Corrigé bac pro agricole français 2011 : Amélie Nothomb
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Proposition de corrigé — non officielle. Bac professionnel agricole, E1 français, session 2011, Antilles-Polynésie (2011-PRO10-NOR-AN-PO).
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Lecture — Stupeur et tremblements
1a. Personnages et fonctions
| Personnage | Fonction ou position donnée dans l’extrait |
|---|---|
| Monsieur Saito | Supérieur de la narratrice, qui l’accueille et lui confie le travail |
| Monsieur Omochi | Vice-président et supérieur de Saito |
| Monsieur Haneda | Président de la compagnie |
| Mademoiselle Mori | Supérieure directe de la narratrice |
Adam Johnson est le destinataire de la lettre liée au golf ; sa fonction n’est pas expliquée. Il serait donc faux de lui attribuer un poste précis. Le père a trouvé l’emploi, mais ne travaille pas nécessairement dans l’entreprise.
1b. Les autres employés
Ils sont présentés collectivement, notamment comme une foule dont les noms sont aussitôt oubliés. La narratrice découvre trop de personnes et d’informations pour les distinguer. Cette désignation fait ressentir son désarroi et la taille impersonnelle de l’organisation, plutôt qu’une connaissance réelle de chacun.
2. Le type de texte dominant
Le passage est narratif. Il raconte l’arrivée d’une salariée et les premières tâches de sa journée. Trois caractéristiques le montrent :
- un repère temporel précis, « Le 8 janvier 1990 », ouvre la scène, puis des étapes successives organisent la visite et la rédaction des lettres ;
- les verbes d’action au passé, comme « Il me conduisit », font progresser les événements, de l’ascenseur au bureau de Saito ;
- la première personne, notamment « Je pensai », donne accès aux perceptions, hésitations et réactions de la narratrice.
Des descriptions et des dialogues sont intégrés au récit. Ils ne suppriment pas sa progression principale : découverte de l’entreprise, présentation de la hiérarchie puis échec répété de la première mission.
3a. L’ascenseur
Le verbe qui fait de l’ascenseur un être capable de recracher une personne constitue une personnification, appuyée sur une métaphore. La narratrice paraît projetée dans un univers qui la dépasse, comme si la machine décidait pour elle.
La fenêtre qui semble ensuite l’aspirer prolonge l’impression de perte de maîtrise. Cette entrée brutale prépare le décalage entre ses attentes et la réalité de sa première journée.
3b. Deux caractéristiques de l’entreprise
L’entreprise apparaît très hiérarchisée : la visite suit les échelons, le président reste inaccessible et la narratrice est placée sous plusieurs supérieurs.
Elle est aussi autoritaire et opaque, telle que la narratrice la perçoit. Saito déchire la lettre et exige qu’elle recommence sans expliquer le défaut. La salariée n’ose plus poser de question et ne se sent pas libre de refuser le « défi » proposé.
Ces adjectifs décrivent l’entreprise du récit et le point de vue ironique de la narratrice. Ils ne permettent pas de généraliser le portrait à toutes les entreprises ou à toute la société japonaise.
Écriture A — Faciliter la rencontre avec une autre culture
Arriver dans un pays, une école ou une entreprise nouvelle oblige à comprendre des habitudes que les autres jugent évidentes. Le vocabulaire peut être connu sans que les règles de politesse, les attentes ou les rapports hiérarchiques le soient. L’extrait d’Amélie Nothomb met en scène ce décalage.
La difficulté vient d’abord des implicites. La narratrice pense qu’une lettre cordiale conviendra, puis essaie un ton distant ; aucune explication ne lui permet de savoir ce qui est attendu. Un nouvel arrivant peut aussi craindre de poser une question maladroite et préférer se taire, ce qui augmente le malentendu.
Des préjugés compliquent encore la rencontre. Réduire l’autre à son origine empêche de voir ses besoins et son expérience personnelle. À l’inverse, croire que tout fonctionne partout comme chez soi peut conduire à ignorer des usages importants. Il faut apprendre sans transformer chaque différence en défaut.
L’effort doit donc être réciproque. Celui qui arrive peut observer, demander des précisions et expliquer son intention. Ceux qui accueillent doivent rendre les consignes explicites, autoriser les questions et distinguer l’erreur d’apprentissage du manque de volonté. Un exemple de lettre attendue ou un temps d’échange aurait davantage aidé la narratrice qu’un ordre répété.
La rencontre ne demande pas de renoncer à toute identité ni d’accepter l’humiliation. Elle suppose une curiosité et des règles communes assez claires pour que chacun puisse participer. L’adaptation devient plus facile lorsque l’on remplace les jugements immédiats par des explications.
Écriture B — Exemple de lettre au père
Cher Papa,
Je viens de terminer ma première journée chez Yumimoto et j’ai besoin de te la raconter. Je t’avais promis des nouvelles rassurantes ; je ne sais pas encore si je pourrai tenir cette promesse.
L’arrivée m’a d’abord coupé le souffle. Du dernier étage, la ville semblait si loin que j’en ai oublié la réception. Monsieur Saito m’a trouvée devant la fenêtre et j’ai commencé par lui faire mauvaise impression. J’aurais préféré inaugurer mon emploi autrement.
Il m’a ensuite guidée dans des salles immenses. J’ai entendu tant de noms que je les ai presque tous perdus. J’ai tout de même compris l’essentiel de la hiérarchie : monsieur Omochi est vice-président, monsieur Haneda président, et mademoiselle Mori sera ma supérieure directe.
Ma première tâche paraissait simple : rédiger en anglais une lettre pour accepter une invitation au golf. Tu imagines mon soulagement. Enfin quelque chose que je savais faire ! J’ai écrit un message aimable. Monsieur Saito l’a lu, puis déchiré.
J’ai recommencé avec davantage de distance. Même résultat. Le plus difficile n’est pas de devoir corriger mon travail : c’est de ne pas savoir ce qu’il faut changer. J’aurais voulu poser une question, mais son regard ne m’y encourageait guère.
Ne regrette pas de m’avoir aidée à obtenir ce poste. Je sais la chance que représente cette expérience et je veux lui laisser du temps. Ce soir, je suis surtout déconcertée. Il me reste à apprendre les mots qu’on attend de moi et, peut-être davantage encore, ceux qu’on ne prononce pas.
Je t’embrasse et je t’écrirai bientôt.
Cette lettre garde les événements de l’extrait et leur ordre. Elle peut exprimer des émotions, mais ne doit pas raconter comme déjà survenus les épisodes ultérieurs du roman.