Bac pro agricole 2013 : français, remplacement : corrigé

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat professionnel agricole, E1 français, toutes options, remplacement 2013, Métropole, Réunion et Mayotte, code 2013-PRO10-RPL-ME-RE-MA. Toutes les questions de lecture et l’écriture sont traitées.

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Lecture — Queneau, Si tu t’imagines

Question 1. Poésie et chanson

Le texte associe des vers courts, des images poétiques et une organisation sonore à des procédés de chanson. Les reprises des mêmes mots et formules fonctionnent comme un refrain ; le rythme bref facilite la mémorisation et l’interprétation orale. Les transcriptions phonétiques, notamment le mot « xa », imitent la langue parlée. Les images de la rose, de la nymphe ou de la mer appartiennent au langage figuré de la poésie, tandis que les familières adresses à la jeune fille rapprochent le texte d’une conversation.

Ce mélange rend un thème ancien accessible et vivant. La gravité du vieillissement se combine à une fantaisie sonore et à un ton moqueur. Le poème ne ressemble donc pas à une leçon solennelle : sa musicalité invite à écouter et à retenir, même lorsque ses images deviennent mordantes.

Question 2. Persuader la jeune fille

Le poète interpelle directement sa destinataire et multiplie les répétitions, qui insistent sur son erreur supposée. L’opposition entre les attraits de la jeunesse et les transformations du corps fait sentir la fuite du temps. L’accumulation des signes physiques du vieillissement accentue cette menace ; les images sont parfois volontairement caricaturales.

Les impératifs répétés l’invitent ensuite à profiter de la vie. La métaphore des roses reprend le thème du carpe diem mentionné dans la note : les bonheurs doivent être saisis avant de disparaître. Enfin, le contraste entre le mouvement cyclique des astres et la trajectoire humaine vers une fin rend sensible l’impossibilité de conserver éternellement sa jeunesse. Le poète cherche surtout à persuader par le rythme, les images et l’émotion, plutôt que par une démonstration abstraite.

Écriture — Réponse proposée de la jeune femme

Monsieur,

Vous m’invitez à considérer la brièveté de la vie comme si ma jeunesse me rendait incapable de la comprendre. Permettez-moi de vous répondre avec le sérieux que mérite ce sujet. Je sais que le temps passe. Je n’ai jamais cru que les années cesseraient d’avancer pour préserver mon visage.

Mais faut-il me peindre les transformations du corps pour m’apprendre à vivre ? La menace de vieillir ne suffit pas à définir le bonheur. Si je regardais chaque journée comme une chose qui m’échappe, je risquerais de perdre, dans cette inquiétude même, la joie que vous souhaitez me voir saisir.

Je veux profiter du présent, certes, mais non le consommer avec précipitation. Une conversation attentive, une découverte, une amitié qui grandit demandent du temps. Leur valeur ne se mesure pas au nombre de plaisirs accumulés avant une échéance. Il existe des bonheurs que l’on prépare et d’autres que l’on ne reconnaît qu’après les avoir vécus.

Ma jeunesse ne m’oblige pas davantage à renoncer à l’avenir. Apprendre aujourd’hui, prendre soin d’un proche, poursuivre un projet : ces actes peuvent être exigeants et pourtant donner un sens profond à l’existence. Pourquoi faudrait-il opposer ce que je vis maintenant à ce que je souhaite construire ?

Vous énumérez ce que l’âge pourrait retirer à mon apparence. Je préfère aussi penser à ce qu’il peut apporter : une connaissance plus juste de soi, une patience nouvelle, des liens éprouvés. Rien ne garantit ces progrès, mais rien ne justifie de réduire les années futures à un déclin.

Je vous remercie donc de rappeler que la vie est précieuse. Accordez-moi cependant la liberté d’en choisir les fruits. Je ne veux ni attendre indéfiniment de vivre ni courir après chaque instant par peur de le perdre. Je veux habiter le présent avec attention, conserver mes espérances et avancer sans mépriser la femme que je deviendrai.