Corrigé bac techno philosophie 2025 Métropole, remplacement bis
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Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2025 Métropole, remplacement bis (25-PHTEME4). Deux dissertations au choix et texte de Hans Jonas.
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Sujet 1 : Les croyances religieuses sont-elles un obstacle à la recherche de la vérité ?
Une croyance religieuse peut orienter une existence sans être une connaissance démontrée. Devient-elle nécessairement un obstacle lorsqu’on cherche le vrai ? La réponse dépend de la place qu’on lui donne dans l’examen.
Lorsqu’une conviction est déclarée intouchable et commande d’avance les conclusions, elle bloque la recherche. Une preuve gênante sera écartée pour préserver l’adhésion. Le problème est alors moins l’objet religieux que le refus de toute possibilité de révision ou de distinction entre domaines.
Cependant, croire n’interdit pas logiquement de chercher. Une personne peut reconnaître les exigences de la preuve et ne pas utiliser sa foi comme une réponse à chaque question. La croyance peut aussi susciter des interrogations, sans que cette origine décide de la validité des réponses.
Il faut donc distinguer conviction personnelle, argument partageable et autorité imposée. La recherche exige que les affirmations qui prétendent au statut de connaissance acceptent un contrôle approprié. Elle ne gagne rien à remplacer une interdiction dogmatique par une autre.
Les croyances religieuses font obstacle lorsqu’elles soustraient des affirmations à l’examen ou imposent leurs conclusions. Elles ne constituent pas, par leur seule existence, une impossibilité de rechercher la vérité.
Sujet 2 : Faut-il parfois préférer son intérêt à la justice ?
Préférer son intérêt peut signifier défendre des besoins légitimes ou obtenir un avantage au détriment d’un droit. Il faut examiner ces deux sens avant d’opposer systématiquement intérêt et justice.
L’intérêt immédiat peut entrer en conflit avec la règle juste : garder un bien trouvé procure un gain, mais méconnaît le droit de son propriétaire. Si tout avantage suffisait à suspendre la justice, celle-ci ne protégerait personne dès qu’elle devient coûteuse.
Pourtant, la justice n’exige pas nécessairement l’effacement de soi. Mes droits et mes besoins comptent aussi. Refuser une demande abusive peut être à la fois intéressé et juste. Le sacrifice n’est donc pas automatiquement plus moral que la protection de soi.
Lorsque le conflit est réel, il faut discuter ce qui est présenté comme juste. Une règle peut être injuste ou mal appliquée. Mais la critique doit avancer des raisons qui dépassent le seul bénéfice attendu. Il n’est pas juste de sacrifier un droit au seul profit personnel ; défendre son intérêt légitime peut en revanche appartenir à la justice elle-même.
Sujet 3 : texte de Hans Jonas — option 1
A1. L’équipement organique
Jonas cite la station debout, la main disponible pour manipuler, le regard frontal, la voix modulable et le cerveau qui coordonne ces capacités. Il cherche les conditions corporelles de la liberté, et non une liberté séparée du corps.
A2. Cerveau, main et voix
L’imagination permet de reprendre des images et de représenter un possible. La main traduit ce possible en action et ajuste la réalisation aux choses. La voix permet une langue qui soutient la pensée et la transmission collective. Ces capacités se complètent : concevoir, réaliser et partager.
A3. Le monde d’artefacts
Un outil ou un objet construit n’est pas seulement subi comme une donnée naturelle. Il résulte d’un projet et transforme les actions futures. Le monde fabriqué manifeste donc la liberté humaine dans la nature, sans cesser d’utiliser ses matériaux et ses propriétés.
A4. Ce que la nature doit supporter
L’expression souligne les effets de cette puissance sur le reste du monde naturel. Elle ne signifie pas que toute transformation serait moralement autorisée. La liberté a une origine naturelle, mais elle produit des conséquences auxquelles les autres êtres sont exposés.
B1. Question
Comment les capacités corporelles humaines rendent-elles possibles l’imagination, l’action et la construction d’un monde librement transformé ?
B2. Mouvements
Le texte présente l’équipement organique, puis le rôle conjoint du cerveau, de la main et de la voix. Il montre enfin leur aboutissement dans une liberté à la fois spirituelle et corporelle, qui fabrique un monde d’objets au sein de la nature.
B3. Thèse
La liberté humaine repose sur des capacités naturelles qui permettent de se représenter des possibles et de les réaliser. Elle ne s’oppose pas au corps : elle se déploie par lui et transforme son environnement.
C1. Une exception dans la nature ?
L’humain se distingue par la combinaison de ses capacités et l’ampleur du monde qu’il fabrique. Mais cette singularité est fondée dans sa constitution naturelle. Le texte ne le place donc pas hors de la nature ; il décrit une manière particulière d’y agir.
C2. Transformer rend-il plus libre ?
La transformation ouvre des possibilités et peut réduire certaines contraintes. Elle peut aussi créer des dépendances ou des dommages qui restreignent d’autres libertés. Une puissance accrue n’est donc pas une autonomie garantie : la liberté demande aussi de choisir les fins et de répondre des effets.
Explication suivie : fil directeur
Une rédaction continue peut montrer comment l’imagination projette, la main réalise et la langue conserve et partage. La dernière phrase doit être reliée à ce parcours : la puissance humaine naît de la nature tout en imposant au reste de celle-ci des transformations nouvelles.