Corrigé bac techno philosophie 2024 Métropole, juin

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Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2024 Métropole, juin (24-PHTEME1). Dissertations au choix et texte de Platon.

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Sujet 1 : La nature est-elle hostile à l’homme ?

Une catastrophe ou une maladie peut faire vivre la nature comme une puissance ennemie. Mais l’hostilité suppose normalement une intention de nuire. La nature agit-elle contre nous, ou sommes-nous vulnérables à des processus qui ne nous visent pas ?

La nature oppose des limites réelles à nos projets. Le corps dépend de conditions qu’il ne choisit pas ; un milieu peut détruire ce que les humains ont construit. L’expérience du danger explique donc le langage de l’hostilité.

Cependant, elle fournit aussi les conditions de la vie. L’air, l’eau et les autres vivants ne sont pas simplement des ennemis à vaincre. Une même réalité peut être ressource et menace selon les circonstances. Il faut distinguer l’indifférence d’un phénomène et une volonté hostile.

La question doit alors porter sur notre manière d’habiter des milieux. Connaître les risques et régler les usages peut réduire une vulnérabilité sans garantir une maîtrise totale. L’idée d’un combat contre une ennemie unique risque de faire oublier ces dépendances.

La nature peut nous être dangereuse sans être hostile au sens d’une intention. La reconnaître comme condition et limite de l’existence permet une action plus juste qu’une opposition entre toute-puissance humaine et nature entièrement ennemie.

Sujet 2 : L’artiste est-il maître de son travail ?

Maîtriser un travail peut signifier posséder une technique, décider de ses fins ou contrôler tous ses effets. L’artiste peut réunir certains de ces pouvoirs sans les posséder tous.

L’apprentissage donne des moyens de réaliser une intention. Le choix des formes, les essais et les corrections distinguent la création d’un simple hasard. L’artiste est donc un acteur de son travail, pas seulement le lieu passif d’une inspiration.

Mais les matériaux et les outils résistent ; une découverte imprévue peut modifier le projet. Les conditions de production et de diffusion limitent également les décisions. Enfin, l’œuvre peut recevoir des interprétations que son auteur n’avait pas prévues.

La maîtrise créatrice n’est donc pas un contrôle absolu. Elle peut consister à travailler l’imprévu et à choisir ce qu’on en fait. L’absence de domination totale ne supprime ni le savoir-faire ni la responsabilité.

L’artiste peut être maître de gestes et de choix sans être souverain sur tout le processus et toute la réception. Sa liberté se manifeste dans une relation active à ce qui lui résiste.

Sujet 3 : Platon — option 1

A1. Vivre sans lois

La comparaison avec les bêtes sauvages souligne une vie livrée aux impulsions et aux rapports de force. Selon le texte, les humains ne savent pas spontanément reconnaître et vouloir toujours le meilleur pour la société. Les lois règlent donc ce qui ne se règle pas naturellement. La comparaison ne constitue pas une description scientifique de tous les comportements animaux.

A2. Le bien général

Il rassemble les membres au lieu de laisser chacun poursuivre un avantage qui divise. Le bien particulier peut lui-même être mieux protégé lorsque la communauté tient. Platon ne propose donc pas simplement de sacrifier chaque individu à un tout ; il établit une dépendance entre les deux biens.

A3. Le plus juste et le meilleur

Ces termes désignent ce qui doit être choisi selon la raison et le bien commun, plutôt que le plaisir immédiat d’un individu. Le meilleur ne se mesure pas ici à l’intensité d’une satisfaction privée, mais à ce qui permet une vie commune convenable.

B1. Question

Pourquoi les humains doivent-ils se donner des lois, même si certains peuvent comprendre ce qui est bon pour la société ?

B2. Mouvements

Le texte pose la nécessité des lois. Il explique d’abord la difficulté à connaître le bien commun. Il montre ensuite que le connaître ne suffit pas à le vouloir durablement, surtout avec un pouvoir absolu. La fin décrit les effets destructeurs du désir particulier livré à lui-même.

B3. Thèse

Les lois sont nécessaires parce que la connaissance du bien commun n’est ni spontanée ni suffisante pour garantir la conduite. Elles doivent limiter la tendance à faire passer l’avantage particulier avant la justice.

C1. Les menaces pour la société

La division des intérêts, le désir d’avoir plus que les autres, la poursuite irréfléchie du plaisir et l’absence de contrôle du pouvoir peuvent détruire le lien commun. Le danger n’est pas seulement l’ignorance, mais aussi l’aveuglement produit par l’intérêt.

C2. Concilier individu et communauté

Des règles communes peuvent protéger les droits et les moyens d’agir de chacun. Cette conciliation demande que le bien général ne soit pas le simple nom donné à l’intérêt des gouvernants. Débat, contrôle et possibilité de contester une décision rendent cette exigence plus concrète. Les personnes ne doivent pas être réduites à des moyens d’un intérêt collectif indiscutable.

Explication suivie : fil directeur

Il faut distinguer savoir et vouloir. Même un dirigeant éclairé peut céder à son intérêt si son pouvoir n’a pas de limite : la loi répond à cette fragilité autant qu’à l’ignorance.