BEPA 2011 : corrigé d’expression écrite, le bruit

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Proposition de corrigé — non officielle. BEPA, toutes options, expression écrite, session 2011, France métropolitaine, Réunion et Mayotte, code 2011-BEP10-NOR-ME-RE-MA. Les quatre questions sont traitées.

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Question 1 — Quatre bruits modernes

On peut relever les moteurs des automobiles, les pétrolettes, les machines à écrire dans le document 1, et les avions dans le document 2. Le tramway ou les bruits d’usine conviennent également. Il faut distinguer ces bruits modernes des sons naturels, comme le tonnerre ou le vent dans les arbres.

Question 2 — Effets néfastes et solutions

Effets décrits dans les documentsSolutions possibles dans le corpus
Difficulté à maintenir l’attention, à comprendre une consigne ou à apprendre (document 3)Réduire le volume des activités bruyantes et ménager des périodes calmes (document 4)
Fatigue supplémentaire et davantage d’erreurs dans les tâches mentales (document 3)Améliorer l’isolation acoustique des locaux avec des travaux adaptés (document 4)
Gêne et souffrance psychologique liées à l’environnement sonore (documents 2 et 5)Modifier les comportements de voisinage par respect et précautions, et agir sur les sources de bruit (document 4)

Le corpus décrit des effets et des moyens de lutte ; il ne demande pas un diagnostic médical. Les chiffres de l’enquête de 2002 appartiennent au contexte des documents et ne constituent pas des statistiques actualisées.

Question 3 — Récit d’une scène observée dans un livre

La consigne autorise une anecdote littéraire. On peut développer le souvenir raconté par Giono dans le document 1, sans le faire passer pour sa propre expérience.

En 1939, Giono est enfermé au fort Saint-Nicolas, à Marseille. Depuis sa cellule, il entend la ville, mais ne peut pas participer à sa vie. Le soir arrive ; les bruits diminuent progressivement. À mesure que le silence grandit, le prisonnier reste attentif à ce qui lui parvient de l’extérieur.

Vers neuf heures, un tramway passe sur le boulevard de la Corderie. Le mouvement sur la courbe des rails produit un cri métallique. Pour un passant libre, ce son pourrait être ordinaire, désagréable ou simplement ignoré. Pour celui qui l’écoute depuis la prison, il prend une autre valeur. Il fait entrer la ville dans l’espace clos de la cellule et rappelle une vie qui continue au-delà des murs.

Le narrateur reconnaît lui-même une nuance : il ne sait pas si ce bruit était vraiment beau, mais il l’écoutait avec plaisir. Le souvenir montre que la qualité d’un son dépend aussi de la situation et du sens qu’on lui donne. Le même grincement peut déranger un habitant et réconforter une personne privée de liberté. Ce n’est donc pas seulement le bruit du tramway qui compte, mais le lien qu’il rétablit avec le monde extérieur.

Question 4 — Le bruit dans la vie moderne

Le bruit accompagne une grande partie de la vie moderne. Les transports, les machines et les activités commerciales multiplient les sons autour de nous. Dans le texte de Giono, même les petits villages sont traversés par les moteurs. Le document du CNRS montre que les habitants peuvent subir les embouteillages, les avions ou les usines à proximité de leur logement.

Cette présence n’est pas toujours négative. Une ville silencieuse ne serait pas nécessairement une ville heureuse : les voix, le marché ou les échanges peuvent exprimer une vie collective. Giono rappelle aussi que certains sons nous plaisent. Le bruit d’un tramway peut devenir précieux lorsqu’il relie un prisonnier au dehors. Le sens d’un son dépend donc de son contexte, de son intensité et de notre possibilité de le choisir.

Pour ma part, je distingue un accompagnement sonore choisi d’un bruit imposé. Une musique modérée peut rendre une activité simple plus agréable. En revanche, pour lire un texte difficile, comprendre une consigne ou rédiger, je préfère un environnement calme. Les documents sur l’attention expliquent pourquoi une stimulation sonore peut devenir un obstacle plutôt qu’une aide.

La question concerne également les autres. Le son que je trouve agréable peut gêner quelqu’un qui travaille, se repose ou ne l’a pas choisi. Réduire un volume, respecter les horaires de repos et discuter avec ses voisins ne signifie pas supprimer toute vie sonore. Cela permet de partager l’espace avec davantage d’attention.

Des solutions matérielles peuvent compléter ces comportements : l’isolation acoustique et un traitement adapté des sources diminuent certaines nuisances. Le silence total n’est donc ni nécessaire ni toujours souhaitable. Ce qui me paraît essentiel est de pouvoir entendre des sons utiles ou agréables sans subir continuellement ceux qui fatiguent et empêchent de vivre ses activités.