Discuter peut être un renoncement à l’imposition violente, à condition que la force ne décide pas d’avance de ce qui peut être dit et entendu. Cela n’exige pas l’effacement de tout conflit, mais sa transformation.
Sujet 2 : L’inconscient échappe-t-il à toute forme de connaissance ?
Si l’inconscient est ce qui n’est pas directement conscient, il paraît inaccessible à l’observation intérieure. Mais l’absence d’accès immédiat interdit-elle toute connaissance indirecte ?
La conscience ne peut pas simplement décider de voir ce qui lui échappe. Les récits que nous faisons de nos motifs peuvent masquer certaines déterminations. Il faut donc reconnaître une limite de l’introspection et de la certitude sur soi.
Cependant, une connaissance peut passer par des indices, des répétitions ou des effets. Comprendre un processus n’exige pas toujours de l’éprouver directement. Le travail d’interprétation cherche ainsi à relier des manifestations plutôt qu’à transformer l’inconscient en objet immédiatement visible.
Cette démarche doit rester critique. Une interprétation qui expliquerait tout sans pouvoir jamais être discutée risquerait de devenir arbitraire. Il faut distinguer hypothèse, cohérence explicative et preuve. L’inconscient peut échapper à la conscience immédiate sans être soustrait par principe à toute recherche ; sa connaissance reste médiate, limitée et discutable.
Sujet 3 : Sommes-nous responsables de l’avenir ?
L’avenir n’existe pas encore et ne dépend pas entièrement de nous. Pourtant, nos décisions peuvent en modifier les conditions. La responsabilité exige-t-elle une prévision parfaite ?
Nous ne pouvons répondre de tout ce qui arrivera. Les actions rencontrent d’autres volontés et des événements imprévus. Une responsabilité illimitée rendrait chacun coupable de ce qu’il ne pouvait ni connaître ni empêcher.
Mais l’incertitude ne supprime pas les conséquences prévisibles. Engager durablement des ressources, créer un risque ou transmettre une institution affecte les possibilités d’autrui. La responsabilité peut porter sur la prudence de la décision et sur les moyens d’en corriger les effets, sans garantir un résultat absolu.
Elle doit aussi prendre en compte les personnes futures, qui ne peuvent défendre aujourd’hui leurs intérêts. Préserver leurs possibilités ne signifie pas décider de toute leur vie à leur place. Nous sommes responsables de la part d’avenir que nos actes contribuent à ouvrir ou à fermer, à la mesure de notre pouvoir et des connaissances accessibles.
Sujet 4 : explication du texte de Durkheim
Durkheim soutient que la morale doit régler la vie sans absorber toutes ses activités. Même une vertu reconnue ne peut être développée sans limite : un excès peut détruire les conditions de la conduite morale elle-même.
Le début rapporte la morale aux conditions d’une société. Lui imposer brutalement une autre morale peut désorganiser ses relations. Cela conduit à une seconde question : pourrait-on au moins augmenter indéfiniment les vertus déjà admises ? Durkheim répond négativement.
Le premier argument porte sur la limite réciproque des devoirs. Se donner entièrement aux autres peut conduire à s’abandonner ; développer exclusivement sa personnalité peut devenir égoïste. Un devoir ne se comprend donc pas isolément des autres.
Le second argument concerne les autres exigences de la vie. Les activités économiques ont besoin d’une possibilité de se déployer. Condamner toute richesse serait aussi dangereux que d’en faire le bien suprême. La régulation morale ne doit pas paralyser ce qui est vital.
La conclusion expose une contradiction de l’excès : la morale a pour objet notre vie temporelle. Si elle nous en détourne, elle détruit la matière même de son application. Le texte ne réclame donc ni absence de morale ni souveraineté du profit. Il défend une mesure de la réglementation morale, compatible avec la pluralité des fonctions humaines.