Corrigé bac techno philosophie 2023 centres étrangers, groupe 1
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Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2023 centres étrangers, groupe 1 (23-PHTEG11). Dissertations au choix et texte de Freud.
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Sujet 1 : La religion implique-t-elle de renoncer à la raison ?
La religion comporte des croyances, des pratiques et une relation au divin. La raison demande des justifications. Ces dimensions sont-elles nécessairement incompatibles, ou leur opposition dépend-elle d’une manière de croire ?
Une croyance qui interdit tout examen peut exiger un renoncement à la raison. Si l’autorité d’une tradition décide d’avance de toutes les réponses, l’objection est traitée comme une faute plutôt que discutée. L’adhésion devient alors une soumission intellectuelle.
Mais toute vie religieuse ne se présente pas comme une explication concurrente de chaque phénomène. Un croyant peut distinguer une foi personnelle et une connaissance qui exige des preuves publiques. Il peut aussi réfléchir à ses croyances et discuter leurs interprétations. Le fait de croire ne prouve donc pas une incapacité générale à raisonner.
La distinction des domaines ne doit toutefois pas servir à rendre toute affirmation indiscutable. Lorsqu’une croyance prétend établir un fait ou imposer une règle commune, ses raisons et ses conséquences doivent pouvoir être examinées.
La religion n’implique pas nécessairement le renoncement à la raison. Elle entre en conflit avec elle lorsqu’elle transforme l’adhésion en interdiction de penser ou en droit d’imposer sans justification.
Sujet 2 : Sommes-nous vraiment sensibles à l’injustice ?
Nous condamnons facilement l’injustice en général. Mais notre attention varie selon qu’elle nous touche, concerne un proche ou reste lointaine. La sensibilité morale est-elle aussi impartiale que nos déclarations ?
Une injustice peut provoquer colère et compassion. Ces émotions rendent un tort visible et peuvent engager une action. Elles ne sont pas nécessairement de simples apparences ; elles donnent parfois la force de résister.
Cependant, nous remarquons plus facilement certains torts que d’autres, notamment ceux qui menacent nos intérêts. Une habitude sociale peut rendre presque invisible ce qu’une autre personne subit. L’indignation peut même protéger un privilège en se présentant comme défense de la justice.
La sensibilité doit donc être travaillée par l’écoute et le jugement. Il faut demander qui est touché et sur quel droit repose la protestation. Une émotion forte ne suffit pas à rendre juste sa cause, tandis qu’une action réfléchie peut reconnaître un tort sans être accompagnée d’un bouleversement immédiat.
Nous pouvons être réellement sensibles à l’injustice, mais cette sensibilité reste sélective et perfectible. La rendre plus juste demande de dépasser la seule proximité avec nos intérêts.
Sujet 3 : Freud — option 1
A1. Des instincts laissés libres
La nature n’impose pas les interdictions et les règles sociales qui limitent les satisfactions. Cela ne signifie pas qu’elle garantit leur réussite ni qu’elle respecte une liberté morale. Freud oppose l’absence de réglementation culturelle aux dangers naturels qui restreignent brutalement l’existence.
A2. La difficulté de l’état de nature
Sans les protections collectives, les personnes restent exposées aux forces physiques, aux maladies et à la mort. Le libre cours apparent des instincts peut donc conduire à la destruction. La disparition des contraintes culturelles ne produit pas automatiquement une vie meilleure.
A3. L’illusion d’une nature domptée
Les séismes, inondations et tempêtes manifestent les limites des moyens humains. La mort demeure une borne. Le passage n’annule pas les progrès : il refuse d’en déduire une maîtrise totale. La phrase sur les maladies est un élément du texte de 1927, non une définition actuelle de toutes leurs causes.
A4. Le spectacle noble et exaltant
Freud admire la capacité des humains à suspendre leurs conflits pour répondre ensemble à une catastrophe. Il ne célèbre pas le malheur, mais la solidarité et le souvenir d’une tâche commune que le danger peut susciter.
B1. Question
Pourquoi la culture reste-t-elle nécessaire malgré les contraintes qu’elle impose, et que révèle sa confrontation à la nature ?
B2. Progression
Le texte critique le désir d’abolir la culture en montrant la dureté de l’état de nature. Il définit ensuite sa fonction protectrice et ses progrès, puis ses limites. La fin fait apparaître une possibilité de rassemblement face à la menace.
B3. Thèse
Les contraintes culturelles doivent être comprises en regard des protections qu’elles rendent possibles. La culture réduit la vulnérabilité sans l’effacer ; la conscience de cette condition peut soutenir la solidarité.
C1. La protection comme tâche principale ?
Elle est fondamentale, puisque la survie rend possibles les autres activités. Mais la culture comprend aussi des significations, des droits et des œuvres. On peut donc reconnaître la fonction protectrice sans la transformer en définition exhaustive de toute valeur culturelle.
C2. Les gains de la lutte
L’humanité gagne des moyens de protection, des connaissances et des capacités de coopération. Elle peut aussi découvrir sa dépendance et la nécessité de mieux répartir ces moyens. Une lutte pensée comme domination sans limite risque toutefois d’endommager les conditions naturelles qu’elle cherche à rendre habitables.
Explication suivie : fil directeur
Le texte répond à une critique de la culture par une comparaison : ses contraintes ne doivent pas faire oublier ce dont elle protège. Il faut conserver les progrès reconnus, leur limite et la solidarité finale, sans réduire l’extrait à un éloge sans réserve de toute organisation sociale.