Corrigé bac techno philosophie 2024 Métropole, remplacement
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Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2024 Métropole, remplacement (24-PHTEME3). Dissertations au choix et texte de Bertrand Russell.
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Sujet 1 : Faut-il rechercher la justice à tout prix ?
La justice semble exiger de ne pas céder à la commodité ou à la peur. Pourtant, l’expression « à tout prix » autoriserait-elle à commettre de nouveaux torts pour la réaliser ?
Un droit perdrait sa force s’il n’était défendu que lorsqu’il ne coûte rien. Réparer une injustice demande parfois du temps, des ressources et du courage. La difficulté d’une action n’est donc pas une raison suffisante pour y renoncer.
Mais une fin déclarée juste ne rend pas tous les moyens légitimes. Sacrifier un innocent ou abolir toute possibilité de défense au nom de la justice pourrait détruire ce qu’on voulait protéger. Le coût doit aussi être regardé du point de vue de ceux qui le subissent, pas seulement de celui qui décide.
Il faut donc rechercher une justice cohérente avec ses propres exigences : procédures, proportion des moyens, écoute et possibilités de correction. Ce souci n’est pas forcément une faiblesse ; il empêche que la certitude d’avoir raison devienne un nouvel arbitraire.
La justice mérite un effort, mais pas un prix qui supprimerait les droits et la dignité dont elle se réclame. Le choix des moyens appartient au jugement de justice lui-même.
Sujet 2 : L’art contribue-t-il à notre liberté ?
L’art ne supprime pas directement les contraintes matérielles. Il peut pourtant modifier ce qui nous semble possible et la manière de juger. Sa contribution doit être distinguée d’une libération automatique.
Créer et rencontrer des œuvres ouvre des formes d’expression. Une expérience jusque-là confuse devient dicible ; une fiction permet d’envisager une autre vie. L’art peut ainsi desserrer l’emprise des habitudes et rendre le regard moins passif.
Il peut aussi porter une critique des représentations dominantes. Mais une œuvre peut à l’inverse renforcer un stéréotype ou servir une propagande. L’émotion n’est pas toujours émancipatrice et le succès d’une forme ne prouve pas la liberté de son public.
La contribution de l’art dépend donc d’une réception active et d’un accès réel aux œuvres. La possibilité de comparer, de discuter et de créer compte autant que la présence de productions artistiques.
L’art peut contribuer à la liberté en élargissant l’expression et l’imagination. Il ne remplace ni le jugement ni les conditions politiques et matérielles qui permettent d’agir.
Sujet 3 : Russell — option 1
A1. Le sens du doute
Douter signifie reconnaître la possibilité d’une erreur et accepter le contrôle d’une croyance. Ce n’est pas affirmer que rien ne peut être connu. Le savant peut utiliser un résultat tout en sachant que sa formulation et son domaine seront peut-être corrigés.
A2. Les quatre méthodes
Écouter les partis évite de ne connaître qu’une présentation. Établir les faits limite les inventions et les omissions. Discuter avec des personnes de penchants opposés met à l’épreuve nos préférences. Rejeter une hypothèse inadéquate empêche de protéger une idée contre ce qui la contredit. Chacune réduit une source possible d’erreur.
A3. Dogmatisme et violence
Celui qui refuse toute possibilité d’erreur peut traiter le désaccord comme une faute à punir. Par exemple, un pouvoir qui emprisonnerait les partisans d’une opinion rivale au lieu d’examiner leurs arguments transformerait sa conviction en persécution. Cet exemple hypothétique illustre le mécanisme ; il ne prétend pas résumer un événement historique particulier.
B1. Question
Pourquoi ne pas étendre aux croyances politiques et religieuses les méthodes critiques qui rendent la connaissance scientifique plus fiable ?
B2. Étapes
Russell expose les méthodes d’examen, puis l’attitude scientifique qui admet approximation et correction. Il oppose à cette prudence le dogmatisme religieux et politique. La fin imagine les effets pacificateurs d’une attitude moins certaine d’elle-même.
B3. Idée principale
Le contrôle et le doute peuvent améliorer nos croyances et limiter les violences produites par une certitude dogmatique. La connaissance imparfaite n’exige pas l’aveuglement ; elle appelle une discussion plus ouverte.
C1. Pourquoi doute-t-on parfois moins là où l’on sait moins ?
Une opinion politique ou religieuse peut engager une identité et un intérêt collectif. Reconnaître une erreur devient alors plus menaçant que corriger un résultat limité. Ce mécanisme aide à comprendre le contraste de Russell, sans établir que toute personne religieuse ou engagée serait incapable de doute.
C2. Éducation et apaisement
Une instruction qui apprend à distinguer preuve, opinion et objection peut réduire l’hostilité au désaccord. Mais l’éducation peut aussi transmettre des certitudes fermées. Elle apaise si elle forme le jugement et la possibilité de réviser, non si elle impose seulement une doctrine commune. Le chiffre très élevé employé par Russell exprime la force de son espoir ; il ne constitue pas une mesure démontrée des maux évitables.
Explication suivie : articulation
L’attitude scientifique sert de modèle de prudence active. La critique ne vise pas toute conviction, mais le refus de l’examen qui transforme une croyance insuffisamment fondée en droit de contraindre autrui.