Corrigé bac pro agricole 2012 : histoire-géographie
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Proposition de corrigé — non officielle. Bac professionnel agricole, E1 histoire-géographie, session 2012, Métropole-Antilles-Guyane-Réunion-Mayotte (2012-PRO11-NOR-ME-AN-GU-RE-MA).
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Première partie — L’émancipation des peuples dépendants
1. Présenter le document
Il s’agit d’un extrait de discours politique prononcé par Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais, à Paris le 27 janvier 1956, contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord. Le texte est publié dans Les Temps modernes en 1956.
Le contexte est celui de la décolonisation : plusieurs pays d’Asie ont déjà obtenu leur indépendance, la guerre d’Algérie a commencé en 1954 et les mouvements indépendantistes se développent en Afrique. Césaire prend position ; son discours est une dénonciation du colonialisme, pas un compte rendu neutre.
2. Les justifications européennes
D’après Césaire, les puissances coloniales invoquent les droits de l’homme, la liberté, la justice et la civilisation. Elles prétendent apporter des valeurs universelles. Mais le régime colonial repose, selon lui, sur une hiérarchie raciale et sur la domination des peuples.
Son raisonnement révèle donc une contradiction entre les principes proclamés et les pratiques. Les colonisés ont d’abord pu faire confiance à ces promesses ; leur expérience les conduit à les rejeter.
3. Bandung et la décolonisation
En avril 1955, à Bandung, en Indonésie, les représentants de 29 pays d’Asie et d’Afrique affirment notamment le respect de la souveraineté et l’opposition au colonialisme. Des États récemment indépendants s’expriment collectivement sur la scène internationale, au lieu de laisser les seules grandes puissances définir l’ordre mondial.
La conférence renforce la légitimité des revendications des peuples encore colonisés. Elle représente une étape de leur affirmation politique, sans provoquer à elle seule toutes les indépendances. Il ne faut pas confondre Bandung en 1955 avec la création formelle du mouvement des non-alignés à Belgrade en 1961. Le document des Nations Unies sur la conférence en rappelle les objectifs.
Deuxième partie — Les flux touristiques mondiaux
1. L’affiche
L’affiche annonce le Mondial du tourisme, à Paris, du 17 au 20 mars 2011. Deux personnages portent des éléments de costumes associés à des destinations lointaines. Le message invite le public à voyager et à découvrir des fêtes et des cultures différentes.
La présentation de ces destinations dans un salon parisien illustre la commercialisation internationale du tourisme. Elle révèle aussi une mise en scène simplifiée des cultures pour attirer une clientèle : les costumes ne résument pas la diversité réelle des sociétés concernées.
2. Principaux flux et pôles
Le schéma met en avant l’Europe occidentale, l’Amérique du Nord et l’Asie orientale. Ces ensembles sont à la fois d’importants foyers de départ et de grandes régions d’accueil. Les flux majeurs les relient ; les déplacements au sein d’une même région, notamment en Europe, sont également importants.
Dans le vocabulaire du cours et du document de l’époque, ces trois grands ensembles sont regroupés sous le terme Triade. Cela ne signifie pas que chaque pays de ces régions possède le même niveau de richesse ou le même poids touristique.
3. Pôles secondaires
Une partie des pôles secondaires se situe dans des pays en développement ou émergents. Ils attirent par leurs littoraux, leurs paysages et leur patrimoine, mais dépendent souvent de clients, de transports et d’investissements venus des grands foyers émetteurs.
Le schéma comporte aussi des espaces développés hors des trois pôles principaux. Il faut donc éviter d’assimiler automatiquement tout pôle secondaire à un pays pauvre. La hiérarchie du dessin concerne les flux touristiques représentés, et non un classement complet des économies.
4. Les récepteurs d’Afrique du Nord
Les destinations du Maghreb et de l’Égypte profitent de leur proximité avec l’Europe, de l’accessibilité aérienne, d’aménagements balnéaires et d’un patrimoine culturel et historique important. Le climat et les littoraux complètent cette attractivité.
Ces atouts n’excluent pas une forte sensibilité à l’insécurité, aux crises politiques ou aux variations du pouvoir d’achat des visiteurs. On explique ici la structure du schéma proposé au candidat, sans transformer celui-ci en photographie des flux actuels.
Troisième partie — Développements au choix
À l’épreuve, un seul des deux sujets est à traiter. Les deux propositions suivantes permettent de travailler les deux possibilités.
Histoire — Les étapes et les formes de la décolonisation
Après la Seconde Guerre mondiale, les empires coloniaux européens sont fragilisés. Les métropoles sortent affaiblies du conflit, tandis que les peuples colonisés réclament des droits et une souveraineté que la domination leur refuse. Les mouvements nationalistes s’organisent, et le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes gagne en légitimité internationale.
Les premières grandes indépendances de l’après-guerre concernent notamment l’Asie. L’Inde et le Pakistan deviennent indépendants en 1947, dans le contexte d’une partition marquée par de graves violences. En Indochine, la guerre conduit à la défaite française de Diên Biên Phu puis aux accords de Genève en 1954. Les trajectoires ne sont donc ni simultanées ni toutes pacifiques.
En Afrique, l’affirmation des peuples s’accélère dans les années 1950 et 1960. Le Maroc et la Tunisie deviennent indépendants en 1956. L’indépendance algérienne n’intervient qu’en 1962, après une longue guerre. De nombreux territoires d’Afrique subsaharienne accèdent à l’indépendance en 1960, tandis que les colonies portugaises connaissent une issue plus tardive, dans les années 1970.
La négociation et les guerres de libération sont deux formes majeures du processus ; elles peuvent aussi se combiner. Bandung accompagne cette affirmation collective. Mais l’indépendance politique ne supprime pas immédiatement les dépendances économiques, les frontières contestées ou les difficultés de développement. La décolonisation transforme l’ordre mondial sans effacer toutes les inégalités héritées des empires.
Géographie — Le tourisme et les déséquilibres Nord-Sud
Le tourisme repose sur une mobilité choisie, qui suppose du temps, des revenus et des moyens de transport. Le schéma montre la concentration des départs et des arrivées dans les grands pôles de l’économie mondiale. Cette concentration exprime une inégalité d’accès aux loisirs et aux réseaux internationaux.
Des pays du Sud accueillent cependant des flux importants grâce à leurs littoraux, leurs paysages ou leur patrimoine. Le tourisme y crée des emplois et des recettes et peut financer des équipements. Il ne faut donc pas réduire les destinations réceptrices à un rôle passif.
Les bénéfices restent néanmoins inégalement distribués. Les compagnies de transport, plateformes et groupes hôteliers peuvent capter une partie de la valeur hors du territoire d’accueil. Les emplois locaux sont parfois saisonniers. L’accès à l’eau, au foncier et aux espaces littoraux peut devenir concurrentiel entre visiteurs et habitants.
Les flux touristiques illustrent donc les écarts de richesse et de pouvoir économique, mais ils peuvent aussi contribuer au développement si les acteurs locaux participent aux décisions et aux revenus. L’enjeu est moins le seul nombre de visiteurs que les conditions sociales et environnementales de leur accueil.