Corrigé bac techno philosophie 2023 Antilles-Guyane

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Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2023 Antilles-Guyane (23-PHTEAG1). Dissertations au choix et texte de Épictète.

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Sujet 1 : Cherchons-nous naturellement la vérité ?

La curiosité semble spontanée : l’être humain veut comprendre ce qu’il rencontre. Mais ce désir porte-t-il sur la vérité, ou parfois seulement sur une réponse rassurante ?

Le besoin de s’orienter pousse à distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas. Une erreur peut empêcher d’agir. L’étonnement ouvre également des questions dont l’utilité n’est pas immédiate. Il existe donc des dispositions favorables à la connaissance.

Pourtant, nous pouvons aussi préférer ce qui confirme une habitude ou protège un intérêt. Une explication rapide peut calmer l’inquiétude sans être vraie. Le désir d’avoir raison devant les autres peut même empêcher d’entendre une preuve contraire.

Chercher le vrai demande alors une discipline : préciser les termes, contrôler les raisons et accepter de corriger. Cette formation ne détruit pas toute spontanéité ; elle transforme la curiosité en enquête.

Nous pouvons être spontanément portés à comprendre, mais la recherche rigoureuse de la vérité n’est pas garantie par cette seule tendance. Elle suppose un apprentissage de l’examen et parfois une résistance à nos préférences.

Sujet 2 : Les objets techniques favorisent-ils notre liberté ?

Un objet technique donne un pouvoir d’action. Il peut donc libérer d’une difficulté. Mais une possibilité supplémentaire équivaut-elle toujours à une liberté accrue ?

Des outils permettent de se déplacer, d’exprimer une idée ou d’accomplir un geste malgré une limite. Ils élargissent des choix concrets. Leur contribution à la liberté ne doit pas être négligée au nom d’une indépendance imaginaire à l’égard de tout moyen.

Cependant, un objet peut imposer une organisation, une dépendance ou une surveillance. Un moyen de communication peut créer une attente de disponibilité permanente. La liberté d’un usager peut aussi reposer sur des coûts supportés par d’autres.

Il faut donc examiner l’accès, les usages et la possibilité de refuser ou de modifier un dispositif. Une technique favorise l’autonomie lorsqu’elle reste appropriable et discutable, plutôt qu’une condition imposée sans alternative.

Les objets techniques peuvent favoriser la liberté, mais leur puissance ne la garantit pas. L’effet dépend des fins et des relations dans lesquelles leur usage s’inscrit.

Sujet 3 : Épictète — option 1

A1. Une thèse contraire à l’opinion commune

L’opinion dénonce les voleurs comme des êtres à haïr et à punir. Épictète propose de comprendre leur conduite comme une erreur sur le bien. Il ne nie pas l’acte injuste ; il déplace l’attention vers le jugement qui le produit et vers la possibilité de le rectifier.

A2. Deux formes de discernement

La vue distingue des couleurs ; la raison distingue bien et mal. L’analogie représente l’erreur morale comme une perte de discernement. Elle ne signifie pas qu’un acte injuste serait identique en tous points à une déficience sensorielle, ni qu’une personne aveugle serait moralement fautive.

A3. Plaindre plutôt que haïr

La droiture est présentée comme le bien le plus important. Celui qui en est privé subit donc un dommage dans sa propre personne. Ajouter la haine à cette perte ne la répare pas. La pitié exprime la reconnaissance du mal dont il souffre, sans rendre son injustice bonne.

B1. Question

Quelle attitude faut-il adopter envers celui qui commet l’injustice : haine et élimination, ou compréhension de son erreur ?

B2. Mouvements

Le dialogue reformule d’abord les fautes comme erreurs. Il soumet ensuite la demande de mise à mort à l’analogie de la cécité. La fin établit la gravité de la perte de droiture et en déduit l’attitude de pitié.

B3. Thèse

Celui qui agit mal se trompe sur les biens essentiels. Il faut chercher à lui faire voir cette erreur plutôt que nourrir contre lui une haine qui méconnaît son dommage moral.

C1. Comprendre l’auteur d’une injustice

Comprendre permet d’identifier les motifs et de prévenir une répétition. Cela ne signifie ni approuver l’acte ni oublier la victime. Une réponse juste peut protéger, reconnaître le tort et chercher les conditions d’un changement sans se réduire à la vengeance.

C2. La raison suffit-elle ?

Le texte fait de la rectification du jugement un moyen décisif : si l’erreur devient visible, la conduite peut changer. On peut toutefois distinguer savoir ce qui est juste et parvenir à le faire. Habitudes, désirs et conditions d’action peuvent exiger un travail supplémentaire. La raison reste nécessaire à l’orientation, sans que toute transformation soit instantanée.

Explication suivie : fil directeur

La force de l’extrait tient à la reformulation du coupable comme personne privée d’un bien essentiel. Il faut montrer comment cette idée transforme l’attitude envers lui, sans effacer l’injustice commise envers autrui.