Corrigé bac techno philosophie 2025 Polynésie, remplacement

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Proposition de corrigé — non officielle. Bac technologique, toutes séries, philosophie 2025 Polynésie, remplacement (25-PHTEPO3). Dissertations au choix et texte de Augustin.

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Sujet 1 : Est-il permis de refuser la vérité ?

Refuser la vérité peut signifier contester une affirmation, différer une information douloureuse ou maintenir une croyance que l’on sait fausse. Ces actes ne posent pas le même problème.

Il est légitime de demander des preuves à ce qui se présente comme vrai. L’autorité ou l’assurance de celui qui parle ne suffisent pas. Ce refus porte sur une prétention à la vérité, non nécessairement sur la vérité elle-même.

En revanche, rejeter un fait établi parce qu’il dérange peut empêcher d’agir justement et faire supporter l’erreur à autrui. Le confort d’une illusion n’autorise pas à tromper ni à supprimer la possibilité d’un examen commun.

Il faut aussi considérer les conditions d’accès à une information. Une vérité intime peut demander du temps et un accompagnement ; la curiosité ne donne pas un droit illimité à connaître la vie d’autrui. Cela concerne la manière de recevoir ou de divulguer, et non la transformation du faux en vrai.

On peut refuser une affirmation insuffisamment fondée ou discuter les conditions d’une révélation. Refuser délibérément un fait établi exige d’autres raisons qu’un simple intérêt à l’ignorer et ne doit pas priver autrui de ses droits.

Sujet 2 : L’utilisation des techniques transforme-t-elle les hommes ?

Un outil sert à modifier les choses, mais son usage transforme aussi celui qui agit. La question porte autant sur les capacités et les habitudes que sur une modification du corps.

Apprendre une technique forme des gestes et des perceptions. Un musicien entend des différences qu’il ne distinguait pas auparavant ; un outil de calcul change la manière d’aborder certaines opérations. L’usage n’est donc pas une relation entièrement extérieure entre un sujet inchangé et un moyen neutre.

Les techniques transforment aussi les relations. Un dispositif de communication modifie les attentes de disponibilité ; une organisation du travail distribue autrement les tâches et les compétences. Ces effets peuvent ouvrir des possibilités ou créer de nouvelles dépendances.

Il ne faut pourtant pas en déduire que la technique décide seule de l’humanité. Les usages sont choisis, discutés et modifiables. Un même moyen peut prendre des sens différents selon les institutions et les fins.

L’utilisation des techniques transforme les humains parce qu’elle forme leurs capacités et leurs manières de vivre ensemble. Cette transformation n’est ni automatiquement un progrès ni un destin indépendant de tout jugement.

Sujet 3 : Augustin — option 1

A1. Empires et assemblées de brigands

Les deux peuvent posséder un chef, des membres liés par des conventions et une distribution des gains. Une organisation interne ne suffit donc pas à rendre un pouvoir juste. La comparaison vise précisément les empires dont la justice est absente, pas toute communauté politique sans distinction.

A2. De la bande au royaume

Le changement de taille et de puissance permet de conquérir des places et d’échapper à la sanction. Le désir de s’approprier ne disparaît pas ; il devient assez fort pour imposer son propre nom. L’accroissement de l’impunité explique alors la reconnaissance du royaume, sans constituer une justification morale.

A3. Conquérant et corsaire

Dans la réplique citée, la différence tient à l’ampleur des moyens et de la domination : un vaisseau ou une flotte. Lorsque la justice manque, la grandeur de l’entreprise ne transforme pas le pillage en action légitime. La comparaison ne demande pas d’ignorer toute différence historique entre ces activités.

B1. Question

Qu’est-ce qui distingue un pouvoir politique légitime d’une association de brigands : sa puissance ou la justice qu’il pratique ?

B2. Progression

Le texte pose la comparaison, décrit les traits communs de l’organisation et imagine la croissance d’une bande en royaume. L’anecdote du pirate et d’Alexandre donne enfin une forme frappante au renversement du jugement.

B3. Idée principale

Sans justice, la puissance et le titre de royaume ne distinguent pas moralement l’empire du brigandage. La légitimité ne se déduit pas de la capacité à conquérir ni à rester impuni.

C1. Justice et violence fondatrice

La capacité à s’imposer n’est pas une preuve de justice. Un pouvoir doit encore justifier ses règles et reconnaître les personnes qu’il gouverne. Une origine violente pose donc un problème réel, mais la question de sa justice présente demande aussi d’examiner ses institutions et les possibilités de réparation et de contestation.

C2. Le dirigeant au-dessus des lois ?

S’il peut modifier ou écarter toute règle pour son intérêt, le pouvoir risque de n’être qu’une force impunie. Des responsabilités particulières ne justifient pas une absence de contrôle. La justice exige que l’exercice de l’autorité puisse être évalué et limité par des règles qui ne dépendent pas uniquement de celui qui commande.

Fil directeur d’une explication suivie

L’organisation et l’efficacité sont des caractères que peut partager une bande injuste. Le critère décisif doit donc être recherché ailleurs, dans la justice, ce que rend sensible l’inversion entre le pirate puni et le conquérant honoré.