BEPA 2012 : corrigé d’expression écrite, remplacement
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Proposition de corrigé — non officielle. BEPA, toutes options, remplacement 2012, Métropole, Réunion et Mayotte, expression écrite, 2 h 30.
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1. Quatre raisons de pratiquer le bricolage
Le document 1 permet de relever quatre motivations distinctes : réparer et entretenir son logement sans dépendre d’un proche, réaliser des projets de décoration, prendre plaisir à une activité manuelle et discuter d’égal à égal avec les artisans. L’article donne notamment les exemples d’une personne fatiguée de demander de l’aide, d’une maison à entretenir et d’une participante souhaitant mieux dialoguer avec les professionnels. Le désir d’autonomie n’est donc pas seulement financier : il concerne aussi les compétences et la confiance en soi.
2. Inégalités persistantes et progrès
| Domaines où subsistent des inégalités | Domaines ou situations où l’égalité progresse |
|---|---|
| Travail domestique et soin des enfants : le dessin montre une femme cumulant ces tâches avec son travail professionnel. | Bricolage et entretien du logement : les femmes acquièrent des compétences auparavant associées aux hommes. |
| Emploi : le temps partiel concerne 30 % des femmes contre 6 % des hommes dans les données de 2006 du document 4. | Participation au marché du travail : le document 4 donne un taux d’activité féminin passé de 61 % en 1990 à 76 % en 2006. |
| Revenus : le document 4 décrit des écarts de rémunération et davantage de pauvreté parmi les femmes les moins rémunérées. | Orientation : le document 2 défend le choix d’une formation selon les goûts et compétences, indépendamment du sexe. C’est un objectif explicite, pas une égalité déjà mesurée. |
| Retraites : les montants moyens cités sont plus faibles pour les femmes. | Autonomie : cours techniques, outils adaptés et capacité à dialoguer avec les artisans dans le document 1. |
| Responsabilités : les femmes représentent 46 % de la population active en 2005, mais seulement un quart des postes d’encadrement privé selon le document 4. | Accès à des activités et métiers jusque-là présentés comme masculins ou féminins : remise en cause des stéréotypes par les documents 1 et 2. |
Le document 4 emploie 46 % pour l’écart de retraite, mais (1 625 − 979)/1 625 ≈ 39,8 %, avec les montants qu’il fournit. On peut relever l’inégalité sans reprendre ce pourcentage incohérent. Ces chiffres décrivent les années du dossier, pas la situation actuelle. Le corpus n’apporte pas de données précises sur la représentation politique, même si son introduction évoque ce domaine.
3. Une anecdote tirée d’un film
La consigne accepte une situation observée dans un livre ou un film. Voici un récit de la situation de départ de La Source des femmes, de Radu Mihaileanu, présenté à Cannes en 2011 ; il ne prétend pas rapporter une expérience personnelle du candidat.
Dans un petit village situé entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, les femmes vont chaque jour chercher l’eau. La source se trouve en haut de la montagne. Elles gravissent le chemin sous une chaleur accablante, la palanche sur les épaules. Ce déplacement n’est pas une promenade : il faut atteindre la source, prendre l’eau et la rapporter pour les besoins du village. Le lendemain, le même trajet recommence.
Parce que les femmes ont toujours accompli cette tâche, sa répartition semble aller de soi. Pourtant, chacun utilise l’eau qu’elles rapportent. Le travail profite au village entier, tandis que la fatigue du trajet reste à la charge d’une partie de ses habitants. Ce qui paraît une habitude ordinaire représente donc, pour celles qui montent à la source, un effort quotidien.
Leïla, une jeune mariée, décide de contester cette situation. Elle propose aux autres femmes une « grève de l’amour » : les relations intimes avec leurs maris seront suspendues tant que les hommes n’apporteront pas eux aussi l’eau au village. La corvée habituelle devient ainsi l’objet d’une protestation collective. En demandant aux hommes de s’en charger, Leïla les oblige à considérer une tâche dont ils bénéficient sans en supporter le poids. L’anecdote révèle comment le travail des femmes peut être sous-estimé lorsqu’on le réduit à une obligation naturelle.
Présentation du film par le Festival de Cannes · Présentation de son point de départ, 21 mai 2011.
4. Progrès et limites des droits des femmes
Proposition de texte argumenté
Les documents montrent que la place des femmes évolue, mais qu’une possibilité reconnue en principe ne se traduit pas toujours par une égalité dans la vie quotidienne. Il faut donc examiner à la fois les progrès d’autonomie et les obstacles qui demeurent.
Les femmes accèdent davantage à des activités longtemps considérées comme masculines. Dans le premier document, apprendre le bricolage permet de réparer son logement, de réaliser ses projets et de discuter avec les artisans. Il ne s’agit pas de devenir une exception décorative, mais d’acquérir des compétences utiles. Le document 2 défend la même liberté dans les choix scolaires : les métiers des services ne sont pas réservés aux filles, pas plus que la conduite d’engins aux garçons. Enfin, l’augmentation du taux d’activité féminin citée dans le document 4 traduit une participation plus importante au monde professionnel.
Ces progrès rencontrent cependant des limites. L’accès à l’emploi ne suffit pas lorsque les tâches familiales restent inégalement réparties. Le dessin montre une femme cumulant plusieurs obligations, tandis que l’homme ignore une partie de son travail. Le temps partiel, les écarts de revenu et les carrières moins continues peuvent ensuite peser sur les retraites. La faible présence des femmes aux postes de direction indique également que la progression professionnelle n’est pas identique pour tous.
Dans les situations représentées par le dossier, je constate donc une égalité encore incomplète. Une femme peut apprendre à utiliser les mêmes outils qu’un homme sans que les tâches du foyer soient partagées. À l’inverse, un groupe qui attribue les activités selon les compétences plutôt que selon le sexe ouvre concrètement des possibilités à chacun. Ce sont ces pratiques qui donnent un sens aux principes.
Pour progresser, il faut agir sur les représentations et sur l’organisation quotidienne : encourager tous les choix de formation, reconnaître les compétences, partager les soins et les tâches domestiques, et traiter les écarts professionnels. L’égalité ne demande pas que chacun fasse tout de façon identique, mais que le sexe ne décide pas à l’avance des droits, des responsabilités et de la valeur d’une personne.
Construire la partie sur son quotidien
Cette partie dépend d’une observation réelle du candidat. Elle doit être développée après les progrès et limites présentés ci-dessus, avant la conclusion. Une observation précise suffit ; elle ne permet pas de généraliser à toutes les familles ou à tous les établissements.
Pour raconter une inégalité observée, situer d’abord la scène : une activité en classe, un atelier, un stage ou l’organisation du foyer. Identifier ensuite la décision ou le partage des tâches : qui a reçu la responsabilité, qui a été écarté, et quel motif a été donné ? Décrire ses conséquences, puis expliquer ce qui relie le traitement au sexe des personnes, plutôt qu’à leur compétence ou à une contrainte matérielle. Enfin, montrer comment un autre partage aurait pu réduire l’inégalité.
Pour raconter une situation d’égalité, préciser de la même façon le lieu et l’activité. Expliquer comment les rôles ont été distribués, par exemple par rotation ou selon les compétences, puis décrire ce que filles et garçons ont effectivement pu faire. L’analyse doit distinguer l’égalité des possibilités d’une obligation de préférer tous la même activité.
Ainsi, si une observation réelle concerne un atelier où la conduite d’un engin est systématiquement réservée aux garçons, le paragraphe peut suivre ce raisonnement : attribution des postes ; motif avancé ; conséquence pour l’apprentissage des filles ; confrontation avec leurs compétences ; proposition d’une rotation après la même formation de sécurité. Si, au contraire, la rotation existe déjà pour tous, le même exemple peut montrer une égalité organisée. Cette trame guide la description et l’analyse ; elle n’affirme pas que le candidat a vécu l’une de ces scènes.