Corrigé bac techno philosophie 2025 Métropole, remplacement
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Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2025 Métropole, remplacement (25-PHTEME3). Deux dissertations au choix et texte de Locke.
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Sujet 1 : La nature est-elle injuste ?
La nature distribue capacités et vulnérabilités sans tenir compte du mérite. Cela peut être vécu comme une injustice. Mais juger une distribution injuste suppose une règle de ce qui devrait revenir à chacun : la nature en suit-elle une ?
Le sentiment d’injustice se comprend lorsqu’un enfant tombe malade ou qu’une catastrophe frappe sans distinction. Il exprime le refus qu’une souffrance soit considérée comme méritée. Pourtant, il ne prouve pas qu’une volonté naturelle ait pris une décision fautive.
Au sens moral, la nature est plutôt indifférente à nos critères de justice. Un phénomène n’a pas à répondre de ses intentions comme une personne. Il faut distinguer un mal subi et une injustice commise, sans minimiser pour autant le premier.
La question de la justice se déplace alors vers les réponses humaines. Soigner, partager des ressources ou adapter un accès permet de limiter les conséquences d’une différence naturelle. Son origine ne suffit pas à la rendre moralement acceptable dans tous ses effets sociaux.
La nature n’est pas injuste comme un agent responsable ; elle peut produire des conditions devant lesquelles les humains ont des exigences de justice. La reconnaître indifférente n’oblige pas à lui être indifférent.
Sujet 2 : La technique peut-elle améliorer l’homme ?
Améliorer signifie rendre plus capable ou meilleur. La technique peut accroître une puissance ; cela garantit-il une amélioration de la personne et de la vie commune ?
Les outils élargissent les possibilités d’action et peuvent réduire certaines limites. Un moyen de communication facilite des échanges ; une aide technique permet d’accomplir un geste auparavant inaccessible. En ce sens, la technique peut améliorer des conditions d’existence et des capacités.
Cependant, faire davantage n’est pas toujours faire mieux. Une puissance peut servir la domination, et une commodité créer une dépendance. La réussite technique ne décide pas si le but poursuivi mérite de l’être. On ne déduit donc pas une amélioration morale d’une seule augmentation des performances.
Il faut préciser les critères : autonomie, santé, dignité, partage des possibilités. Les personnes concernées doivent pouvoir discuter les usages et leurs coûts. Une technique devient améliorante dans une organisation humaine qui examine ses fins, plutôt que par une valeur automatiquement attachée à la nouveauté.
La technique peut améliorer des capacités et des conditions, mais elle ne rend pas l’humain meilleur par elle-même. Le jugement sur les fins reste une tâche humaine.
Sujet 3 : texte de Locke — réponses à l’option 1
A1. Pourquoi la vérité ne peut-elle être imposée par contrainte ?
Une contrainte peut faire taire ou obtenir une déclaration, sans produire une conviction fondée. Locke souligne aussi son effet politique : les querelles persistent et la violence fait soupçonner un intérêt de pouvoir. La vérité devrait être reconnue par des raisons, non par la douleur infligée.
A2. Vérités liées ou non au bonheur
Le texte oppose une proposition mathématique à une croyance qui engage le salut. Par exemple, établir que 2 + 2 = 4 ne décide pas directement de la destination de l’âme. À l’inverse, affirmer qu’une certaine croyance est nécessaire au salut prétend engager le bonheur dans une autre vie. C’est la justification proposée par les adversaires de Locke, qu’il examine sans admettre qu’elle autorise la persécution.
A3. Les prédicateurs et leurs contradictions
Il s’agit de ceux qui promettent un bonheur céleste et prétendent imposer la croyance pour le bien d’autrui. Ils maltraitent les corps au nom de la charité envers les âmes. Ils négligent des secours terrestres tout en recherchant eux-mêmes des richesses. Leurs actes contredisent la pureté du souci qu’ils déclarent.
B1. Question du texte
Peut-on justifier la contrainte exercée sur les opinions par la volonté de conduire autrui à la vérité et au bonheur ?
B2. Progression
Locke montre d’abord que la contrainte entretient le conflit et le soupçon. Il examine ensuite l’objection selon laquelle certaines vérités engagent le bonheur. Il confronte enfin la charité proclamée aux mauvais traitements et à l’attachement des persécuteurs aux biens terrestres.
B3. Idée principale
La prétention à vouloir le bien d’autrui ne justifie pas l’imposition violente de ses croyances. Les raisons et la cohérence des actes doivent remplacer la persécution.
C1. Peut-on contraindre quelqu’un pour son bien ?
Une intervention peut parfois protéger une personne d’un danger qu’elle ne peut évaluer. Mais le seul discours du bien ne suffit pas : il faut des raisons, des limites et une possibilité de contrôle. Dans le cas des convictions, la contrainte atteint le corps sans garantir la vérité de l’adhésion. Elle risque de servir celui qui commande.
C2. Pourquoi défendre la liberté de penser ?
Elle permet l’examen des raisons et évite de confondre vérité et puissance. Elle protège aussi les personnes contre une persécution présentée comme bienveillante. Défendre cette liberté n’oblige pas à tenir toutes les opinions pour vraies ; cela exige de les discuter autrement qu’en maltraitant leurs auteurs.
Repère pour une explication suivie
Une explication continue peut suivre les trois mouvements de B2 et montrer comment l’objection du bonheur est retournée contre les persécuteurs. Le lien décisif est la distinction entre obtenir une soumission et convaincre par la raison.