Bac techno 2025 : corrigé de philosophie, sujet IN1

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Proposition de corrigé — non officielle. Baccalauréat technologique, toutes séries, philosophie, session 2025, code 25-PHTEIN1. Les trois sujets sont traités ; pour le texte, les questions de l’option 1 sont expliquées.

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Sujet 1 — Peut-on critiquer la religion sans la rejeter ?

Piste de plan commentée

Critiquer signifie examiner et juger ; rejeter signifie refuser l’adhésion ou la valeur. L’examen d’une pratique ou d’un argument n’implique pas nécessairement une négation de toute expérience religieuse.

1. Une critique peut préciser une conviction. Distinguer un principe et un usage, ou reconnaître une interprétation fautive, permet parfois de reformuler une adhésion. La discussion peut donc avoir lieu à l’intérieur d’une tradition.

2. Certaines critiques remettent en cause des fondements. Si une croyance dépend d’un argument qui se révèle insuffisant, l’adhésion peut changer. Il ne faut pas réduire toute objection à un détail sans conséquence.

3. La portée dépend de l’objet examiné. Critiquer une institution, un rite ou une prétention au savoir n’est pas exactement rejeter toute religion. On peut critiquer sans rejeter, à condition de préciser les raisons et la limite de son jugement. Le respect des personnes n’impose pas l’approbation de toutes les idées.

Sujet 2 — La justice peut-elle se passer de l’usage de la force ?

Piste de plan commentée

La justice doit être distinguée d’une décision que l’on peut imposer. La force peut rendre une règle effective, mais ne constitue pas sa justification.

1. Certaines décisions demandent un moyen d’exécution. Si les plus puissants peuvent ignorer une règle commune, les droits restent inégaux. Une contrainte encadrée peut protéger ceux qui ne peuvent se défendre seuls.

2. La contrainte peut devenir une injustice. Un moyen disproportionné ou arbitraire contredit ce qu’il devait garantir. L’usage doit être soumis à des raisons, à un contrôle et à des possibilités de recours.

3. On peut limiter la force sans la rendre inutile dans tous les cas. Médiation, éducation et accords préviennent des conflits. Mais l’existence de conduites violentes peut rendre une protection nécessaire. La justice ne peut toujours se passer de force ; elle doit la maintenir au service d’une règle justifiée et en réduire l’usage au nécessaire.

Sujet 3 — Plotin : réponses de l’option 1

A1. Les deux pierres

La première reste sans forme artistique ; la seconde est façonnée en statue. Leur matière comparable ne suffit pas à expliquer la beauté différente. Plotin attribue cette différence à la forme introduite par l’art.

A2. La statue de l’homme

L’artiste ne reproduit pas seulement un individu pris au hasard. Il compose une représentation à partir de traits considérés comme beaux. Le passage évoque donc un choix et une idéalisation, pas une simple copie indifférente.

A3. La forme introduite

La pierre reçoit une organisation qu’elle ne possédait pas sous cette forme. Elle était d’abord dans la pensée de l’artiste. L’opération transforme une matière selon une forme conçue, au lieu de trouver une statue déjà prête dans le bloc.

A4. Participer à l’art

L’artiste possède une capacité de concevoir et de donner forme qui ne se réduit pas à ses yeux ou à ses mains. Dans la thèse de Plotin, il participe à une beauté intelligible supérieure à sa réalisation matérielle. Cette participation explique la primauté de l’art sur l’objet produit.

B1. La question

D’où vient la beauté de l’œuvre : de la matière ou de la forme artistique ?

B2. La progression

La comparaison des blocs distingue matière et forme. Plotin situe ensuite la forme dans la pensée antérieure à la réalisation, puis conclut à la beauté supérieure de l’art qui la porte.

B3. La thèse

La beauté de la statue vient de la forme, présente d’abord dans l’art et non dans la matière brute. Il faut exposer cette hiérarchie sans l’assimiler à une preuve que toute œuvre réelle serait belle.

C1. Art et pensée

La pensée peut concevoir, choisir et juger des formes. Le travail matériel la transforme parfois en retour : un essai peut faire découvrir une possibilité. Plotin privilégie la forme antérieure ; le commentaire peut discuter une relation plus réciproque entre conception et réalisation.

C2. Nature et beauté

Une montagne ou une fleur peut être perçue comme belle sans intervention artistique. L’art peut sélectionner et révéler des aspects de cette beauté, sans la créer nécessairement tout entière. Il faut donc distinguer la beauté d’une œuvre façonnée, objet de la comparaison de Plotin, et celle d’un phénomène naturel. La nature n’a pas besoin de l’art pour toute beauté ; l’art peut enrichir notre manière de la percevoir.