Corrigé bac philosophie 2021 Métropole, remplacement
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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat général, philosophie, session 2021 Métropole, remplacement. Les quatre choix sont traités séparément ; un seul était à rendre.
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Sujet 1 : La conscience nous fait-elle connaître la vérité de ce que nous sommes ?
La conscience donne un accès privilégié à nos pensées et à nos expériences. Mais être présent à soi signifie-t-il se connaître entièrement et sans erreur ?
Cet accès est d’abord irremplaçable. Une douleur ou une intention n’est pas connue de la même manière par celui qui la vit et par celui qui l’observe. La conscience permet aussi de relier des expériences et de les reconnaître comme siennes.
Pourtant, le sujet peut se tromper sur ses motifs, sélectionner ses souvenirs ou présenter une image avantageuse de lui-même. L’évidence d’une expérience n’est pas la connaissance complète de ses causes. L’identité comprend aussi un corps, une histoire et des relations dont la compréhension demande d’autres points de vue.
La conscience devient donc plus connaissante lorsqu’elle accepte l’examen et la confrontation. L’action, la parole d’autrui et le retour critique sur ses récits peuvent modifier ce qu’on croyait être. Elle est une condition de la connaissance de soi, mais non une garantie de transparence totale. La vérité de soi se cherche dans un travail, plutôt qu’elle ne se livre immédiatement tout entière.
Sujet 2 : N’y a-t-il de liberté que dans la solitude ?
La solitude peut soustraire aux pressions et laisser choisir sans surveillance. Mais la présence d’autrui est-elle toujours un obstacle à la liberté ?
Être seul permet parfois de se dégager du conformisme et des attentes. Un temps de retrait rend possible la réflexion et le choix de ses fins. La dépendance au regard d’autrui peut au contraire conduire à vouloir seulement ce qui sera approuvé.
Cependant, la solitude ne supprime ni les besoins ni les habitudes intériorisées. Elle peut aussi devenir impuissance ou isolement. La langue, les savoirs et les moyens d’agir se forment dans des relations. Des règles communes peuvent protéger les libertés au lieu de les abolir.
Il faut donc distinguer relation et domination. Une relation où l’on peut répondre, refuser et agir avec d’autres accroît certaines possibilités. La solitude peut être une condition de recul, mais elle n’est pas le seul lieu de la liberté. Celle-ci dépend aussi de la qualité des liens et des institutions qui rendent l’autonomie possible.
Sujet 3 : Bien parler, est-ce bien penser ?
Bien parler peut signifier s’exprimer clairement ou persuader avec élégance. Bien penser suppose un jugement cohérent et justifié. L’habileté verbale garantit-elle cette qualité ?
La formulation claire aide la pensée. Chercher un mot précis oblige à distinguer des idées ; construire un raisonnement permet d’en voir les étapes et les contradictions. La parole n’est donc pas seulement l’emballage d’une pensée déjà achevée.
Mais une expression brillante peut masquer un argument faible. La persuasion joue aussi sur les émotions et les attentes. Une personne éloquente peut soutenir successivement des positions incompatibles. Inversement, une pensée juste peut être difficile à exprimer, surtout lorsqu’elle est encore en formation.
Il faut donc soumettre le discours à l’examen de ses raisons, tout en travaillant sa forme. Bien parler favorise une pensée plus précise lorsque la clarté sert la vérité ; l’éloquence seule ne prouve pas qu’on pense bien. La qualité du langage et celle du jugement peuvent se soutenir sans se confondre.
Sujet 4 : explication du texte de Montaigne
Montaigne interroge la supériorité que les humains s’attribuent sur les animaux. Il montre l’incohérence d’un raisonnement qui reconnaît la réussite des ouvrages animaux tout en leur refusant toute pensée.
L’exemple de l’araignée ouvre la question. La diversité de ses opérations et leur ajustement font apparaître une activité que nous qualifierions de réfléchie si elle était humaine. Montaigne demande pourquoi nous changeons de critère dès qu’il s’agit d’un animal.
Le texte confronte ensuite la faiblesse de certaines techniques humaines à l’habileté des bêtes. Nous attribuons nos propres productions aux facultés de l’âme, mais les leurs à un mécanisme inné et servile. Cette différence d’explication semble fondée sur un préjugé plutôt que sur une observation impartiale.
Enfin, Montaigne retourne ironiquement l’argument de l’instinct. Si la nature guide parfaitement les animaux alors qu’elle laisse les humains chercher avec peine les moyens de vivre, ce prétendu défaut devient un avantage. L’opposition entre stupidité animale et intelligence divine des humains se renverse contre l’orgueil qui la soutient.
Le texte ne constitue pas une démonstration expérimentale de toutes les facultés animales. Il met à l’épreuve notre manière de les juger et invite à une comparaison moins présomptueuse.