Corrigé bac techno philosophie 2024 Polynésie
Aller à un exercice ou une partie
Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2024 Polynésie (24-PHTEPO1). Dissertations au choix et texte de Freud.
Télécharger ce corrigé en PDF · Ouvrir le sujet officiel · Retrouver les annales
Sujet 1 : Connaître la vérité nous rend-il plus libres ?
Une illusion peut orienter nos actes sans que nous le sachions. La vérité semble donc une condition de l’autonomie. Mais connaître suffit-il à pouvoir agir ?
Une connaissance juste permet de reconnaître les contraintes et les possibilités. Savoir qu’une promesse est trompeuse ou qu’un moyen ne fonctionne pas évite une dépendance à l’erreur. La vérité élargit ainsi la capacité de choisir de manière informée.
Cependant, la lucidité ne supprime pas toutes les contraintes. On peut connaître une injustice sans disposer immédiatement des moyens de la changer. Une vérité peut aussi être utilisée pour contrôler autrui. Le savoir n’a donc pas un effet libérateur indépendant de son usage et de sa répartition.
Il faut articuler connaissance, moyens d’action et jugement sur les fins. Reconnaître une limite peut être libérateur sans la faire disparaître : on cesse de poursuivre une possibilité illusoire et l’on peut réorienter ses efforts.
Connaître la vérité peut rendre plus libre en donnant une prise sur sa situation. Cela ne garantit pas l’autonomie effective, qui demande aussi des droits, des ressources et une possibilité d’agir.
Sujet 2 : Peut-on préférer la justice à son bonheur personnel ?
La justice peut demander de renoncer à un avantage ou à une satisfaction. Est-il possible de choisir ce renoncement sans que tout acte soit finalement ramené à son propre bonheur ?
Une personne peut rendre un bien trouvé alors qu’elle aurait plaisir à le garder. Elle reconnaît un droit qui ne dépend pas de son profit. Cette possibilité suppose de distinguer la satisfaction d’un désir et la raison morale d’une action.
On peut objecter qu’agir justement procure une estime de soi. Mais cet effet ne prouve pas que l’acteur n’a cherché que lui. Une conduite peut être motivée par le respect d’autrui et produire ensuite une satisfaction. Confondre motif et conséquence rendrait toute générosité impossible par définition.
Il faut surtout examiner un coût durable, et non le seul abandon d’un plaisir. Un témoignage juste en faveur d’un innocent pourrait, dans un exemple de conflit, exposer son auteur à perdre durablement des relations ou une situation à laquelle il tenait. Choisir la justice ne promet alors pas un bonheur personnel supérieur en compensation. On peut soutenir ce choix parce que le droit d’autrui constitue une obligation qui ne se réduit pas au calcul de son bien-être. On peut aussi objecter que l’intégrité appartient à la vie heureuse ; il faut alors reconnaître qu’on emploie une conception du bonheur différente de celle d’une existence personnellement satisfaisante.
Enfin, la justice et le bonheur ne sont pas toujours opposés. Une vie de confiance et de relations équitables peut participer à une existence heureuse. Leur accord possible n’efface pas les situations où un droit mérite d’être défendu au prix d’un coût personnel.
On peut préférer la justice même lorsqu’elle compromet son bonheur personnel, si l’on reconnaît une obligation qui ne dépend pas de sa propre satisfaction. Cela n’exige pas de rechercher la souffrance ni de nier qu’une vie juste et une vie heureuse puissent aussi s’accorder.
Sujet 3 : Freud — réponses à l’option 1
A1. Une nature jamais entièrement soumise
Le texte cite séismes, eaux déchaînées, tempêtes, maladies et mort. Ces phénomènes exposent la fragilité humaine malgré les réalisations de la civilisation. L’accumulation montre les limites d’une maîtrise totale. La description des maladies appartient au propos de Freud et ne doit pas être comprise comme une explication actuelle de toutes leurs causes.
A2. Le travail de civilisation
Il comprend les efforts techniques et collectifs pour se protéger et organiser la vie humaine. Il permet de réduire certaines vulnérabilités, mais n’abolit ni les catastrophes ni la finitude. La faiblesse peut être partiellement surmontée, sans disparaître.
A3. Ce qui peut réjouir
Freud ne se réjouit pas de la catastrophe. Il trouve encourageant que les humains suspendent parfois leurs hostilités pour faire face à une tâche commune. L’objet positif est la solidarité révélée, non la souffrance qui l’a provoquée.
B1. Question
Que révèle la confrontation aux puissances naturelles sur les limites et les possibilités de la civilisation humaine ?
B2. Étapes
Le texte écarte l’idée d’une nature déjà domptée. Il accumule les exemples de forces qui rappellent notre impuissance. Il oppose enfin à cette faiblesse une capacité de rassemblement face à une menace commune.
B3. Thèse
La civilisation ne supprime pas la vulnérabilité devant la nature. Les catastrophes peuvent cependant rappeler aux humains leur condition commune et rendre possible une solidarité au-delà de leurs conflits.
C1. La seule tâche de la civilisation ?
La protection est fondamentale, mais ne suffit pas à définir toute vie civilisée. Celle-ci organise aussi des droits, des formes d’expression et des relations. La survie ne dispense pas de demander comment vivre ensemble ni ce qui rend une existence digne.
C2. Ce que révèle le combat
Il montre une dépendance et une capacité de coopération. Il peut aussi révéler des inégalités d’exposition et de moyens. Le texte insiste sur l’unité possible ; le commentaire peut ajouter que cette unité doit se traduire dans la protection effective des personnes, plutôt que dans une image abstraite de l’humanité.
Explication suivie : distinction essentielle
L’extrait associe une limite de la puissance à une possibilité morale. Il faut conserver les deux aspects : ni triomphe technique définitif, ni condamnation à une impuissance sans solidarité.