Bac pro agricole 2025 : français, Nouvelle-Calédonie et Wallis : corrigé
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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat professionnel agricole, E2 français, toutes options, session 2025, Nouvelle-Calédonie et Wallis, code 2025-PROE2F-NOR-NC-WA. Toutes les questions de lecture et l’écriture sont traitées.
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Lecture — Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers
Question 1. Situation d’énonciation
Le capitaine Nemo s’adresse au professeur Aronnax, à bord du sous-marin Nautilus, comme l’indique le paratexte. Aronnax lui répond et raconte ensuite cette conversation à la première personne. Ils discutent au cours d’un repas : le professeur interroge son hôte sur les aliments présents à table. Les appellations employées par chacun identifient les interlocuteurs, tandis que les plats et les invitations à goûter précisent la situation.
Question 2. Réaction d’Aronnax
Aronnax passe de la compréhension à l’étonnement, puis à l’incrédulité. Il admet facilement que les filets apportent des poissons, mais peine à imaginer une chasse sous-marine et ne comprend plus la présence de viande. La répétition du verbe comprendre, suivie de restrictions de plus en plus fortes, forme une gradation : les explications de Nemo dépassent progressivement son expérience. L’opposition entre les aliments attendus et les forêts ou le gibier aquatiques révèle le décalage entre ses connaissances et ce qu’il découvre. Ses questions et objections traduisent une curiosité active, pas un rejet définitif.
Question 3. Image du milieu sous-marin
Verne présente un monde abondant, vivant et libérateur. Le champ lexical agricole, avec les troupeaux, les prairies et le verbe ensemencer, transforme l’océan en domaine nourricier : Nemo y trouve de quoi vivre. La personnification de la mer en nourrice lui donne une fonction protectrice. Les hyperboles sur son immensité et ses ressources renforcent l’émerveillement, tout comme l’énumération des aliments inattendus.
Le milieu sous-marin est aussi un refuge politique. L’antithèse oppose la surface, où les puissants imposent leur violence, aux profondeurs, où Nemo se déclare libre. La répétition de l’indication de lieu à la fin du passage et les exclamations rendent son enthousiasme communicatif. C’est une vision romanesque idéalisée : l’affirmation de ressources inépuisables exprime le personnage, elle ne décrit pas une réalité écologique démontrée.
Écriture — Proposition de discours
Chers camarades, chers professeurs,
En cette Journée mondiale de la mer, nous venons de découvrir une mer capable, sous la plume de Jules Verne, de nourrir, d’émerveiller et de protéger un homme. Mais pouvons-nous lire cette promesse sans regarder ce que deviennent les milieux naturels autour de nous ? Nos océans, nos forêts, nos rivières et nos sols ne sont pas des réserves que l’on viderait avant de passer à la suivante.
Préserver ces milieux, c’est d’abord préserver les conditions de notre vie. Nous avons besoin d’eau, d’aliments, d’air et de terres fertiles. Dégrader une rivière touche aussi ceux qui vivent en aval. Abîmer un sol compromet ce qu’il pourra produire demain. La nature ne se trouve donc pas en dehors de nos existences : elle en est la base.
Nous devons aussi la protéger pour ce qu’elle abrite. Chaque milieu accueille des êtres vivants dont les relations ne se réduisent pas à l’utilité immédiate que nous leur trouvons. Que restera-t-il de notre curiosité si nous faisons disparaître les mondes que nous souhaitons explorer ? Quel héritage transmettrons-nous si nous ne laissons que des photographies de lieux détruits ?
L’urgence n’oblige pas à renoncer à toute action parce que nous ne pouvons pas tout résoudre. Elle nous demande de commencer et de poursuivre. Dans notre établissement, nous pouvons réduire les déchets évitables, économiser l’eau, réfléchir à nos consommations et participer à des projets de protection des milieux proches. À une échelle plus large, nous pouvons demander des décisions qui limitent les pollutions et préservent les habitats.
Ne confondons pas abondance et absence de limites. La mer imaginée par Nemo est prodigieuse ; les milieux réels ont besoin de notre attention. Protégeons-les avec la même énergie que celle avec laquelle nous voulons découvrir le monde. Nous ne défendons pas seulement de beaux paysages : nous défendons un avenir habitable, pour nous et pour ceux qui viendront après nous.