Corrigé bac techno philosophie 2024 centres étrangers, groupe 1
Aller à un exercice ou une partie
Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2024 centres étrangers, groupe 1 (24-PHTEG11). Dissertations au choix et texte de Malebranche.
Télécharger ce corrigé en PDF · Ouvrir le sujet officiel · Retrouver les annales
Sujet 1 : Y a-t-il un sens à refuser la technique ?
Refuser la technique peut signifier rejeter tout moyen appris ou contester un dispositif particulier. Le premier sens est difficile à soutenir, mais le second peut avoir une portée rationnelle et politique.
Les techniques appartiennent aux capacités ordinaires de l’existence : écrire, construire ou cultiver suppose des procédés. Un refus absolu ne retrouverait donc pas facilement une vie humaine entièrement sans technique. Il risquerait surtout de méconnaître les moyens dont il continue de dépendre.
Cependant, cette dépendance générale ne justifie pas tout outil ni tout usage. On peut refuser une technique qui impose une surveillance, une destruction ou une dépendance jugées excessives. Ce refus n’est pas nécessairement une peur du changement : il peut défendre d’autres fins ou d’autres manières d’agir.
Il faut alors préciser ce que l’on refuse, pour qui et avec quelles conséquences. Une alternative peut elle-même être technique. La question devient celle du choix collectif des moyens, plutôt qu’une opposition entre progrès obligatoire et retour à une nature imaginaire.
Refuser toute technique a peu de sens concret ; refuser certaines techniques ou certains usages peut être une manière responsable de choisir son monde.
Sujet 2 : La création artistique est-elle totalement libre ?
L’artiste invente des formes et semble ne suivre que son projet. Mais une liberté totale signifierait-elle l’absence de toute règle, de tout matériau et de toute histoire ?
La création comporte une initiative : aucune recette ne garantit la singularité d’une œuvre. Le créateur peut détourner une convention et choisir une fin qui ne soit pas simplement utile. Cette possibilité distingue son activité d’une exécution entièrement prescrite.
Cependant, une langue, un matériau ou un outil impose des propriétés. Le public, les moyens de production et les institutions influencent aussi ce qui peut être réalisé. L’artiste ne choisit donc pas depuis un vide. Les résistances peuvent même préciser le projet et rendre l’invention sensible.
La liberté créatrice consiste alors à travailler ces conditions plutôt qu’à les abolir. Une contrainte choisie peut ouvrir des formes, tandis qu’une censure arbitraire peut fermer la recherche. Toutes les limites ne se valent pas.
La création artistique est libre comme activité d’invention située, mais elle n’est pas totalement indépendante de ses moyens et de son contexte. Sa singularité se joue souvent dans la manière de les transformer.
Sujet 3 : Malebranche — option 1
A1. Passions et désirs
Les passions bonnes comprennent l’amour du vrai, le désir de s’éclairer pour agir et celui d’être utile au prochain. Les passions mauvaises ou dangereuses comprennent la recherche de réputation, de position sociale et de supériorité. Toutes peuvent fournir une énergie, mais elles n’ont pas la même valeur.
A2. La difficulté de chercher
L’attention demande un effort. L’ennui, le découragement et ce que l’auteur appelle la paresse peuvent interrompre l’étude. Une motivation dépendante de l’approbation devient fragile lorsqu’aucun auditoire ne la récompense.
A3. La dernière phrase
La vanité peut vaincre la paresse parce qu’elle promet de briller devant les autres. Quand cette récompense disparaît, la paresse reprend le dessus, même si l’étude conserve une valeur. L’amour du vrai n’était donc pas le motif assez fort pour soutenir seul l’effort. Le texte souligne un déséquilibre pratique, non une supériorité morale de la vanité.
B1. Question
Quelles passions soutiennent effectivement la recherche de la vérité, et pourquoi les plus raisonnables ne sont-elles pas toujours les plus puissantes ?
B2. Progression
L’auteur distingue les motivations bonnes et dangereuses. Il expose ensuite le paradoxe de leur efficacité, puis décrit des étudiants soutenus par un public. La disparition de ce public montre enfin la fragilité de leur ardeur.
B3. Idée principale
La recherche demande une force affective pour maintenir l’attention. Des passions moralement discutables peuvent fournir cette force plus efficacement que l’amour du vrai, mais elles rendent l’étude dépendante d’une reconnaissance extérieure.
C1. Chercher sans passion ?
D’après le texte, les passions utiles donnent l’énergie nécessaire à l’attention. L’impassibilité complète n’est donc pas présentée comme la condition de la recherche. Il faut plutôt orienter le désir et distinguer ce qui soutient l’examen de ce qui pousse à imposer son opinion.
C2. Chercher le vrai pour lui-même ?
Cette exigence protège contre la sélection de résultats flatteurs ou rentables. Mais elle ne supprime pas nécessairement toute autre motivation : on peut aussi vouloir aider autrui. L’essentiel est que la récompense attendue ne décide pas de la conclusion et que le chercheur accepte un résultat défavorable à son prestige.
Explication suivie : point de vigilance
La valeur d’un motif et sa force psychologique sont deux questions différentes. Le paradoxe du texte est précisément qu’une passion moins juste peut être plus efficace, sans devenir pour cela la bonne fin de la recherche.