Corrigé bac techno philosophie 2023 Antilles-Guyane, remplacement
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Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2023 Antilles-Guyane, remplacement (23-PHTEAG3). Dissertations au choix et texte de Nietzsche.
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Sujet 1 : Y a-t-il des vérités définitives ?
Une vérité définitive serait établie sans devoir être reprise. Pourtant, l’histoire des erreurs montre que ce qui semblait assuré peut être corrigé. Faut-il confondre la vérité d’une proposition et notre certitude de la posséder ?
Certains énoncés paraissent valoir indépendamment du moment où ils sont pensés. Une démonstration, à partir de définitions et de règles explicites, ne dépend pas d’une préférence. Un événement passé ne cesse pas non plus d’avoir eu lieu parce que nous le découvrons plus tard.
Mais une preuve peut être mal conduite, une formulation ambiguë ou un domaine de validité oublié. La force d’une conviction ne garantit donc pas la vérité. Une prétention au définitif peut devenir un refus injustifié de toute objection.
Il faut distinguer la validité recherchée et les moyens humains de la reconnaître. Une vérité peut être stable tandis que son expression ou sa justification s’améliore. Le progrès du savoir ne prouve pas que toute affirmation soit destinée à devenir fausse.
Des vérités définitives sont concevables, mais elles ne donnent pas à celui qui les affirme une infaillibilité générale. L’examen reste nécessaire pour distinguer le vrai d’une certitude seulement ressentie.
Sujet 2 : Au nom de quoi devrions-nous préserver la nature ?
Préserver la nature suppose de choisir ce qui mérite d’être maintenu et pourquoi. La simple affirmation que quelque chose est naturel ne suffit pas : tous les phénomènes naturels ne sont pas favorables à la vie humaine.
Un premier motif est notre dépendance. Les milieux rendent possibles des existences présentes et futures. Détruire leurs conditions peut porter atteinte à autrui, y compris à des personnes qui ne peuvent encore défendre leurs intérêts. La préservation relève alors d’une responsabilité.
On peut aussi reconnaître aux autres vivants une valeur qui ne se réduit pas à leur utilité immédiate. Cette reconnaissance demande de discuter les usages et les sacrifices que nous leur imposons. Elle ne conduit pas nécessairement à interdire toute transformation.
Enfin, préserver ne signifie pas figer un monde sans changement. Il faut comprendre les dynamiques des milieux et comparer les effets des interventions. La connaissance précise rend le principe moins abstrait et permet de discuter les conflits d’usage.
Nous pouvons préserver la nature au nom des conditions de la vie, de la justice envers autrui et de la valeur reconnue aux vivants. Ces raisons doivent orienter des choix concrets, plutôt que servir de formule qui dispenserait de les examiner.
Sujet 3 : Nietzsche — option 1
A1. L’intérêt du mythe de l’inspiration
Présenter l’œuvre comme une intuition soudaine donne au créateur une apparence d’exception et masque la part du travail. Le public peut admirer un don qui semblerait inaccessible. Nietzsche dénonce cette représentation intéressée, sans nier que des idées puissent surgir rapidement.
A2. Imagination et jugement
L’imagination produit de nombreuses possibilités, inégales en valeur. Le jugement sélectionne, rejette et combine. Sans production, rien ne serait disponible ; sans discernement, le mauvais et le médiocre ne seraient pas distingués du meilleur. La création résulte de leur activité conjointe.
A3. Limite de l’improvisation
Selon le texte, elle peut s’appuyer sur une mémoire reproductrice et sur une sélection moins sévère. Elle ne garantit donc pas le travail patient de choix et d’arrangement. La référence aux carnets de Beethoven illustre dans l’argument la construction progressive d’une œuvre, plutôt qu’un surgissement entièrement achevé.
B1. Question
L’œuvre remarquable résulte-t-elle d’une inspiration immédiate ou d’un travail prolongé d’invention et de jugement ?
B2. Étapes
Nietzsche expose le mythe qui sert les artistes. Il oppose à ce récit l’activité continue de l’imagination et du jugement, illustrée par Beethoven. Il distingue ensuite improvisation et choix travaillé, puis généralise le rôle du travail chez les grands créateurs.
B3. Thèse
La grandeur d’une œuvre tient à un travail infatigable de production, de sélection et de transformation, plutôt qu’à une grâce qui dispenserait de tout effort.
C1. Un travailleur comme les autres ?
L’artiste partage l’apprentissage, l’essai, l’effort et la correction avec d’autres travailleurs. Son activité peut toutefois poursuivre une fin qui n’est pas définie par un usage pratique ou une commande entièrement précise. Il faut reconnaître le travail sans effacer la singularité des formes et des critères artistiques.
C2. Qu’apprécier dans une œuvre ?
Le texte invite à regarder la qualité des choix et de leur composition plutôt qu’à admirer un mythe du don. La quantité d’effort ne suffit cependant pas à faire la valeur : on peut travailler beaucoup sans réussir. Il faut examiner ce que la forme rend possible de sentir et de comprendre, ainsi que la justesse de sa réalisation.
Explication suivie : fil directeur
La critique du miracle créateur conduit à rendre visible un processus. Le jugement n’arrive pas seulement après l’inspiration : il participe continuellement à la production de l’œuvre.