Corrigé bac techno philosophie 2024 Antilles-Guyane

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Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2024 Antilles-Guyane (24-PHTEAG1). Dissertations au choix et texte de John Stuart Mill.

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Sujet 1 : L’erreur nous rapproche-t-elle de la vérité ?

Une erreur est un jugement faux que l’on tient pour vrai. Elle semble donc éloigner du but. Pourtant, reconnaître une erreur peut apprendre quelque chose que l’assurance initiale empêchait de voir.

L’erreur ne produit pas automatiquement un progrès. Si elle est répétée ou protégée contre toute objection, elle renforce l’illusion. Le simple fait de s’être trompé ne donne aucune connaissance supplémentaire.

Elle devient féconde lorsqu’on peut identifier ce qui a échoué et pourquoi. Dans un calcul, reprendre les étapes permet de distinguer une opération fausse d’une hypothèse mal choisie. Dans une enquête, un contre-exemple oblige à limiter une généralisation. L’erreur contrôlée transforme alors la méthode.

Il faut donc une volonté de rectification et des critères indépendants de la satisfaction personnelle. La découverte d’une erreur n’établit pas non plus que la nouvelle réponse soit définitivement vraie ; elle rend l’examen plus exigeant.

L’erreur nous rapproche de la vérité lorsqu’elle est reconnue et travaillée. Ce pouvoir appartient à sa correction, et non à la fausseté prise en elle-même.

Sujet 2 : En quel sens peut-on dire que les êtres humains naissent libres ?

Un nouveau-né dépend d’autrui et ne possède pas une autonomie effective. L’affirmation d’une liberté de naissance ne peut donc pas décrire une indépendance matérielle déjà accomplie.

Elle peut d’abord signifier que personne n’est naturellement la propriété d’un autre. La dépendance de fait ne crée pas un droit de domination. La liberté de naissance désigne alors un statut et une exigence de respect, plutôt qu’une capacité immédiatement exercée.

Cependant, les conditions sociales et l’éducation déterminent les possibilités concrètes. Déclarer libres des personnes sans leur donner les moyens d’apprendre, de se protéger ou de participer risque de laisser la liberté abstraite. Son effectivité se construit.

Il faut donc articuler un principe commun et un développement. L’enfant a besoin d’un accompagnement dont la fin doit être l’autonomie, non la prolongation indéfinie de la dépendance.

On peut dire que les humains naissent libres au sens où ils ne sont pas destinés par nature à la servitude. Ils ne naissent pas pour autant avec toutes les capacités et les conditions d’une liberté effective.

Sujet 3 : John Stuart Mill — option 1

A1. Religion et poésie

Toutes deux proposent des conceptions idéales qui dépassent la vie ordinaire. La religion ajoute la recherche d’une correspondance avec un autre monde et une croyance en sa réalité. La poésie peut faire vivre une image sans demander qu’on la tienne pour un fait existant ailleurs.

A2. Le désir d’idéal

Les aspirations dépassent ce que l’existence réalise. Poésie et religion donnent forme à des êtres, à des biens ou à des possibilités plus grands et plus beaux. Elles répondent ainsi à une insatisfaction, sans que ce rôle prouve à lui seul la réalité de leurs objets.

A3. Deux attitudes religieuses

Les personnes dites égoïstes attendent principalement une compensation heureuse dans une autre vie. Les personnes tendres et reconnaissantes trouvent une consolation dans l’amour de Dieu. Le texte distingue un bénéfice espéré pour soi et une relation affective de gratitude.

B1. Question

À quel besoin humain répond la religion, et en quoi sa réponse se rapproche-t-elle de celle de la poésie tout en s’en distinguant ?

B2. Progression

Mill présente le besoin commun d’idéal, puis l’ajout religieux d’une croyance en un autre monde. Il décrit la manière dont chacun y projette des images et des attentes. La fin relie la persistance du désir religieux à l’insatisfaction et à la souffrance terrestres.

B3. Thèse

La religion répond au besoin de dépasser les limites de la vie ordinaire par des conceptions idéales auxquelles elle attribue une réalité. Elle rejoint la poésie par l’imagination, mais s’en distingue par la croyance et l’espérance.

C1. La consolation

Les images idéales peuvent donner une forme à ce qui manque et élargir l’horizon de l’expérience. La religion ajoute l’espoir d’un bien réel au-delà de cette vie ou une relation aimante au divin. Expliquer cette fonction ne démontre ni la vérité ni la fausseté de la croyance.

C2. Éloignement de la vie terrestre ?

L’attente d’un autre monde peut conduire à dévaluer le présent et à accepter trop facilement des souffrances évitables. Mais une croyance peut aussi soutenir une attention et des actions envers autrui. Le texte explique une source de consolation ; il ne permet pas de déduire une conduite terrestre unique de toute religion.

Explication suivie : articulation essentielle

Le besoin d’idéal est commun, tandis que l’adhésion à la réalité d’un autre monde distingue la religion. Il faut conserver cette différence pour ne pas réduire toute croyance à une poésie, ni transformer l’explication du besoin en preuve du surnaturel.